{"id":115,"date":"2006-11-14T12:21:29","date_gmt":"2006-11-14T12:21:29","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=115"},"modified":"2006-11-14T12:22:12","modified_gmt":"2006-11-14T12:22:12","slug":"Ah Barbara (Messaoud, Idriss et les autres), quelle connerie la guerre...","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=115","title":{"rendered":"Ah Barbara (Messaoud, Idriss et les autres), quelle connerie la guerre&#8230;"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nOn a d&eacute;j&agrave; beaucoup fait couler d&#39;encre sur <em>Indig&egrave;nes<\/em>, je ne vais donc pas m&#39;&eacute;tendre sur le sujet, encore moins vous raconter le film. J&#39;y suis all&eacute;e en m&#39;attendant &agrave;, dixit des amis, &laquo;&nbsp;apprendre des choses sur des faits historiques sur lesquels on ne nous a pas dit grand chose&nbsp;&raquo; mais aussi &laquo;&nbsp;&agrave; ne rien ressentir de particulier, avec des acteurs ne jouant pas toujours tr&egrave;s bien et une fa&ccedil;on de filmer plut&ocirc;t nulle&nbsp;&raquo;&#8230; Mon niveau baisserait-il si je puis me permettre&nbsp;? Personnellement, j&#39;ai trouv&eacute; le film tr&egrave;s r&eacute;ussi&nbsp;!\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nD&#39;abord, effectivement, j&#39;ai appris des choses, parfois anecdotiques&nbsp;: les &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; soldats Fran&ccedil;ais ont droit &agrave; la cantine &agrave; des tomates, pas les Indig&egrave;nes, les Indig&egrave;nes ne sont jamais promus ou presque, on commence par les &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; Fran&ccedil;ais, puis par les Pieds noirs, et enfin, s&#39;il reste du m&eacute;tal, on voit ce qu&#39;on peut faire pour les Indig&egrave;nes&#8230; Ces anecdotes, en plus de faits historiques difficilement niables,&nbsp;ont travaill&eacute; &agrave; constituer cette toile de fond psychologique qui a conduit la France &agrave; prendre ses clics et ses clacs en Alg&eacute;rie et ailleurs. De m&ecirc;me, on peut raisonnablement supposer que le sentiment fond&eacute; de l&#39;injustice et la rancoeur qui ne peut manquer d&#39;en na&icirc;tre, font partie de la toile de fond actuelle, au moins dans le tissage en profondeur, qui est celle de nos banlieues car si certains des descendants de ces soldats utilisent &agrave; tort et &agrave; travers la m&eacute;moire de leurs grand-parents, d&#39;autres la portent, je veux bien le croire, dans leur chair.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<em>Et la terre se transmet comme la langue<\/em>, &eacute;crit le po&egrave;te Mahmoud Darwish, sans doute en est-il de m&ecirc;me pour la m&eacute;moire, m&ecirc;me indistincte, le souvenir de s&#39;&ecirc;tre fait m&ecirc;me non pas rouler (les Indig&egrave;nes &eacute;taient volontaires, si j&#39;en crois le film) mais humilier et m&eacute;priser, pour ne pas dire briser, qui a travers&eacute; les d&eacute;cennies, alourdi au passage par les ann&eacute;es de l&#39;&eacute;migration o&ugrave; l&#39;ouvrier &eacute;tranger logeait parfois en bidonville, pour venir gangrener la question actuelle des enfants issus de l&#39;immigration maghr&eacute;bine et africaine.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nQuant au film proprement dit, le jeu des acteurs m&#39;a paru juste et personnellement, question &eacute;motion, j&#39;ai &eacute;t&eacute; boulevers&eacute;e tout au long du film. Boulevers&eacute;e par l&#39;injustice faite &agrave; des hommes m&eacute;pris&eacute;s pour des questions d&#39;origine, c&#39;est vrai, mais aussi, boulevers&eacute;e par ces images de guerre et de d&eacute;sespoir, amiti&eacute;s bris&eacute;es au front par la mort du camarade devenu comme un fr&egrave;re, amours pi&eacute;tin&eacute;es par la Censure (un bicot qui aime une blonde de Marseille&#8230; &agrave; la poubelle sa lettre!), cadavres &agrave; la pelle, peur de la mort, de la souffrance&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nPar del&agrave; le sort fait aux indig&egrave;nes, c&#39;est tout le sort fait aux simples soldats (ah toujours cette sempiternelle image des g&eacute;n&eacute;raux qui observent la boucherie &agrave; la jumelle du haut de leur colline&#8230;), et le po&egrave;me du grand Pr&eacute;vert n&#39;a cess&eacute; de me tarauder pendant tout le film. Ah Barbara, quelle connerie la guerre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On a d&eacute;j&agrave; beaucoup fait couler d&#39;encre sur Indig&egrave;nes, je ne vais donc pas m&#39;&eacute;tendre sur le sujet, encore moins vous raconter le film. 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