{"id":129,"date":"2006-12-12T18:49:55","date_gmt":"2006-12-12T18:49:55","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=129"},"modified":"2006-12-13T10:41:34","modified_gmt":"2006-12-13T10:41:34","slug":"On mange tous de la merde \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=129","title":{"rendered":"On mange tous de la merde \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nFast food Nation. Voici un film tranquillement d&eacute;capant, peut &ecirc;tre pas follement original mais qui pose ind&eacute;niablement de bonnes questions.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nEn Arizona, non loin de la fronti&egrave;re mexicaine, une cha&icirc;ne de restauration rapide (imitation MacDonald) a implant&eacute; son usine de fabrication de steaks hach&eacute;s congel&eacute;s. Les vaches entrent par une porte et ressortent par une autre sous forme de galettes rouges et glac&eacute;es pour &ecirc;tre exp&eacute;di&eacute;es dans tous les restaurants Mickey&#39;s de la cha&icirc;ne &agrave; travers le pays. Entre ces deux op&eacute;rations, un immense ballet de femmes et d&#39;hommes en blanc qui tuent, coupent, d&eacute;coupent, rangent, nettoient au jet bouillant les sols tach&eacute;s de sang pour 10 dollars par heure. Ce qui n&#39;est pas vol&eacute;, me direz-vous, certes, mais encore faut-il tenir la cadence, ne pas s&#39;asphyxier aux odeurs d&eacute;l&eacute;t&egrave;res du lieu et surtout ne pas perdre un bras, une jambe dans une de ces&nbsp;machines qui coupent, tron&ccedil;onnent, hachent la bidoche.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nAutour de cette usine, et d&#39;un des restaurants Mickey&#39;s situ&eacute; dans la ville d&#39;&agrave; c&ocirc;t&eacute;, gravitent une galerie de personnages qui pr&ecirc;tent ainsi leur visage et leur vie &agrave; cette triste fable de l&#39;agroalimentaire moderne (aval&eacute; fissa). Des ouvriers mexicains, clandestins d&eacute;marrant au bas de l&#39;&eacute;chelle, accumulant les heures de travail dans l&#39;usine, recourant parfois &agrave; la drogue quand ils craquent, et offrant leur corps (pour certaines des Mexicaines) par amour ou par int&eacute;r&ecirc;t (d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;) au contrema&icirc;tre &laquo;&nbsp;gringo&nbsp;&raquo;. Un jeune cadre dynamique, responsable Marketing du groupe Mickey&#39;s, venu enqu&ecirc;ter suite &agrave; d&#39;inqui&eacute;tantes rumeurs qui voudraient que les steaks contiennent des traces de merde (ce qui, comme dit &agrave; moiti&eacute; en rigolant une de ses associ&eacute;es, &laquo;&nbsp;ce qui est grave, quand on vend de la merde, c&#39;est qu&#39;on risque de tuer un client qui ne reviendra plus acheter chez vous, principe de base de tout bon marketing&nbsp;&raquo;&#8230;). Son enqu&ecirc;te le conduit &agrave; s&#39;alimenter (du bout des l&egrave;vres car la rumeur tend &agrave; s&#39;av&eacute;rer des plus fond&eacute;es) dans le Mickey&#39;s du coin, &agrave; sympathiser de fa&ccedil;on tr&egrave;s am&eacute;ricano-commerciale avec la jeune lyc&eacute;enne, Amber, qui tient la caisse, un autre des personnages r&eacute;currents du film, et &agrave; rencontrer diff&eacute;rents individus ayant maille &agrave; partir avec cette usine.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl rencontre ainsi l&#39;oncle de la femme du manager du Mickey&#39;s local, un ancien rancher qui a vendu en son temps ses vaches &agrave; l&#39;usine. Sa femme de m&eacute;nage explique diligemment &agrave; Don, l&#39;homme du marketing donc, comment de la merde arrive &agrave; se retrouver dans votre steak&#8230; Les pr&eacute;pos&eacute;s &agrave; l&#39;enl&egrave;vement des visc&egrave;res doivent faire vite, de plus en plus vite, alors, dans la pr&eacute;cipitation, la chose est mal faite et leur contenu tombe sur la viande qui part se faire transformer en steak. Il n&#39;y a ni bons, ni m&eacute;chants, explique l&#39;oncle (mais les g&eacute;rants de l&#39;usine sont tout de m&ecirc;me de sacr&eacute;s pourris de chez pourris!!!! r&eacute;crimine-t-il), c&#39;est juste une machine qui contr&ocirc;le tout dans ce pays et qui s&#39;emballe de plus en plus&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl rencontre aussi un autre individu, interpr&eacute;t&eacute; par Bruce Willis, assez impeccable dans le genre cynique mais logique, qui n&eacute;gocie le prix de la viande pour Mickey&#39;s tout en s&#39;occupant de ce qu&#39;il faut bien appeler, sans rigoler, du service suivi qualit&eacute;. C&#39;est lui qui a d&#39;ailleurs cette phrase d&eacute;finitive, &quot;on est tous amen&eacute;s &agrave; un moment ou &agrave; un autre &agrave; manger de la merde&#8230; Il suffit juste de bien cuire le steak et tout ira bien&quot;. Mais quand m&ecirc;me, s&#39;indigne Don, ce n&#39;est pas honn&ecirc;te&nbsp;! Ce n&#39;est pas normal&nbsp;! Les ouvriers mexicains sont qui plus est exploit&eacute;s&nbsp;! Ah tiens&nbsp;? Rigole l&#39;autre. Dans leur pays, ils gagnent environ 4 dollars par jour, ici, ils en gagnent 10 par heure&nbsp;! Demande leur donc s&#39;ils veulent que l&#39;on ferme cette usine&nbsp;! Suit apr&egrave;s un cort&egrave;ge de menaces voil&eacute;es, o&ugrave; il recommande &agrave; Don de se m&eacute;fier du grand chef (qui se m&eacute;fie du manager), qui, de toute fa&ccedil;on, va avoir la t&ecirc;te coup&eacute;e (corruption et autres petits tracas).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe film se termine sur des images plut&ocirc;t rudes&#8230; Le film &eacute;tait jusque l&agrave;, non pas l&eacute;ger, mais assez paisible. On voyait m&ecirc;me les Mexicains qu&#39;on avait suivis jusque l&agrave;, commencer &agrave; tirer leur &eacute;pingle du jeu. L&#39;un d&#39;entre eux a un accident tr&egrave;s grave (un autre perd sa jambe), on d&eacute;couvre &agrave; cet effet de la drogue dans ses urines, et sa femme est oblig&eacute;e de coucher avec le gringo pour avoir un emploi sur la cha&icirc;ne qu&#39;elle avait quitt&eacute;e pour travailler dans un h&ocirc;tel (job moins bien pay&eacute; mais bien plus supportable). Elle se retrouve &agrave; traverser l&#39;enfer des salles d&#39;abattoir o&ugrave; les b&ecirc;tes s&#39;&eacute;croulent &eacute;lectrocut&eacute;es pour &ecirc;tre ensuite d&eacute;pec&eacute;es dans un style et une ambiance&nbsp;parfaitement trash. A voir le visage de la malheureuse, on devine combien, outre les images atroces, l&#39;odeur est insupportable (respire par la bouche, lui recommande le s&eacute;millant gringo qui se tape toutes les Mexicaines).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nVoici ainsi les (plus ou moins) bonnes questions pos&eacute;es&#8230; Qui est coupable&nbsp;? Dites nous&nbsp;! A qui profite le crime&nbsp;? Comment faire si les plus d&eacute;munis y trouvent leur compte&nbsp;? Acceptez-vous de manger de la merde &agrave; partir du moment o&ugrave; elle est cuite&nbsp;? Avez-vous encore envie de manger de la viande quand vous savez comment elle a &eacute;t&eacute; tu&eacute;e et pr&eacute;par&eacute;e&nbsp;? Faut-il &ecirc;tre tr&egrave;s courageux ou tr&egrave;s stupide pour envoyer balader ce syst&egrave;me (d&eacute;missionner de son poste de manager par exemple)&nbsp;? Avons-nous conscience de ce qui s&eacute;pare le steak dans notre assiette de la b&ecirc;te qui courait joyeuse et nue dans son champ&#8230; Etc.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nSeule Amber, la jeune fille qui tenait la caisse chez Mickey&#39;s, semble &eacute;pargn&eacute;e par ce cynisme environnant, qu&#39;il soit factuel ou rh&eacute;torique. Elle quitte son poste chez Mickey&#39;s et se met &agrave; militer contre l&#39;usine ainsi que l&#39;exploitation des animaux, parqu&eacute;s par centaines dans leur ranch (25 kilos de merde et de pisse par joru par b&ecirc;te d&eacute;vers&eacute;s dans les eaux alentour&#8230;). Quant &agrave; Don, on le sent pr&ecirc;t de jeter l&#39;&eacute;ponge et s&#39;en aller vendre du dentifrice ou des savonnettes, mais non, lui aussi fait partie de cette machine qui ne s&#39;arr&ecirc;te jamais. La derni&egrave;re image le montre pr&eacute;sentant le dernier produit phare de la cha&icirc;ne Mickey&#39;s&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fast food Nation. Voici un film tranquillement d&eacute;capant, peut &ecirc;tre pas follement original mais qui pose ind&eacute;niablement de bonnes questions. En Arizona, non loin de la fronti&egrave;re mexicaine, une cha&icirc;ne de restauration rapide (imitation MacDonald) a implant&eacute; son usine de fabrication de steaks hach&eacute;s congel&eacute;s. Les vaches entrent par une porte et ressortent par une &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=129\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/129"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=129"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/129\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}