{"id":206,"date":"2009-07-31T17:13:40","date_gmt":"2009-07-31T17:13:40","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=206"},"modified":"2009-07-31T17:26:15","modified_gmt":"2009-07-31T17:26:15","slug":"Etre une femme libre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=206","title":{"rendered":"Etre une femme libre"},"content":{"rendered":"<p>\nEtre une femme lib&eacute;r&eacute;e c&#39;est<br \/>\npas si facile tu sais&#8230; ne la laisse pas tomber&#8230; lalala&#8230; Ce matin la non muse<br \/>\nm&#39;a r&eacute;veill&eacute;e avec cet air &agrave; la fois idiot et persistant qui datait de mes<br \/>\nplates ann&eacute;es de jeunesse et qui &eacute;tait interpr&eacute;t&eacute; par un groupe de Strasbourg, Cookie Dingler, dont on n&#39;a plus jamais ensuite entendu parler (&ecirc;tre chanteur<br \/>\nd&#39;un hit mode c&#39;est pas si facile non plus), au point que je suis arriv&eacute;e au<br \/>\nbureau en le fredonnant tout me rendant compte avec une certaine stupeur (et<br \/>\naffliction) que toutes les paroles me revenaient au fur et &agrave; mesure.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\nAu bureau, j&#39;ai trouv&eacute; une<br \/>\nB&eacute;cassine inhabituellement matinale, et d&#39;humeur assassine, ne se remettant soudain<br \/>\npas de sa chute de ministre de la culture &agrave; chef de bureau (3 personnes sous<br \/>\nses ordres), tout &ccedil;a parce qu&#39;elle &eacute;tait tomb&eacute;e sur une interview du<br \/>\n&laquo;&nbsp;voleur&nbsp;&raquo; qu&#39;elle s&#39;ent&ecirc;te &agrave; appeler mitrand, qui faisait table rase<br \/>\nde tout ce qu&#39;elle et son &eacute;quipe avaient fait.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nOn avait encore<br \/>\ndes projets, et puis voil&agrave;, et puis c&#39;est tout, elle m&#39;a fait en tordant un<br \/>\nmouchoir de dentelle rose sous son nez, sa frange m&#39;emp&ecirc;chant de voir si<br \/>\nvraiment l&#39;ancienne ministre de la culture devenue ma sup&eacute;rieure hi&eacute;rarchique<br \/>\ndirecte, pleurait.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nAllons, allons&#8230;<br \/>\nj&#39;ai temporis&eacute; avec toujours ce stupide refrain en t&ecirc;te, vous savez bien que<br \/>\nc&#39;est la r&egrave;gle du jeu&#8230; l&#39;&eacute;ternel refrain&#8230; le pr&eacute;c&eacute;dent n&#39;a rien fait et le<br \/>\nnouvel arrivant va tout r&eacute;volutionner&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nMais moi j&#39;ai<br \/>\nboss&eacute;&nbsp;! A presque cri&eacute; B&eacute;cassine. Je me suis cogn&eacute; l&#39;agr&eacute;g de lettres, j&#39;ai<br \/>\nenseign&eacute;, fait le tapin de presse pour Momone certes adorable mais corv&eacute;ante &agrave;<br \/>\nmerci (c&#39;est la femme de VGE je vous pr&eacute;cise, Mimi), j&#39;ai &eacute;crit les discours de<br \/>\nChichi jusque tard dans la nuit (la fracture sociale c&#39;est moi, la d&eacute;fense de<br \/>\nla veuve noire et de son orphelin n&eacute;ocolonis&eacute; c&#39;est moi encore), j&#39;ai m&ecirc;me&#8230; j&#39;ai<br \/>\nm&ecirc;me &eacute;t&eacute; Pr&eacute;sidente de Versailles, vous vous rendez compte&nbsp;?! Et l&agrave; je<br \/>\nsuis balay&eacute;e d&#39;un coup de manchette par ce ce&#8230;\n<\/p>\n<p>\nJ&#39;ai ferm&eacute; les yeux,<br \/>\nattendant qu&#39;elle l&acirc;che l&#39;insulte fatidique.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nVilain, elle a<br \/>\nl&acirc;ch&eacute; dans un souffle, ce vilain &agrave; t&ecirc;te d&#39;autruche&#8230; vous ne trouvez pas<br \/>\nMimi&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nEuh&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nC&#39;est pas si<br \/>\nfacile, Mimi, vous savez, de devenir une femme au pouvoir&#8230; surtout quand vous<br \/>\nn&#39;&ecirc;tes pas de pouvoir mais de lettres&#8230; comme moi&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nJe m&#39;en doute,<br \/>\nj&#39;ai admis m&ecirc;me si je n&#39;avais jamais eu personnellement &agrave; me poser la question,<br \/>\nen m&ecirc;me temps, ici, &ccedil;a vous permettra de souffler un peu en attendant&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe n&#39;ai pas os&eacute; prononcer le<br \/>\nmot fatidique, retraite.&nbsp;Cela m&#39;aurait paru comme un d&eacute;calage vilain avec<br \/>\nle soudain sursaut ambitionnel de B&eacute;cassine jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent tr&egrave;s (&eacute;tonnamment) d&eacute;tach&eacute;e<br \/>\nde ses ex pr&eacute;rogatives&#8230; et qui de toute fa&ccedil;on avait d&eacute;j&agrave; fil&eacute; pour sa pause<br \/>\nd&eacute;jeuner (11 h 15) car elle avait une r&eacute;union tardive cet apr&egrave;s-midi (15 h 00)<br \/>\net elle ne pourrait pas voir Utrillo &agrave; la Pinacoth&egrave;que &agrave; midi tout en<br \/>\ns&#39;achetant des &laquo;&nbsp;bricolettes&nbsp;&raquo; (dixit) chez Fauchon &agrave; c&ocirc;t&eacute; pour le<br \/>\nd&icirc;ner d&#39;intimes (20 convives) qu&#39;elle donnait ce soir avant de s&#39;envoler pour<br \/>\ndes vacances &agrave; Rome&#8230; o&ugrave; elle ne d&eacute;sesp&eacute;rait pas de parvenir &agrave; compter ses<br \/>\npoints retraite &agrave; la villa Medicis.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEtre une femme lib&eacute;r&eacute;e c&#39;est<br \/>\npas si facile&#8230; Ce refrain d&eacute;cid&eacute;ment ne me l&acirc;chait pas et je me suis tout &agrave;<br \/>\ncoup demand&eacute; si ce n&#39;&eacute;tait pas la cons&eacute;quence de la lecture hier soir dans T&eacute;l&eacute;rama<br \/>\nd&#39;une bi-interview de deux femmes de t&ecirc;te, comme aurait dit B&eacute;cassine,<br \/>\nFran&ccedil;oise H&eacute;ritier, anthropologue, et Chantal Thomas, essayiste, (et non<br \/>\ndirectrice d&#39;une ligne de lingerie comme &agrave; chaque je le crois) qui, toutes deux<br \/>\n&agrave; leur fa&ccedil;on, d&eacute;fendaient la place de la femme, notamment du point de vue du<br \/>\nsavoir, comme &eacute;gale de l&#39;homme.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nChacune dans leur genre m&#39;est<br \/>\napparue sympathique et admirable dans son parcours comme son intelligence, bien<br \/>\nqu&#39;un peu d&eacute;primante si je me regardais moi avec ma non muse vautr&eacute;e sur le<br \/>\ncanap&eacute; qui me sugg&eacute;rait d&#39;&eacute;crire sur l&#39;ultime niouse concernant les<br \/>\npalpitations de Nicolas Ier, qui seraient imputables &agrave; Carla, si on en croyait<br \/>\nla presse britannique, tout en me faisant remarquer que le linge restait &agrave;<br \/>\nplier et que le petit n&#39;aurait bient&ocirc;t plus de couches &agrave; se mettre (pr&eacute;voir<br \/>\ncrochet demain par le supermarch&eacute;, soit &frac12; heure de moins pour &eacute;crire).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;ai tent&eacute; de me mettre &agrave; la<br \/>\nsaisie des donn&eacute;es de l&#39;import export des droits d&#39;auteurs 2008 mais le refrain<br \/>\nent&ecirc;tant du matin s&#39;ent&ecirc;tait.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEtre une femme lib&eacute;r&eacute;e, c&#39;est<br \/>\npas si facile&#8230; Libre ou lib&eacute;r&eacute;e&nbsp;? Lib&eacute;r&eacute;e cela fait penser au sexe,<br \/>\nin&eacute;vitablement, or qui est lib&eacute;r&eacute;e sexuellement n&#39;est pas forc&eacute;ment une femme<br \/>\nlibre, comme me l&#39;avait fait remarquer plus souvent qu&#39;&agrave; son tour Bastille qui,<br \/>\nde ce point de vue, se consid&egrave;re comme et libre et lib&eacute;r&eacute;e. Par exemple, Catherine<br \/>\nMillet qui &eacute;crit sur ses fesses est-elle une femme libre&nbsp;? J&#39;avoue ne pas<br \/>\navoir d&#39;id&eacute;e arr&ecirc;t&eacute;e sur la question, si ce n&#39;est que l&#39;ayant entendue &agrave; la<br \/>\nradio, je l&#39;ai trouv&eacute; tr&egrave;s aga&ccedil;ante, notamment avec son histoire d&#39;amant sado<br \/>\nmaso partouzeur fesseur et\/ou fess&eacute; qui lui avait conseill&eacute; d&#39;&eacute;crire sur leurs<br \/>\nfrasques, vas y, tu peux le faire, et qui l&#39;avait ensuite magnanimement<br \/>\nf&eacute;licit&eacute;e pour la qualit&eacute; de son manuscrit o&ugrave; il apparaissait sans fard comme<br \/>\nun pur salaud (manuscrit que je suppose avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;couvert chez l&#39;&eacute;diteur<br \/>\nconcern&eacute; par les voies naturelles et merveilleuses de l&#39;a&eacute;ropostale&#8230;).&nbsp;&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLibre, lib&eacute;r&eacute;e. Les deux<br \/>\nfemmes parlaient bien plut&ocirc;t de libert&eacute; de la pens&eacute;e, une libert&eacute; qui va de<br \/>\nprime avec l&#39;autonomie financi&egrave;re, m&ecirc;me si une ouvri&egrave;re ou une cadre de banque<br \/>\ngagnant leur vie, ne sont pas forc&eacute;ment des mod&egrave;les de lib&eacute;ration de l&#39;esprit. Elles<br \/>\npeuvent l&#39;&ecirc;tre, mais pas du simple fait qu&#39;elles gagnent leur vie ou alors nous<br \/>\nserions des milliardes &agrave; &ecirc;tre libres, y compris mes roms d&#39;&agrave; c&ocirc;t&eacute; qui qu&ecirc;tent<br \/>\ntous les jours ouvrables sur la 9.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLib&eacute;r&eacute;e, libre. La chanson de<br \/>\ncookie dingler dressait bien plut&ocirc;t le portrait d&#39;une femme fa&ccedil;on c&oelig;ur de cible<br \/>\ndu magazine <em>Elle<\/em> ou n&#39;importe quel<br \/>\nautre magazine f&eacute;minin dans le vent (mais Elle est-il dans un vent autre que<br \/>\ncelui qui souffle sur Deauville&nbsp;?), plut&ocirc;t qu&#39;&agrave; ces deux intellectuelles<br \/>\ninterview&eacute;es ou &agrave; la grande Simone&#8230; qu&#39;elles ont par ailleurs quasi sanctifi&eacute;e.<br \/>\nLa grande Simone qui m&#39;a toujours r&eacute;p&eacute;t&eacute; que je ne serai jamais une femme digne<br \/>\nde ce nom si je ne gagnais pas moi-m&ecirc;me ma vie (ce que je fais) et si je ne<br \/>\ncherchais pas &agrave; faire de mon existence une absolue n&eacute;cessit&eacute; (j&#39;y travaille).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nFran&ccedil;oise H&eacute;ritier a &eacute;galement<br \/>\nd&eacute;plor&eacute; que dans un vieux chromo dat&eacute; du si&egrave;cle dernier on ne voit la femme<br \/>\nqu&#39;une fois seule ma&icirc;tre &agrave; bord, c&#39;est quand elle a 10 ans et qu&#39;elle joue avec<br \/>\nson cerceau, apr&egrave;s toute sa vie on la voit accompagn&eacute;e&nbsp;: du fianc&eacute;, du<br \/>\nmari, des enfants, des petits-enfants, individus reli&eacute;s &agrave; elle, la matrice, et<br \/>\nqui semblent ainsi &ecirc;tre les seuls &agrave; m&ecirc;me de lui conf&eacute;rer son absolue n&eacute;cessit&eacute;&#8230;<br \/>\nquand l&#39;homme lui gravit les marches seul ou en compagnie d&#39;une famille comme<br \/>\nsimple appendice &agrave; sa personne et certainement pas comme absolue n&eacute;cessit&eacute;,<br \/>\nchacune des marches gravie montrant ainsi son accomplissement personnel.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nChantal Thomas a &eacute;galement<br \/>\nd&eacute;clar&eacute; en avoir beaucoup voulu &agrave; ses copines d&#39;enfance, enfants libres comme<br \/>\nelle, intelligentes, curieuses, mais qui &agrave; l&#39;adolescence, et pire &agrave; la prime<br \/>\njeunesse, ne se sont plus mises &agrave; jurer que par l&#39;Homme et l&#39;amour, organisant<br \/>\nleur vie, leur n&eacute;cessit&eacute; autour de ce dernier. Hors le couple, point de<br \/>\nsalut&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nToute une vie de femme dont<br \/>\nl&#39;ultime raison d&#39;&ecirc;tre est de trouver l&#39;amour et de le garder pour le faire<br \/>\nfructifier en fils filles petits-enfants&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&nbsp;J&#39;ai ressenti tout &agrave; la fois la pertinence<br \/>\nattristante de cette d&eacute;claration et en m&ecirc;me temps ce m&eacute;pris un peu facile (l&#39;amour<br \/>\nbalay&eacute; de la main) qui me mettait si en rogne quand j&#39;&eacute;tais seule&nbsp;: ces<br \/>\npersonnes qui font si peu de cas de l&#39;amour et de l&#39;autre (homme ou femme, mais<br \/>\nhomme puisque l&agrave; on est dans le sch&eacute;ma h&eacute;t&eacute;ro ali&eacute;nant) sont-elles seules ou<br \/>\nbien aim&eacute;es&nbsp;? Ont-elles endur&eacute; des ann&eacute;es de solitude&nbsp;? Ont-elles &eacute;t&eacute;<br \/>\nd&egrave;s fois plaqu&eacute;es de cette fa&ccedil;on qui vous fait dire qu&#39;on ne vaut d&eacute;cid&eacute;ment<br \/>\npas grand-chose&nbsp;? Si oui, sans doute ind&eacute;niablement sont-elles libres,<br \/>\nmais &eacute;galement tr&egrave;s s&ucirc;res d&#39;elles-m&ecirc;mes&#8230; peut-&ecirc;tre si parfaitement aim&eacute;es en<br \/>\nleur petite enfance que rien ne les atteint (sauf grand malheur), car elles<br \/>\ncroient profond&eacute;ment en elles-m&ecirc;mes. Ou alors ce sont des c&oelig;urs secs, des rocs&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;ai pens&eacute; soudain &agrave;<br \/>\nSoledad.&nbsp;Je devais absolument lui passer un coup de fil avant son d&eacute;part<br \/>\nen vacances, ce week-end.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nTu te sens<br \/>\nlibre&nbsp;? Je lui ai demand&eacute; au t&eacute;l&eacute;phone car j&#39;en avais ma tasse de m&eacute;diter<br \/>\nseule dans mon coin.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nPlait-il&nbsp;?<br \/>\nM&#39;a fait Soledad qui &eacute;tait en train de relire une plaquette sur la panse de<br \/>\nbrebis &eacute;cossaise vu qu&#39;elle avait finalement opt&eacute; pour une randonn&eacute;e en Ecosse<br \/>\nmarcheurs tr&egrave;s confirm&eacute;s (ce qui signifie essentiellement moins de femmes et<br \/>\naucune m&eacute;nopaus&eacute;e).<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nJe veux dire&#8230; tu<br \/>\nte sens accomplie dans ton &oelig;uvre&nbsp;? J&#39;ai insist&eacute;.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nMimi, &ccedil;a va<br \/>\nbien&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nLaisse tomber, j&#39;ai<br \/>\nmarmonn&eacute;, dis moi juste si tu penses que tu as r&eacute;ussi ce que tu voulais faire&#8230;<br \/>\nhormis l&#39;amour.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nMimi&nbsp;! A<br \/>\nprotest&eacute; Soledad. Comment peux-tu dire &laquo;&nbsp;hormis l&#39;amour&nbsp;&raquo;&nbsp;?<br \/>\nC&#39;est inali&eacute;nable &agrave; la r&eacute;ussite personnelle&nbsp;! Professionnellement je suis<br \/>\ncontente mais personnellement je me flingue&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nAh&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe suis seule, donc je me<br \/>\nflingue. Voil&agrave; qui attristeraient bien mes deux cervelles d&#39;hier soir. Par libert&eacute;<br \/>\nd&#39;esprit, il faut sans doute imaginer le cas d&#39;une femme qui a r&eacute;ussi et sa vie<br \/>\nprofessionnelle et sa vie personnelle, sans pour autant avoir forc&eacute;ment fond&eacute;<br \/>\nune famille et sans que, c&#39;est primordial, &ccedil;a lui manque. Qu&#39;elle ait eu le<br \/>\nchoix. Ce qui n&#39;&eacute;tait pas le cas de Soledad comme de tant d&#39;autres.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBastille. Sauf que Bastille,<br \/>\n&agrave; qui j&#39;ai pos&eacute; la question, m&#39;a rembarr&eacute;e en me disant qu&#39;&agrave; 41&nbsp;ans, elle<br \/>\nne consid&eacute;rait pas sa vie finie, d&#39;ailleurs sa mammographie &eacute;tait bonne, elle<br \/>\navait encore quelques ann&eacute;es avant de rencontrer le crabe de sa mort. C&ocirc;t&eacute;<br \/>\nboulot, elle assurait. Paysagiste de formation, elle avait &eacute;t&eacute; recrut&eacute;e pour<br \/>\ntravailler sur un plan d&#39;am&eacute;nagement urbain d&#39;une cit&eacute; &agrave; reconstruire de A &agrave; Z,<br \/>\nce qui lui permettait d&#39;allier le go&ucirc;t pour son m&eacute;tier avec sa fibre sociale,<br \/>\nsans compter qu&#39;elle avait &eacute;t&eacute; litt&eacute;ralement suppli&eacute;e de venir donner des cours<br \/>\n&agrave; la rentr&eacute;e &agrave; Polytechnique sur le sujet dans le cadre de la culture g&eacute;n&eacute;rale<br \/>\nde ces futures huiles. Par ailleurs, elle ne le niait pas, elle avait besoin de<br \/>\nl&#39;amour comme n&#39;importe quelle bourge ou pouffe (ses propres termes),<br \/>\nseulement, elle le voulait vraiment, et ne le trouvant pas, elle pr&eacute;f&eacute;rait &ecirc;tre<br \/>\nun peu cette caricature de la femme lib&eacute;r&eacute;e de cookie dingler (les mioches en<br \/>\nmoins) que de se ronger l&#39;id&eacute;al dans son coin comme Soledad (qu&#39;elle ne conna&icirc;t<br \/>\nm&ecirc;me pas, je pr&eacute;cise). Enfin, elle a conclu, je n&#39;&eacute;carte pas de moi l&#39;id&eacute;e d&#39;avoir<br \/>\nun jour un enfant seule, je veux dire, par moi-m&ecirc;me, car oui, en v&eacute;rit&eacute;, je ne<br \/>\nm&#39;imagine pas sans enfants, c&#39;est un fait, j&#39;ai des choses &agrave; transmettre et pas<br \/>\nque mon deux pi&egrave;ces parisien.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nQuant &agrave; Aveline, elle mixait<br \/>\nles deux. Elle avait eu une paire de parce qu&#39;elle avait cru avoir (re)trouv&eacute;<br \/>\nl&#39;amour (d&#39;ailleurs, elle ne savait toujours pas s&#39;il &eacute;tait perdu ou<br \/>\nr&eacute;-acquis), dans le m&ecirc;me temps, apr&egrave;s des ann&eacute;es de vent en poupe avec son<br \/>\nagence &eacute;ditoriale, elle avait d&ucirc; mettre la cl&eacute; sous la porte, ce qui fait<br \/>\nqu&#39;elle se retrouvait m&egrave;re d&#39;une paire de, sans emploi (si ce n&#39;est des &laquo;&nbsp;bricolettes&nbsp;&raquo;<br \/>\n&agrave; droite &agrave; gauche pour des copines), et l&#39;esprit essentiellement accapar&eacute; par<br \/>\nle mat&eacute;riel.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMais si derri&egrave;re l&#39;amour, la<br \/>\nquestion des enfants ne se posait pas, y aurait-il la m&ecirc;me inaptitude de<br \/>\nl&#39;esp&egrave;ce f&eacute;minine &agrave; se construire pour et par elle-m&ecirc;me? Si l&#39;amour n&#39;avait<br \/>\nrien &agrave; voir avec les enfants, en serait-on jeune, si obs&eacute;d&eacute;e&nbsp;? Voil&agrave; une<br \/>\nquestion que j&#39;aurais aim&eacute; poser &agrave; ces deux femmes.<br \/>\n&nbsp;\n<\/p>\n<p>\nQuoiqu&#39;il en soit, il m&#39;apparaissait,<br \/>\nalors que je tentais de me mettre au travail, que la libert&eacute; ne servait pas &agrave;<br \/>\ngrand-chose si on n&#39;&eacute;tait pas aim&eacute;, sauf esprits tr&egrave;s forts ou tr&egrave;s passionn&eacute;s<br \/>\n(soit 0,3% de la population). D&#39;ailleurs, m&ecirc;me les grands esprits avaient leur<br \/>\npetite femme qui non seulement veillait &agrave; leur confort mat&eacute;riel mais entretenait<br \/>\nleur foi en eux-m&ecirc;mes par leurs encouragements enthousiastes (et pas forc&eacute;ment<br \/>\nr&eacute;alistes). Je veux dire, m&ecirc;me les grands esprits ont besoin d&#39;&ecirc;tre aim&eacute;s.<br \/>\n&nbsp;\n<\/p>\n<p>\nAveline, Soledad et moi, nous<br \/>\npensions comme Chantal Thomas dans notre jeunesse, mais les ann&eacute;es de solitude,<br \/>\nde gadins voire de supr&ecirc;me chute (je pense &agrave; Soledad immanquablement largu&eacute;e lorsqu&#39;enfin<br \/>\nsemblait atteint le bonheur conjugal&#8230;) nous ont, il est vrai, rendues d&eacute;pendantes<br \/>\n&agrave; force de cette qu&ecirc;te obsessionnelle de l&#39;amour. Aveline disait toujours que<br \/>\ncomme par hasard, c&#39;&eacute;tait ses copines les plus fragiles qui restaient tout le<br \/>\ntemps seules&#8230; Quand on voit la Parfaite, la d&eacute;monstration est d&eacute;montr&eacute;e. Son<br \/>\nincroyable confiance en elle-m&ecirc;me est sans doute pour quelque chose dans sa<br \/>\nr&eacute;ussite (et le fait que ses ann&eacute;es de solitude se comptent sur les pattes d&#39;un<br \/>\nver de terre).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe pense donc que pour<br \/>\npouvoir &ecirc;tre v&eacute;ritablement une femme libre comme le d&eacute;sirent et l&#39;exigent ces<br \/>\ndeux femmes, il faut &ecirc;tre d&eacute;gag&eacute; de ce souci d&#39;&ecirc;tre aim&eacute;e, soit qu&#39;on ait<br \/>\ntrouv&eacute; l&#39;amour et qu&#39;il vous hisse vers le haut, soit qu&#39;on l&#39;ait eu si fort<br \/>\ndans son enfance qu&#39;on le porte en soi adulte quoiqu&#39;il arrive. Je crois qu&#39;on<br \/>\nappelle &ccedil;a la confiance en soi, sans laquelle il n&#39;y a pas de v&eacute;ritable<br \/>\nlibert&eacute;, d&#39;esprit notamment, libert&eacute; que l&#39;on atteindra si l&#39;on ne d&eacute;pend pas <em>pour l&#39;essentiel<\/em> des autres, qu&#39;il s&#39;agisse<br \/>\nde leur affection ou de leur opinion.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nCe qui est loin de la femme<br \/>\nlib&eacute;r&eacute;e de Cookie Dingler dont la libert&eacute; tenait au fait qu&#39;elle empilait les<br \/>\nmecs fumait des joints en &eacute;levant seule ses enfants tout en disant des mots<br \/>\nsalaces, ce qui est certes fortiche et sympathique en son genre mais ne vous<br \/>\nfait pas pour autant &ecirc;tre une femme libre d&#39;esprit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Etre une femme lib&eacute;r&eacute;e c&#39;est pas si facile tu sais&#8230; ne la laisse pas tomber&#8230; lalala&#8230; Ce matin la non muse m&#39;a r&eacute;veill&eacute;e avec cet air &agrave; la fois idiot et persistant qui datait de mes plates ann&eacute;es de jeunesse et qui &eacute;tait interpr&eacute;t&eacute; par un groupe de Strasbourg, Cookie Dingler, dont on n&#39;a plus &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=206\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/206"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=206"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/206\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=206"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=206"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=206"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}