{"id":215,"date":"2009-09-17T16:42:47","date_gmt":"2009-09-17T16:42:47","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=215"},"modified":"2009-09-17T18:52:09","modified_gmt":"2009-09-17T18:52:09","slug":"Holy Luc","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=215","title":{"rendered":"Holy Luc"},"content":{"rendered":"<p><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\nNormal\n0\n21\nfalse\nfalse\nfalse\nFR\nX-NONE\nX-NONE\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><br \/>\n<!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n\/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-priority:99;\nmso-style-qformat:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:11.0pt;\nfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\nmso-ascii-font-family:Calibri;\nmso-ascii-theme-font:minor-latin;\nmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\nmso-hansi-font-family:Calibri;\nmso-hansi-theme-font:minor-latin;\nmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><\/p>\n<p>\nIl y a des matin&eacute;es comme &ccedil;a qui, soudain, vous deviennent<br \/>\ngracieuses alors que vous avez d&eacute;marr&eacute; la journ&eacute;e de la mauvaise galoche.\n<\/p>\n<p>\nSamedi matin, r&eacute;veil embrum&eacute; apr&egrave;s une &eacute;ni&egrave;me nuit o&ugrave;<br \/>\nMorph&eacute;ophobe vous a jou&eacute; de la cornemuse de 5 &agrave; 7, b&eacute;b&eacute; de mauvaise humeur,<br \/>\npapa du b&eacute;b&eacute; du m&ecirc;me tonneau et la vague de cafard. C&#39;est le samedi et il y a<br \/>\nchez vous une ambiance digne d&#39;un probl&egrave;me technique sur la ligne 9 un banal<br \/>\njour de semaine o&ugrave; vous &ecirc;tes cens&eacute;e partir travailler (en retard). Il fait<br \/>\ngris, le gris parisien, bien &eacute;pais, le rideau de fer des neuf mois que durent l&#39;hiver,<br \/>\net vous vous dites que dans quelques temps, un mois tout au plus, on ne sera<br \/>\nplus si c&#39;est encore ou d&eacute;j&agrave; la nuit. Vous ha&iuml;ssez une fois de plus<br \/>\n(inutilement) Paris et sa ceinture de b&eacute;ton, murs et ciel.\n<\/p>\n<p>\nMais apr&egrave;s le caf&eacute;, et la douche, vous vous ressaisissez. Si<br \/>\nle mouflet montre sa mauvaise humeur en jetant tous ses jouets les plus<br \/>\nm&eacute;talliques car les plus bruyants sur le sol, c&#39;est que de m&ecirc;me le chien qui<br \/>\nsaute pour attraper sa laisse, il vous fait comprendre qu&#39;il faut sortir le<br \/>\nd&eacute;fouler. En plus, c&#39;est le jour du petit march&eacute; de la place Carnot, o&ugrave; une<br \/>\nrace s&eacute;lecte dont vous faites partie, vient s&#39;achalander aux quelques stands,<br \/>\nprimeurs, fromages, poissons et fleurs.\n<\/p>\n<p>\nUn pur myst&egrave;re ce petit march&eacute;, m&ecirc;me<br \/>\npas beaucoup plus cher que l&#39;autre, &agrave; Croix de Chavaux, o&ugrave; devant les &eacute;tals, la<br \/>\nfoule s&#39;empoigne le dimanche pass&eacute; midi, tandis que de m&eacute;nag&egrave;res hargneuses vous<br \/>\njettent leurs caddies dans les jambes et que des vendeurs hyst&eacute;riques braillent<br \/>\nleurs promos. S&#39;il est quand m&ecirc;me un peu plus cher ce petit march&eacute;, c&#39;est que,<br \/>\nselon la jeune fromag&egrave;re, c&#39;est parce que c&#39;est du mara&icirc;chage quand l&#39;autre,<br \/>\nc&#39;est de l&#39;abattage. &nbsp;La jeune fromag&egrave;re<br \/>\npratiquant le fromage saisonnier et la natation aux heures de table, il faut<br \/>\nsans doute lui faire confiance.\n<\/p>\n<p><!-- more --><br \/>\n<!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\nNormal\n0\n21\nfalse\nfalse\nfalse\nFR\nX-NONE\nX-NONE\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><br \/>\n<!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n\/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-priority:99;\nmso-style-qformat:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:11.0pt;\nfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\nmso-ascii-font-family:Calibri;\nmso-ascii-theme-font:minor-latin;\nmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\nmso-hansi-font-family:Calibri;\nmso-hansi-theme-font:minor-latin;\nmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><\/p>\n<p>\nVous attrapez donc le gosse et le cabas, et vous filez vers le<br \/>\ndit march&eacute; sous un ciel qui s&#39;est un peu d&eacute;gag&eacute;. Un temps frisquet &agrave; la lumi&egrave;re<br \/>\nliquide, glissant sur les briques rouges des HLM sur le chemin, avec de belles<br \/>\ntrou&eacute;es de ciel bleu qui vous feraient presque &ocirc;ter la polaire moche r&eacute;serv&eacute;e<br \/>\naux week-ends. Le cauchemar d&#39;un jour ouvrable vous ayant poursuivi jusqu&#39;&agrave;<br \/>\nvotre sacro saint samedi s&#39;estompe peu &agrave; peu.\n<\/p>\n<p>\nAu march&eacute;, le vendeur de fruits et de l&eacute;gumes est toujours<br \/>\naussi jovial, il vous interdit de mettre vos tomates au frigidaire, vous parle<br \/>\ndu trauma de la salade de Nice 2009 (flapie car pas assez de pluie) et du b&eacute;b&eacute;<br \/>\ncongel&eacute; qu&#39;il vous soup&ccedil;onne de cacher dans votre vieux sac Picard. Vous vous<br \/>\nlaissez m&ecirc;me aller &agrave; plaisanter platement avec lui &agrave; ce sujet (mon pauvre, si<br \/>\nvous voyiez la taille de mon cong&eacute;lo, m&ecirc;me un f&oelig;tus de 3 mois n&#39;y tiendrait pas&#8230;),<br \/>\npuis vous passez chez la jeune fromag&egrave;re qu&#39;on verrait bien traverser<br \/>\nl&#39;Atlantique en solitaire (grands yeux clairs, longs cheveux et veste en<br \/>\nLicra), qui vous explique une fois encore la philosophie des saisons des<br \/>\nfromages.\n<\/p>\n<p>\nMais dans sa poussette, voil&agrave; que le gosse s&#39;agite. Il commence<br \/>\n&agrave; s&#39;imaginer qu&#39;on l&#39;arnaque. Au lieu de l&#39;emmener au square, vous l&#39;avez<br \/>\ntra&icirc;n&eacute;, ficel&eacute; dans sa chariote, acheter des choses qui ne sont m&ecirc;me pas des<br \/>\njouets ou &agrave; la rigueur des baguettes de pain, alors il se met &agrave; piailler, haut<br \/>\net fort, son refus soudain d&#39;en supporter plus longtemps. Il y gagne une<br \/>\ntranchette de comt&eacute; offert par la skippeuse d&eacute;guis&eacute;e en marchande de fromages, voil&agrave;<br \/>\nl&agrave; un geste de d&eacute;licatesse spontan&eacute;e qui repousse encore un peu plus le gris du<br \/>\nlever et puis vite, cette fois c&#39;est promis, vous filez au square devant lequel<br \/>\nsont couch&eacute;s un grand et un petit v&eacute;los.\n<\/p>\n<p>\nDurant la nuit, le square s&#39;est transform&eacute; en mini d&eacute;charge<br \/>\npublique avec une poubelle qui d&eacute;borde alentour de bo&icirc;tes &agrave; k&eacute;babs, de cadavres<br \/>\nde bouteilles, de vieux m&eacute;gots, en bref, toutes choses qui c&#39;est bien connu<br \/>\nfont partie du quotidien d&#39;un enfant de moins de 10 ans. A l&#39;int&eacute;rieur, il y a un<br \/>\nenfant de type asiatique, et son p&egrave;re, Vincent, un quadra aux cheveux noirs<br \/>\nfris&eacute;s, que l&#39;on verrait bien prof ou kin&eacute;, visiblement pas du tout asiatique. Le<br \/>\npetit escalade les jeux, se pend, saute, descend, court &agrave; travers les d&eacute;chets<br \/>\nqui jonchent le sol.\n<\/p>\n<p>\nVotre gosse se dit que ce n&#39;est pas les 4 ann&eacute;es qui le<br \/>\ns&eacute;parent &agrave; peu pr&egrave;s de ce mouflet aux yeux brid&eacute;s qui vont l&#39;emp&ecirc;cher de jouer<br \/>\navec lui &agrave; escalader la pente ultra raide derri&egrave;re le toboggan qui m&egrave;ne au<br \/>\nparc. Pendant ce temps l&agrave;, alors que vous parlez des Guilands, un grand espace<br \/>\nvert entre Montreuil et Bagnolet, vous croyez comprendre que le p&egrave;re du petit<br \/>\nvous dit, Luc et Tony&#8230;, et vous vient alors l&#39;image de Luc, accompagn&eacute; de son<br \/>\npetit fr&egrave;re Tony, de sa m&egrave;re vietnamienne ou japonaise, et de son p&egrave;re, &nbsp;faisant du v&eacute;lo en famille aux Guilands. Mais<br \/>\nVincent vous corrige en gloussant. Luc n&#39;a pas de fr&egrave;re, il a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; &agrave; 2<br \/>\nans et demi, et vu les 3 ans de gal&egrave;re que &ccedil;a a repr&eacute;sent&eacute;, il ne risque pas d&#39;en<br \/>\navoir un, un jour.\n<\/p>\n<p>\nEt Vincent de vous parler de cette adoption tr&egrave;s<br \/>\nnaturellement tandis que votre mouflet s&#39;est cass&eacute; la fiole dans la pente<br \/>\nraide, qu&#39;il se roule dans la poussi&egrave;re et que Luc descend le toboggan la t&ecirc;te<br \/>\n&agrave; l&#39;envers. Au bout de trois ann&eacute;es de bataille o&ugrave; les dispositions, les lois<br \/>\ndes uns et des autres ne cessaient de changer, o&ugrave; quoiqu&#39;affirme le<br \/>\ngouvernement qui a cr&eacute;&eacute; une Agence pour l&#39;adoption, rien ne bouge en France, et<br \/>\no&ugrave; donc chacun se d&eacute;brouille comme il peut en recoupant les informations, ils<br \/>\nont d&eacute;barqu&eacute; au &nbsp;Vietnam avec une association,<br \/>\nM&eacute;decins du monde, le Vietnam refusant d&eacute;sormais de pratiquer l&#39;adoption<br \/>\nindividuelle. Fabuleux pays, se souvient Vincent, magnifique mais aussi tr&egrave;s<br \/>\nmauvais souvenir, car les choses ne se sont pas tr&egrave;s bien pass&eacute;es.\n<\/p>\n<p>\nL&agrave; bas, un responsable de l&#39;association y officiait, sec,<br \/>\nmilitaire, parlant avec m&eacute;pris de ces parents qui souhaitaient n&#39;adopter qu&#39;un<br \/>\nb&eacute;b&eacute;, ils veulent des poup&eacute;es, un type qui a condescendu finalement &agrave; les<br \/>\nexp&eacute;dier dans un orphelinat&#8230; dont ils sont ressortis un quart d&#39;heure apr&egrave;s,<br \/>\navec un mouflet hurlant de 2 ans et demi, qui ne les connaissait pas, qui ne<br \/>\nparlait pas leur langue, Holy Luc. Trois ann&eacute;es d&#39;attente et &frac14; d&#39;heure pas plus<br \/>\npour faire connaissance, bonjour l&#39;adaptation. Des parents d&eacute;pass&eacute;s, un enfant<br \/>\nhurlant de panique dans une chambre d&#39;h&ocirc;tel, on repense forc&eacute;ment au film Holy<br \/>\nLola, ce film que tout parent candidat &agrave; l&#39;adoption a vu, rigole Vincent. D&#39;ailleurs,<br \/>\nle responsable a &eacute;t&eacute; chang&eacute; apr&egrave;s, comme quoi, il y avait bien un probl&egrave;me.\n<\/p>\n<p>\nEn attendant, votre gosse &agrave; vous est content. Il ne vous a<br \/>\npas sur le dos, il peut jouer avec la bouteille de gin qui a roul&eacute; sous le<br \/>\ncrocodile balan&ccedil;oire et ce petit vietnamien est vraiment sympa, il vous laisse<br \/>\njouer avec la bouteille de coca qu&#39;il a trouv&eacute; sous le banc. La prunelle de vos<br \/>\nyeux ne sait pas que lui, on ne l&#39;a attendu que 9 mois, qu&#39;il n&#39;&eacute;tait pas &agrave; 10&nbsp;000<br \/>\nkm de vous mais &agrave; 1 cm derri&egrave;re votre nombril. Et il se verrait bien, lui, adopter<br \/>\ncomme grand fr&egrave;re ce gar&ccedil;on qui joue avec lui avec autant de patience et d&#39;enthousiasme.\n<\/p>\n<p>\nOn n&#39;a rien pay&eacute;, assure Vincent, juste une somme au<br \/>\ndirecteur (vietnamien) de l&#39;association, M&eacute;decins du Monde est tr&egrave;s carr&eacute;, il y<br \/>\na donc peu d&#39;&eacute;lus en bout de course mais au moins, vous &ecirc;tes s&ucirc;r qu&#39;il n&#39;y a<br \/>\npas eu de trafic ou autre horreur. On rigolait entre parents, se souvient-il<br \/>\nencore, on voyait la super bagnole du directeur et on se disait, tiens, c&#39;est la<br \/>\ncagnotte pour ta fille qui lui a pay&eacute; sa caisse&#8230; Bon, il y a d&#39;autres pays o&ugrave;<br \/>\nles choses se passent autrement, l&#39;Espagne par exemple, ils sont beaucoup plus<br \/>\norganis&eacute;s, plus offensifs au niveau m&ecirc;me de leur Etat, quant aux Etats-Unis,<br \/>\nils ont pris l&#39;habitude d&#39;arroser&#8230; ils sortent les billets et ils passent<br \/>\ndevant tout le monde&nbsp;!\n<\/p>\n<p>\nHoly Luc apprend maintenant &agrave; votre gamin &agrave; se pendre la<br \/>\nt&ecirc;te en bas en haut du toboggan &agrave; 5 m&egrave;tres du sol mais vous, subjugu&eacute;e par ce<br \/>\nr&eacute;cit si romanesque, vous n&#39;y voyez que poil. Vous vous dites que vous &ecirc;tes<br \/>\nd&eacute;j&agrave; d&eacute;courag&eacute;e par ces six mois de tentative vaine de faire un fr&egrave;re ou une s&oelig;ur<br \/>\n&agrave; votre mouflet, vous n&#39;imaginez m&ecirc;me pas votre &eacute;tat mental de devoir, d&eacute;j&agrave;,<br \/>\nadopter (le fait d&#39;avoir eu un enfant un vrai vous a largement fait<br \/>\nd&eacute;sid&eacute;aliser l&#39;adoption) et ensuite, vous battre pendant trois ann&eacute;es pour y<br \/>\nparvenir vous semble tout simplement&#8230; inimaginable.\n<\/p>\n<p>\nEt encore, tout n&#39;est pas fini&#8230; On est rentr&eacute;s en France et<br \/>\npendant presque 2 ans, on n&#39;a pas dormi, poursuit Vincent, le gosse &eacute;tait<br \/>\ncompl&egrave;tement traumatis&eacute;. Il n&#39;acceptait de s&#39;endormir qu&#39;en nous serrant la<br \/>\nmain fort fort, alors on couchait contre lui, sur un vieux clic clac, on n&#39;a<br \/>\npas &eacute;t&eacute; tr&egrave;s efficace au boulot la premi&egrave;re ann&eacute;e quand on y est retourn&eacute; apr&egrave;s<br \/>\navoir mis bout &agrave; bout tous les cong&eacute;s qu&#39;on pouvait prendre. En revanche, l&#39;&eacute;cole,<br \/>\nimpeccable, une directrice super, qui a tout fait pour que &ccedil;a se passe bien<br \/>\navec lui, avec qui au d&eacute;but on a communiqu&eacute; par gestes, avant qu&#39;il ne parle de<br \/>\nmieux en mieux la langue. Caca boudin, crie Luc (sans un accent) &agrave; votre<br \/>\nmouflet, qui, ravi, r&eacute;p&egrave;te caca&nbsp;! caca&nbsp;! caca&nbsp;! qui se trouve<br \/>\n&ecirc;tre son mot favori du moment (boudin conna&icirc;t pas).\n<\/p>\n<p>\nAujourd&#39;hui on dort, conclue Vincent, tout &ccedil;a est derri&egrave;re<br \/>\nnous, Luc a six ans, il a compl&egrave;tement trouv&eacute; ses marques m&ecirc;me si souvent on le<br \/>\ntraite de chinois, on se dit parfois qu&#39;on pourrait remettre &ccedil;a mais&#8230; j&#39;ai 44<br \/>\nans, repartir pour 3 ann&eacute;es encore dans une lutte qui s&#39;est encore plus durcie,<br \/>\nsachant que pour M&eacute;decins du monde, on n&#39;est pas prioritaire, chose normale, on<br \/>\na d&eacute;j&agrave; eu la chance, le miracle m&ecirc;me d&#39;&ecirc;tre servi une fois, alors&#8230;\n<\/p>\n<p>\nAlors&#8230; alors Vincent appelle son fils, c&#39;est l&#39;heure de<br \/>\nbecqueter, ils enfourchent leurs v&eacute;los, font de grands signes d&#39;au revoir &agrave;<br \/>\nvotre mouflet, tout d&eacute;sappoint&eacute;, le nez coll&eacute; &agrave; la grille, et ils s&#39;en vont.<br \/>\nVous remballez &agrave; votre tour les jouets du moutard, et le moutard, et vous<br \/>\nregagnez vos p&eacute;nates sous le ciel changeant, r&eacute;concili&eacute; avec le samedi, avec<br \/>\nvotre vie m&ecirc;me, par cette rencontre, simple et belle, qui vous a fait du bien.<br \/>\nParce qu&#39;elle vous a extraite de votre petit quotidien, de vos petites<br \/>\nobsessions existentielles (&eacute;crire publier vous barrer du boulot bordel vite) et<br \/>\naussi de votre d&eacute;sir de second enfant comme &ccedil;a, hop, en claquant des doigts. Parce<br \/>\nqu&#39;aussi, vous aimez par-dessus tout les gens qui se racontent tr&egrave;s<br \/>\nnaturellement et qui visiblement ont le go&ucirc;t de l&#39;humanit&eacute;. &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des matin&eacute;es comme &ccedil;a qui, soudain, vous deviennent gracieuses alors que vous avez d&eacute;marr&eacute; la journ&eacute;e de la mauvaise galoche. 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