{"id":217,"date":"2009-09-22T12:31:16","date_gmt":"2009-09-22T12:31:16","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=217"},"modified":"2009-09-22T12:43:49","modified_gmt":"2009-09-22T12:43:49","slug":"Enfer et frustration","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=217","title":{"rendered":"Enfer et frustration"},"content":{"rendered":"<p>\nLes<br \/>\naffreux affres de la cr&eacute;ation contrari&eacute;e. Toujours et encore. Moi versus<br \/>\nl&#39;infernale coalition non muse et Z&eacute;bulon, avec cette diff&eacute;rence que l&#39;un des<br \/>\ndeux est mon &laquo;&nbsp;&ecirc;tre le plus pr&eacute;cieux au monde&nbsp;&raquo; pour reprendre<br \/>\nl&#39;expression du roi bourdon des assistantes maternelles (l&#39;unique m&acirc;le du<br \/>\nrelais petite Enfance), et que l&#39;autre est &laquo;&nbsp;mon &ecirc;tre le plus<br \/>\ninsupportable au monde&nbsp;&raquo;, pour reprendre le fond, que dis-je, la surface<br \/>\nm&ecirc;me de ma pens&eacute;e d&egrave;s que, ouvrant mon ordi, mon carnet &agrave; id&eacute;es, je retombe<br \/>\n(lourdement) sur elle que je croyais enfin partie, du moins sortie quelques<br \/>\nheures maltraiter un autre plumitif.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\nEcrire<br \/>\nsans parvenir &agrave; rien c&#39;est comme, comme&#8230; comme le sexe sans orgasme. Des heures<br \/>\nde gesticulation &eacute;prouvante, d&#39;efforts aussi consciencieux que laborieux, d&#39;impression<br \/>\nsoudain t&eacute;nue que &ccedil;a y est, cela va venir, la chose est lanc&eacute;e, mais non, la<br \/>\nchose retombe, floc, la terre est basse, elle vous avale et ne surnage que ce<br \/>\nterrible constat, tout &ccedil;a pour&#8230; rien.&nbsp;Partie<br \/>\nde rien, la page blanche, vous n&#39;arrivez &agrave; rien, la page noircie mais inepte.\n<\/p>\n<p>\nLes<br \/>\nmots sont glissants, ils se d&eacute;filent, les id&eacute;es sont absentes, &eacute;vanescentes ou plus<br \/>\nplates qu&#39;un discours de remise de m&eacute;daille du m&eacute;rite. Alors, &eacute;perdument,&nbsp; vous courrez d&#39;un texte &agrave; un autre, et rien,<br \/>\nmais absolument rien ne prend forme. Et c&#39;est d&eacute;j&agrave; la fin de la sieste, le<br \/>\nZ&eacute;bulon lance son cri de Z&eacute;bu et vous refermez l&#39;ordi avec un profond sentiment<br \/>\nde frustration que les autres m&egrave;res, celles qui n&#39;utilisent pas le temps de sieste<br \/>\nde leur enfant pour essayer de devenir &eacute;crivain (ou peintre ou doctorante en<br \/>\ndroit p&eacute;nal international ou future dipl&ocirc;m&eacute;e d&#39;un dipl&ocirc;me quelconque), juste<br \/>\npour plier leur linge le repasser ou faire un g&acirc;teau, quand ce n&#39;est pas<br \/>\nregarder les brasiers du c&oelig;ur, ont l&#39;inconscient bonheur de ne pas conna&icirc;tre.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p>\nEnfer<br \/>\net frustration. Si peu de temps pour &eacute;crire. Le temps d&#39;une sieste d&#39;un b&eacute;b&eacute; de<br \/>\n20 mois. 2 heures le jeudi, 2 heures le vendredi, et parfois 2 autres heures le<br \/>\nweek-end si on ne bouge pas, ou si je ne suis pas compl&egrave;tement cuite par une<br \/>\nsoir&eacute;e pass&eacute;e avec Morph&eacute;ophobe ou avec de vrais amis car l&#39;amiti&eacute; se doit<br \/>\nd&#39;&ecirc;tre pratiqu&eacute;e au m&ecirc;me titre que sa plume, sa maternit&eacute; et la machine &agrave;<br \/>\npointer. Soit pour une semaine, 8 heures sur 168 heures, disons 8 heures sur<br \/>\n152 heures si on d&eacute;compte les 8 heures de sommeil par nuit, que Morph&eacute;ophobe<br \/>\ntant &agrave; me voler pour&#8230; rien, l&agrave; aussi.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nRares<br \/>\nheures donc, qui plus est enti&egrave;rement d&eacute;pendantes de la sieste d&#39;un Z&eacute;bulon. Spectre<br \/>\nde la femme gel&eacute;e, r&eacute;cit d&#39;Annie<br \/>\nErnaux, alors jeune m&egrave;re essayant de pr&eacute;parer son capes de lettres aux heures<br \/>\no&ugrave; son fils faisait la sieste, toute une s&eacute;ance de travail suspendue au sommeil<br \/>\nd&#39;un enfant, &eacute;crivait-elle, susceptible d&#39;&ecirc;tre bris&eacute; par un coup de klaxon<br \/>\nintempestif, une sonnette &agrave; la porte (bonjour m&#39;dame, je fais un sondage<br \/>\npour&#8230;), temps vol&eacute; entre deux corv&eacute;es d&#39;&eacute;pluchure de patates ou de slips<br \/>\nkangourous &agrave; &eacute;tendre sur un fil, temps vol&eacute; pour se dire qu&#39;on a aussi une<br \/>\nexistence &agrave; soi, des id&eacute;es, une pens&eacute;e. Pfuit.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;ai<br \/>\nsouvent ce spectre en t&ecirc;te, avec cette phrase terrible, une vie qui ressemble &agrave;<br \/>\nune longue marche vers la mort, m&ecirc;me si ma frustration n&#39;est pas du tout la<br \/>\nm&ecirc;me&nbsp;: je n&#39;ai pas les quelque 25 jeunes ann&eacute;es qu&#39;avait Annie Ernaux, jet&eacute;e dans le mariage et la maternit&eacute;<br \/>\ntrop t&ocirc;t, &agrave; l&#39;&acirc;ge o&ugrave; moi, je d&eacute;couvrais (presque) les sur-booms. Bien au<br \/>\ncontraire, moi j&#39;ai eu un Z&eacute;bulon &agrave; l&#39;&acirc;ge des miracles qui seront bient&ocirc;t bibliques<br \/>\net apr&egrave;s une travers&eacute;e du Sahara c&eacute;libataire qui vous fait prendre pour<br \/>\nmiraculeux ce qui pour les autres est banal et parfaitement organis&eacute;. Ce qui<br \/>\nfait que ma frustration &agrave; moi n&#39;est pas dirig&eacute;e contre le petit roi dans son<br \/>\nberceau mais contre mes mauvaises f&eacute;es, la non muse, Morph&eacute;ophobe et le Syndicat<br \/>\n&egrave;s livres (qui lui-m&ecirc;me n&#39;y est objectivement pour rien). Ce qui ne m&#39;emp&ecirc;che<br \/>\npas, toute comparaison mise &agrave; part, de me sentir parfois, &agrave; certaines heures,<br \/>\ncette femme gel&eacute;e qui n&#39;existe plus pour elle-m&ecirc;me et qui, en cons&eacute;quence, juge<br \/>\nson existence parfaitement vaine (m&ecirc;me si je situerais bien plut&ocirc;t de l&#39;autre<br \/>\nc&ocirc;t&eacute; du thermom&egrave;tre, une femme bouillonnante, le genre qui va exploser)<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nUn<br \/>\ntemps pr&eacute;cieux, et si pr&eacute;caire. Compt&eacute; comme de l&#39;or. O&ugrave; je refuse de d&eacute;crocher<br \/>\nle t&eacute;l&eacute;phone et r&eacute;pond d&#39;une voix rogue si d&#39;aventure, je n&#39;ai pas le choix, je<br \/>\ndois d&eacute;crocher. Un temps &agrave; ne pas g&acirc;cher. Comme celui d&#39;un couple qui ne se<br \/>\nvoit que le week-end et qui n&#39;a pas le droit &agrave; l&#39;erreur, pas le droit de g&acirc;cher<br \/>\nce temps si infime et si rare o&ugrave; il se vit concr&egrave;tement, hors exaltation de la<br \/>\ndistance, un temps &agrave; utiliser au mieux, de peur de voir cet amour si fragile<br \/>\ncar essentiellement imagin&eacute;, s&#39;&eacute;vanouir ou &agrave; d&eacute;faut, de devoir passer une sale<br \/>\nsemaine dans le doute et l&#39;angoisse. M&#39;aimera-t-il, m&#39;aimera-t-elle encore la<br \/>\nsemaine prochaine&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLes<br \/>\njours o&ugrave; la non muse a brutalement interrompu ma tentative d&#39;&eacute;crire, voire n&#39;a<br \/>\nm&ecirc;me pas permis &agrave; cette derni&egrave;re de s&#39;amorcer, une sorte de panique monte en<br \/>\nmoi, j&#39;irai m&ecirc;me jusqu&#39;&agrave; dire de panique vitale&nbsp;: je n&#39;ai rien &eacute;crit, ou<br \/>\nrien &eacute;crit de valable, j&#39;ai rat&eacute; ma journ&eacute;e, toute ma vie est &agrave; l&#39;image de<br \/>\ncette image, rat&eacute;e donc. C&#39;est comme une sorte d&#39;effondrement int&eacute;rieur, tout<br \/>\nme semble alors hagard, sans lien, sourd, muet, aveugle, le r&eacute;el (qui n&#39;a<br \/>\npourtant pas chang&eacute; depuis ma tentative d&#39;&eacute;criture) est inextricable, sans sens<br \/>\naucun, le temps se tra&icirc;ne et ma vie me p&egrave;se comme la pierre au cou du futur<br \/>\nnoy&eacute;. Cela pourrait passer pour de la panique scolaire (maman, je n&#39;ai pas fait<br \/>\nmes devoirs), mais c&#39;est bien pire encore car cela se porte immanquablement sur<br \/>\nle noyau de ma vie.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nPourtant<br \/>\npersonne ne me punira. La non muse fera m&ecirc;me sa fausse en d&eacute;barrassant la table<br \/>\n&laquo;&nbsp;pour que je puisse relire le peu que j&#39;ai &eacute;crit&nbsp;&raquo;, Cl&eacute;a Culpa<br \/>\nhaussera les &eacute;paules (de toute fa&ccedil;on, la vie r&eacute;elle est sup&eacute;rieure &agrave; la vie<br \/>\n&eacute;crite), A me dira qu&#39;avec un Z&eacute;bulon et une squatteuse appel&eacute;e Morph&eacute;ophobe<br \/>\nsans compter un emploi qui me ratatine la cervelle, il m&#39;est difficile d&#39;avoir<br \/>\nde bonnes inspirations (alors que, quand j&#39;&eacute;tais seule et malheureuse, taraud&eacute;e<br \/>\nque j&#39;&eacute;tais par cet &eacute;tat, je ne cessais d&#39;&eacute;crire, tant il est bien connu qu&#39;il<br \/>\nfaut avoir faim pour accomplir de belles choses).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAucune<br \/>\npunition donc, juste ce malaise en moi, diffus, persistant jusqu&#39;au coucher,<br \/>\nqui est de ne pas avoir &eacute;crit ou plut&ocirc;t bien &eacute;crit aujourd&#39;hui, ce rare jour consacr&eacute;<br \/>\n(pour 1\/12<sup>&egrave;me<\/sup>) &agrave; l&#39;&eacute;criture. Et il n&#39;est pas rare, ces jours l&agrave;, que<br \/>\nMorph&eacute;ophobe choisisse de me r&eacute;veiller aux aurores pour qu&#39;on en discute un peu<br \/>\nplus avant, surtout les mois de rentr&eacute;e litt&eacute;raire si j&#39;ai eu le malheur de<br \/>\nlire la petite revue de presse &agrave; ce sujet qu&#39;elle m&#39;a pr&eacute;par&eacute;e. Elle a en ce<br \/>\nmoment une pr&eacute;dilection pour cet article que Pierre Assouline a &eacute;crit dans le<br \/>\nMonde au sujet des mort-n&eacute;s de la rentr&eacute;e litt&eacute;raire, tous les romans qui<br \/>\npasseront &agrave; l&#39;as &agrave; peine auront-ils franchi, encartonn&eacute;s, la porte de la librairie. Et tu te<br \/>\nrends compte, elle ajoute toujours, ce sont des gens qui non seulement ont &eacute;t&eacute;<br \/>\npubli&eacute;s mais qui plus est par une vraie maison d&#39;&eacute;dition&nbsp;! Alors t&#39;imagine<br \/>\nles autres&#8230;<br \/>\n&nbsp;\n<\/p>\n<p>\nMais<br \/>\nje pr&eacute;f&egrave;re penser aux jours o&ugrave; l&#39;&eacute;criture est au rendez-vous&#8230; les mots fusent,<br \/>\nma cervelle se r&eacute;veille et quand Z&eacute;nulon se r&eacute;veille, je le sors en chantant de<br \/>\nses barreaux, je le porte, le fais sauter en l&#39;air, le laisse d&eacute;boucher tous<br \/>\nles flacons dans la salle de bain, &eacute;taler sa compote sur sa table, tout m&#39;est<br \/>\nl&eacute;ger, m&#39;est &eacute;gal, je me sens lib&eacute;r&eacute;e, il peut m&ecirc;me se rouler par terre pour<br \/>\nobtenir le droit de garder mon portable qu&#39;il a fauch&eacute;, je m&#39;en fi-che. Shoot&eacute;e<br \/>\nla Marie, tout lui para&icirc;t juste, bon et simple. A sa place.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAu<br \/>\nsquare o&ugrave; ensuite j&#39;emm&egrave;ne le Z&eacute;bulon, je parle avec toutes les femmes m&ecirc;me les<br \/>\nplus inint&eacute;ressantes, je m&#39;esbaudis sur leurs gosses, m&ecirc;me les plus ingrats, la<br \/>\nvie me semble soudain si magnifiquement pleine de sens et d&#39;harmonie&#8230; Et le<br \/>\nsoir, ah le soir&#8230; je glande alors avec bonheur, sans culpabilit&eacute;, je ne<br \/>\nhouspille pas A parce qu&#39;il est devant l&#39;ordinateur, ou parce qu&#39;il a laiss&eacute;<br \/>\ntra&icirc;ner une chaussette dans le beurrier (parce que saisi d&#39;une inspiration<br \/>\ninformatique, il a laiss&eacute; choir et le rangement des chaussettes et celui du petit-d&eacute;jeuner<br \/>\npour courir &agrave; son ordi). Morph&eacute;ophobe ces jours l&agrave; pourra n&eacute;anmoins tenter sa<br \/>\nchance au petit matin car comme elle dit, un billet &eacute;crit pour ton blog, so<br \/>\nwhat&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEn<br \/>\ntout cas, ce week-end, la coalition non Muse-Z&eacute;bulon a &eacute;t&eacute; &agrave; son plus haut niveau<br \/>\nde mobilisation. Apr&egrave;s un jeudi fructueux, qui m&#39;a donc mis &agrave; peu pr&egrave;s dans le<br \/>\nm&ecirc;me &eacute;tat que si j&#39;avais aval&eacute; une tablette de prozac et que l&#39;on avait d&eacute;cid&eacute;<br \/>\nde me payer &agrave; &eacute;crire chez moi, le vendredi a &eacute;t&eacute; poussif, laborieux, la non<br \/>\nmuse ne cessant de me r&eacute;p&eacute;ter en boucle une question stupide, 359 romans &agrave; la<br \/>\nrentr&eacute;e litt&eacute;raire de cette ann&eacute;e, &ccedil;a fait &agrave; peine 12 de plus que les burkas<br \/>\nqui se comptent 367, tu crois que &ccedil;a a un rapport&nbsp;? De toute fa&ccedil;on, le<br \/>\nZ&eacute;bulon a choisi d&#39;avorter sa sieste, dont il s&#39;est r&eacute;veill&eacute; d&#39;une humeur de<br \/>\nchiot pittbull, ce qui a fait que c&#39;est une m&egrave;re pittbull et son petit qui sont<br \/>\npartis retrouver au square une amie qui elle, toute ch&ocirc;meuse qu&#39;elle soit,<br \/>\narborait le m&ecirc;me sourire d&#39;insouciante l&eacute;g&egrave;ret&eacute; que sa fille &acirc;g&eacute;e de deux &eacute;t&eacute;s.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nSamedi,<br \/>\nrebelotte, Z&eacute;bulon a m&ecirc;me carr&eacute;ment refus&eacute; de faire la sieste, du jamais<br \/>\nvu,&nbsp;je l&#39;ai ressorti de son lit avec l&#39;&acirc;me d&#39;une infanticide. Je me suis<br \/>\nreprise en me rappelant que c&#39;&eacute;tait samedi, jour de repos, du moins chez les<br \/>\nprivil&eacute;gi&eacute;s qui ne font pas partie d&#39;une zone touristique dans un rayon de 150<br \/>\nkilom&egrave;tres, et je suis pass&eacute;e &agrave; autre chose en me disant, il me reste samedi<br \/>\nsoir, vu que, en tant que petite famille, nous allons rester guincher entre<br \/>\nnous. Sauf qu&#39;exit le samedi soir, &eacute;tant donn&eacute; que le Z&eacute;bulon, forc&eacute;ment crev&eacute;,<br \/>\na piqu&eacute; un roupillon dans sa poussette entre les deux portes du p&eacute;rif<br \/>\nparcourues &agrave; pied (un montreuil-bagnolet pour admirer le petit atelier d&#39;une<br \/>\namie artiste et vivant de son art, elle), ce qui fait que le soir, il p&eacute;tait le<br \/>\nfeu comme de juste et j&#39;ai senti les mots partir de moi comme le sang d&#39;un<br \/>\npoignard&eacute; &agrave; la sortie de bal du samedi soir. A 23 H 00, la non muse n&#39;a m&ecirc;me<br \/>\npas eu besoin de s&#39;interposer entre l&#39;ordinateur et moi, j&#39;&eacute;tais sous les draps<br \/>\navec <em>L&#39;ombre du vent<\/em>, que j&#39;ai lu avec un plaisir doublement coupable<br \/>\n(je n&#39;&eacute;crivais pas et ce livre n&#39;&eacute;tait tout de m&ecirc;me pas bien fameux).&nbsp;&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nQuant<br \/>\nau dimanche&#8230; malgr&eacute; un r&eacute;veil matinal par ses vieux d&eacute;sireux d&#39;avoir la paix<br \/>\napr&egrave;s le d&eacute;jeuner, et une grosse heure de piscine, Z&eacute;bulon a encore refus&eacute; de<br \/>\nse coucher, ayant sans doute pass&eacute; un pacte avec la non muse qui a d&ucirc; lui<br \/>\npromettre un garage entier de petites voitures. Quand enfin il a bien voulu<br \/>\naller dormir en compagnie de son p&egrave;re, c&#39;est la grande Simone, chez qui<br \/>\nnous d&eacute;jeunions, qui a pris le relais&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nAlors Mimi, quoi<br \/>\nde neuf au Syndicat du crime &egrave;s&#8230;&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\n&#8230; (moi, le nez<br \/>\nsur l&#39;ordinateur)<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nY a du nouveau<br \/>\navec Mitrand&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\n&#8230; (moi au bord<br \/>\nd&#39;exploser)<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br \/>\nMimi, je t&#39;ai racont&eacute;<br \/>\ntous mes d&eacute;boires avec le Mouvement des Vieilles Femmes Retrait&eacute;es&nbsp;? Mimi&#8230;<br \/>\ntu m&#39;&eacute;coutes&nbsp;? Tu ne viens tout de m&ecirc;me pas chez moi <em>que<\/em> pour manger&nbsp;?!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nVaincue,<br \/>\nj&#39;ai referm&eacute; l&#39;ordinateur. De toute fa&ccedil;on, je n&#39;avais rien &agrave; dire et la grande Simone serait<br \/>\ntoujours la plus forte. Mon week-end avait &eacute;t&eacute; du point de vue litt&eacute;raire archi<br \/>\nrat&eacute;, et j&#39;envisageais la semaine &agrave; venir avec &agrave; peu pr&egrave;s le m&ecirc;me enthousiasme<br \/>\nque le 25<sup>&egrave;me<\/sup> salari&eacute; de France T&eacute;l&eacute;com envisageant son prochain<br \/>\nsuicide.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nNancy<br \/>\nHuston, dans son essai, <em>L&#39;esp&egrave;ce<br \/>\naffabulatrice<\/em> o&ugrave; elle d&eacute;montre que tout, absolument tout dans notre vie<br \/>\nd&#39;&ecirc;tre humain est fiction, d&eacute;marre son livre sur une question que lui a pos&eacute;<br \/>\nune d&eacute;tenue participant &agrave; un atelier d&#39;&eacute;criture anim&eacute;e par ses soins. Quand on<br \/>\nvoit la vie r&eacute;elle, &agrave; quoi bon en faire des romans&nbsp;? Elle est tent&eacute;e de<br \/>\nlui r&eacute;pondre, pour donner forme au chaos, mais trouve cette r&eacute;ponse par trop<br \/>\nplate, trop paresseuse. Alors elle se lance dans un essai d&#39;une centaine de<br \/>\npages pour expliquer &agrave; cette femme en quoi la fiction est n&eacute;cessaire &agrave; la vie,<br \/>\nqui, on le sait, la d&eacute;passe pourtant. Eh bien, pour ma part, ma petite part &agrave;<br \/>\nmoi, mon int&eacute;rieur personnel et bord&eacute;lique, je r&eacute;pondrai &agrave; cette femme, eh bien<br \/>\nmoi, c&#39;est vraiment pour donner forme &agrave; ce qui n&#39;en a pas, comprenez, en faire<br \/>\ndu sens et en faire du beau. Il n&#39;y a qu&#39;&agrave; voir mon l&#39;&eacute;tat de mon int&eacute;rieur &agrave;<br \/>\nmoi les jours o&ugrave; l&#39;&eacute;criture-aspirateur n&#39;est pas pass&eacute;e&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les affreux affres de la cr&eacute;ation contrari&eacute;e. Toujours et encore. Moi versus l&#39;infernale coalition non muse et Z&eacute;bulon, avec cette diff&eacute;rence que l&#39;un des deux est mon &laquo;&nbsp;&ecirc;tre le plus pr&eacute;cieux au monde&nbsp;&raquo; pour reprendre l&#39;expression du roi bourdon des assistantes maternelles (l&#39;unique m&acirc;le du relais petite Enfance), et que l&#39;autre est &laquo;&nbsp;mon &ecirc;tre le &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=217\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/217"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=217"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/217\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}