{"id":230,"date":"2009-11-05T12:04:41","date_gmt":"2009-11-05T12:04:41","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=230"},"modified":"2009-11-05T21:54:46","modified_gmt":"2009-11-05T21:54:46","slug":"Rachel, mort d'une pacifiste","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=230","title":{"rendered":"Rachel, mort d&rsquo;une pacifiste"},"content":{"rendered":"<p><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\nNormal\n0\n21\nfalse\nfalse\nfalse\nFR\nX-NONE\nX-NONE\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><br \/>\n<!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n\/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-priority:99;\nmso-style-qformat:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:11.0pt;\nfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\nmso-ascii-font-family:Calibri;\nmso-ascii-theme-font:minor-latin;\nmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\nmso-hansi-font-family:Calibri;\nmso-hansi-theme-font:minor-latin;\nmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><\/p>\n<p>\nAvec un Z&eacute;bulon &agrave; demeure, on va<br \/>\npeu au cin&eacute;ma, on trie ses films sur le volet, on se ferait presque des n&oelig;uds<br \/>\nquand une fois l&#39;an, on doit en choisir un, sans se tromper&#8230; et de fait, on attend plus souvent<br \/>\nle DVD qu&#39;on ne se rend dans une salle obscure.\n<\/p>\n<p>\nMais apr&egrave;s avoir entendu mercredi<br \/>\n28 octobre au soir, sur France inter, la douce et opini&acirc;tre Simone Bitton invit&eacute;e<br \/>\nde <em>l&#39;Humeur vagabonde<\/em> de Kathleen<br \/>\nEvin parler de son dernier film <em>Rachel<\/em>,<br \/>\ndont l&#39;affiche au fronton du cin&eacute;ma Le M&eacute;li&egrave;s, une silhouette fa&ccedil;on cartoon<br \/>\nhabill&eacute;e d&#39;orange et de bleu, dress&eacute;e devant la pelle &eacute;norme d&#39;un bulldozer, me<br \/>\nsautait &agrave; la figure chaque matin de cette semaine &agrave; la sortie de l&#39;escalator<br \/>\navant que je ne plonge dans le m&eacute;tro, j&#39;ai d&eacute;cid&eacute; que je ne raterai pas ce film,<br \/>\nqui n&#39;allait, qui plus est, passer que tr&egrave;s peu de temps en salle.\n<\/p>\n<p>\nAvec un frisson semblable &agrave; celui<br \/>\nqui parcourt l&#39;&eacute;chine de l&#39;&eacute;colier buissonnier, j&#39;ai ainsi abandonn&eacute; vendredi<br \/>\nsoir le Z&eacute;bu &agrave; ses petites voitures et &agrave; son p&egrave;re, pour filer au M&eacute;li&egrave;s &agrave; la<br \/>\ns&eacute;ance de 19H00 et j&#39;ai plong&eacute; dans ce documentaire r&eacute;alis&eacute; en forme d&#39;enqu&ecirc;te mais<br \/>\naussi de t&eacute;moignage &agrave; l&#39;endroit de Rachel et de ses amis militants.\n<\/p>\n<p><!-- more --><br \/>\n<!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\nNormal\n0\n21\nfalse\nfalse\nfalse\nFR\nX-NONE\nX-NONE\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><br \/>\n<!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n\/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-priority:99;\nmso-style-qformat:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:11.0pt;\nfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\nmso-ascii-font-family:Calibri;\nmso-ascii-theme-font:minor-latin;\nmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\nmso-hansi-font-family:Calibri;\nmso-hansi-theme-font:minor-latin;\nmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><\/p>\n<p>\nRachel est en effet l&#39;histoire<br \/>\nd&#39;une jeune pacifiste am&eacute;ricaine de 23 ans, Rachel Corrie, qui est morte le 16<br \/>\nmars 2003 &eacute;cras&eacute;e par un bulldozer isra&eacute;lien &agrave; Gaza alors qu&#39;elle d&eacute;fendait<br \/>\navec d&#39;autres militants la maison de la famille palestinienne qui les<br \/>\nh&eacute;bergeait.\n<\/p>\n<p>\nSimone Bitton, qui a d&eacute;j&agrave; &agrave; son<br \/>\nactif bien des films sur le sujet (dont un portrait de Mahmoud Darwich et un<br \/>\ndocumentaire sur la construction du mur en Isra&euml;l), s&#39;est ainsi rendue sur<br \/>\nplace et a men&eacute; l&#39;enqu&ecirc;te sur les circonstances de la mort de la jeune fille,<br \/>\nmort -on le pr&eacute;cise &agrave; peine- qualifi&eacute;e de regrettable &laquo;&nbsp;incident&nbsp;&raquo;<br \/>\npar l&#39;arm&eacute;e isra&eacute;lienne qui a conclu &agrave; une dommageable imprudence de la part d&#39;une<br \/>\nvictime forc&eacute;ment d&#39;une inconscience &eacute;chevel&eacute;e puisque militante pacifiste.\n<\/p>\n<p>\nAffaire class&eacute;e donc sans suite par<br \/>\nla grande arm&eacute;e d&eacute;mocratique du coin&#8230; mais pas par Simone Bitton qui va<br \/>\nrencontrer un &agrave; un tous les protagonistes du drame. Jeunes militants pacifistes<br \/>\n&eacute;trangers refusant de voir les droits de l&#39;homme bafou&eacute;s, jeunes militants<br \/>\npacifistes isra&eacute;liens qui refusent de vivre bras crois&eacute;s dans un Etat aux<br \/>\nrelents de plus en plus assum&eacute;s de puissance coloniale, en bref, internationale<br \/>\nd&#39;une jeunesse id&eacute;aliste mais dot&eacute;e d&#39;une force tranquille impressionnante,<br \/>\navec en miroir cette autre jeunesse, celle des soldats de Tsahal dont l&#39;un<br \/>\nd&#39;entre eux, dos &agrave; la cam&eacute;ra, confessera avoir tu&eacute; beaucoup de gens, dont des<br \/>\ninnocents, tels &laquo;&nbsp;cette femme et son enfant&nbsp;&raquo;, comme d&#39;avoir re&ccedil;u<br \/>\npour ordre de tirer r&eacute;guli&egrave;rement sur les fa&ccedil;ades des habitations<br \/>\npalestiniennes, sans autre raison que celle d&#39;entretenir la peur, et la<br \/>\nsoumission &agrave; l&#39;autorit&eacute; du colon, et qui aimait aussi s&#39;adonner &agrave; ce jeu subtil<br \/>\ndit de l&#39;artichaut o&ugrave; l&#39;on canarde all&egrave;grement les citernes palestiniennes d&#39;eau<br \/>\npotable, pr&eacute;cieuses r&eacute;serves d&#39;eau s&#39;&eacute;vanouissant alors en geyser dans l&#39;air<br \/>\nchaud de la nuit&#8230;\n<\/p>\n<p>\nRencontre aussi avec des<br \/>\nautorit&eacute;s militaires, notamment cette commandante isra&eacute;lienne expliquant que<br \/>\nvraisemblablement, en d&eacute;pit de ce qu&#39;affirment les militants pacifistes t&eacute;moins<br \/>\ndu crime, la jeune fille s&#39;&eacute;tait cach&eacute;e derri&egrave;re le tas de terre qu&#39;avait<br \/>\npellet&eacute; le bulldozer et qu&#39;elle est morte ensevelie sous ce dernier.\n<\/p>\n<p>\nQuant &agrave; celui qui a men&eacute;<br \/>\nl&#39;enqu&ecirc;te &laquo;&nbsp;ind&eacute;pendante&nbsp;&raquo;, il explique que l&#39;arm&eacute;e, en cas<br \/>\n&laquo;&nbsp;d&#39;incident&nbsp;&raquo;, d&eacute;briefe aussit&ocirc;t les fauteurs de trouble, en leur<br \/>\ndisant que quoiqu&#39;ils aient fait, il ne leur arrivera rien&#8230; Cet enqu&ecirc;teur admet<br \/>\nd&#39;ailleurs &ecirc;tre arriv&eacute; sur des lieux d&#39;un drame pour n&#39;y trouver ni cadavre ni<br \/>\ninstrument du crime ni aucune trace d&#39;aucune sorte, tout ayant &eacute;t&eacute; enlev&eacute; ou<br \/>\neffac&eacute; de suite apr&egrave;s &laquo;&nbsp;l&#39;incident&nbsp;&raquo;, et qu&#39;il a &eacute;t&eacute; amen&eacute;, apr&egrave;s<br \/>\navoir vaguement essay&eacute; de joindre et d&#39;entendre les t&eacute;moins, &agrave; conclure lui aussi<br \/>\n&agrave; un malheureux accident.\n<\/p>\n<p>\nAinsi, petit &agrave; petit, le cadre du<br \/>\ndrame se dessine, des premi&egrave;res impressions de Rachel &eacute;crites dans son journal<br \/>\nde voyage ou dans des lettres &agrave; sa famille, lus par ses amis, aux diagnostics<br \/>\nport&eacute;s par des autorit&eacute;s militaires quant &agrave; l&#39;origine du drame et son contexte<br \/>\no&ugrave; l&#39;on voit agir une arm&eacute;e qui a &eacute;vacu&eacute; toute conscience de ce qu&#39;elle fait, &agrave;<br \/>\nsavoir qu&#39;elle s&#39;en prend non pas &agrave; une autre arm&eacute;e mais &agrave; une population<br \/>\ncivile qu&#39;elle emp&ecirc;che tout simplement de vivre, qu&#39;il s&#39;agisse de la<br \/>\ndestruction de ses maisons, de ses champs, voire, carr&eacute;ment, de ses vies<br \/>\nhumaines.\n<\/p>\n<p>\nEt on arrive peu &agrave; peu &agrave; cette<br \/>\njourn&eacute;e fatidique o&ugrave; Rachel a perdu la vie.\n<\/p>\n<p>\nCe jour l&agrave;, les jeunes militants<br \/>\npacifistes jouent toute la journ&eacute;e au chat et &agrave; la souris avec les bulldozers<br \/>\nde l&#39;arm&eacute;e, dont l&#39;objectif est de raser les champs d&#39;une demeure palestinienne,<br \/>\nvoire de d&eacute;truire carr&eacute;ment cette derni&egrave;re. Vers la fin de la journ&eacute;e, Rachel se<br \/>\nretrouve seule dans un coin du champ, les autres militants se reposant sur un<br \/>\nmur surplombant la sc&egrave;ne. C&#39;est alors qu&#39;un bulldozer met le<br \/>\ncap dans sa direction, arrivant de suffisamment loin pour pouvoir la distinguer.<br \/>\nLorsqu&#39;il est tout pr&egrave;s d&#39;elle, Rachel s&#39;assoit par terre pour l&#39;emp&ecirc;cher de continuer<br \/>\nainsi que les militants ont coutume de le faire (et l&#39;avaient d&#39;ailleurs fait<br \/>\ntoute la journ&eacute;e).\n<\/p>\n<p>\nPass&eacute; un court moment d&#39;h&eacute;sitation,<br \/>\nle bulldozer reprend alors son avanc&eacute;e, Rachel veut se lever, elle tr&eacute;buche, et<br \/>\n&#8211; le jeune militant, qui raconte ce dont il a &eacute;t&eacute; t&eacute;moin, visiblement &eacute;mu, a du<br \/>\nmal &agrave; trouver ses mots-, elle tombe, puis se rel&egrave;ve, et retombe encore, avec une<br \/>\nexpression de d&eacute;sespoir sur le visage, le temps que, quelque secondes, la<br \/>\nlourde pelle du bulldozer ne s&#39;abatte sur elle. Le bulldozer ensuite aurait<br \/>\nroul&eacute; sur Rachel et le tas de terre, puis recul&eacute;, avant que de faire demi-tour<br \/>\net repartir &agrave; l&#39;extr&eacute;mit&eacute; du champ. Le conducteur pr&eacute;tendra par la suite qu&#39;il<br \/>\nn&#39;avait pas vu la jeune militante, ce qui, au vu du d&eacute;roulement des faits,<br \/>\n&eacute;tait impossible.\n<\/p>\n<p>\nIl y a ensuite cette photo terrible<br \/>\nprise par celui qui raconte, trois jeunes militants entourant Rachel qui saigne<br \/>\nde la t&ecirc;te &agrave; terre, dont son amie Alice qui la soutient et &agrave; qui elle a juste<br \/>\nle temps de dire, je crois que je suis bless&eacute;e au dos, avant que de mourir dans<br \/>\nles secondes qui suivent. Le film qu&#39;a fait l&#39;arm&eacute;e isra&eacute;lienne de cette<br \/>\nop&eacute;ration (elle semble en effet avoir coutume de filmer chacune de ses<br \/>\ninterventions), a &eacute;t&eacute; opportun&eacute;ment coup&eacute; au moment de la mort de Rachel, cela se<br \/>\nvoit dans le montage. Il manquera donc &agrave; jamais les quinze minutes fatidiques<br \/>\nqui ont vu basculer la vie de la jeune fille&#8230; et qui auraient permis<br \/>\nd&#39;accuser sans doute possible l&#39;arm&eacute;e isra&eacute;lienne de meurtre (mais est-ce que<br \/>\ncela aurait chang&eacute; en d&eacute;finitive quelque chose&nbsp;?).\n<\/p>\n<p>\nRachel est ensuite emmen&eacute;e &agrave; l&#39;h&ocirc;pital,<br \/>\naccompagn&eacute;e notamment par son amie Alice, qui assiste aux soins mortuaires<br \/>\ndonn&eacute;s &agrave; celle-ci par le m&eacute;decin palestinien qui ne peut que constater le d&eacute;c&egrave;s.<br \/>\nAlice explique qu&#39;ils ont d&ucirc; se d&eacute;p&ecirc;cher afin de laisser la place &agrave; un autre<br \/>\nmort qui arrivait, un type, travailleur handicap&eacute;, qui fumait devant sa porte<br \/>\net qui avait &eacute;t&eacute; pris pour cible par un sniper, et dont aucun media n&#39;a parl&eacute;<br \/>\nce jour l&agrave;. Personne ne ferait de film sur lui, c&#39;est &ccedil;a que tu veux<br \/>\ndire&nbsp;? demande Simone Bitton d&#39;un ton presque ironique. Non, personne ne<br \/>\nferait de film sur lui, constate avec tristesse Alice, militante amie de Rachel<br \/>\nque Simone Bitton interviewe r&eacute;guli&egrave;rement tout du long du film et qui est<br \/>\nimpressionnante de calme et de r&eacute;flexion.\n<\/p>\n<p>\nLe corps de Rachel est ensuite<br \/>\nemmen&eacute; &agrave; Tel Aviv par une ambulance isra&eacute;lienne en compagnie de Mike, le<br \/>\nmilitant qui a racont&eacute; &agrave; Simone Bitton la sc&egrave;ne du meurtre, tandis qu&#39;Alice et<br \/>\nun autre jeune homme emportant les affaires de Rachel mettront un jour et demi<br \/>\npour gagner Tel Aviv en stop. Mike que l&#39;ambulance larguera sans aucune autre<br \/>\nforme de proc&egrave;s devant le centre m&eacute;dico-l&eacute;gal o&ugrave; un m&eacute;decin isra&eacute;lien<br \/>\npratiquera une autopsie, infirmant celle de son confr&egrave;re palestinien (qui, lui, avait<br \/>\nnot&eacute; de nombreuses fractures et contusions), puisqu&#39;il conclura pour sa part que<br \/>\nla jeune fille est morte par asphyxie et non &eacute;crasement.\n<\/p>\n<p>\nMalgr&eacute; cette mort atroce, on pleure<br \/>\npeu finalement dans ce film. Il n&#39;y a aucun pathos, de l&#39;&eacute;motion certainement, mais<br \/>\nm&ecirc;me pas forc&eacute;ment tragique. Bien plut&ocirc;t de celle qui sourd d&#39;un vibrant hommage<br \/>\nrendu &agrave; une jeune fille courageuse et de grande valeur. On se sent n&eacute;anmoins<br \/>\npris &agrave; la gorge quand ses amis lisent ses mails, et ses notes, o&ugrave; avec clart&eacute;<br \/>\net simplicit&eacute; elle &eacute;crit ses impressions de Palestine, o&ugrave; elle d&eacute;clare qu&#39;elle<br \/>\nne s&#39;attendait pas &agrave; un tel degr&eacute; de cruaut&eacute; dans le traitement exerc&eacute; par des<br \/>\n&ecirc;tres humains sur d&#39;autres humains, mais aussi &agrave; un tel degr&eacute; de dignit&eacute; et de vie<br \/>\nchez les oppress&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\nEt quand sa m&egrave;re, puis son p&egrave;re,<br \/>\nlise un extrait de lettre puis d&#39;un mail o&ugrave; Rachel salue son &laquo;&nbsp;petit<br \/>\npapa&nbsp;&raquo; (de Dieu on pense &agrave; la lettre de Guy Mocquet&nbsp;!) &agrave; qui elle<br \/>\nexplique qu&#39;elle ne les rejoindra pas en vacances en France car elle s&#39;en<br \/>\nvoudrait trop de quitter cette r&eacute;alit&eacute; dans laquelle elle s&#39;est plong&eacute;e avec<br \/>\nces gens qu&#39;elle soutient le peu qu&#39;elle puisse, et<br \/>\nque les deux parents fixent ensuite la cam&eacute;ra sans une larme, juste avec cet<br \/>\nair infiniment triste qui semble dire, oui, en v&eacute;rit&eacute;, notre fille &eacute;tait ainsi,<br \/>\non a terriblement envie que tout ceci ne soit pas vrai et que Rachel soit<br \/>\ntoujours en vie. Qu&#39;elle soit encore l&agrave; et qu&#39;elle continue cette vie si juste<br \/>\nqu&#39;elle avait commenc&eacute; &agrave; vivre.\n<\/p>\n<p>\nRachel Corrie. Une fille, blonde et tranquille, qui vivait dans une ville paum&eacute;e des Etats-Unis, Olympia, qui<br \/>\nsuivait un cours sur le d&eacute;veloppement local, qui se demandait comment les gens<br \/>\nvivaient ailleurs, qui d&eacute;cida alors d&#39;aller &eacute;tudier les droits de l&#39;homme sur le<br \/>\nterrain, et qui choisit ainsi de se rendre &agrave; Gaza contre l&#39;avis de sa<br \/>\nprofesseur qui trouvait que ce serait trop dur, mais qui choisit justement d&#39;y<br \/>\naller parce que ce sera tr&egrave;s dur. Jeune fille, au d&eacute;part plus observatrice que militante, qui disait<br \/>\njuste vouloir combattre l&#39;injustice, en t&eacute;moignant par exemple de ce que subissaient<br \/>\nses amis palestiniens, et qui en m&ecirc;me temps disait aimer la vie, aller danser,<br \/>\nsortir avec des gar&ccedil;ons. Jeune fille qui &eacute;crivait aussi, quelques jours avant<br \/>\nsa mort, que ce voyage &eacute;tait la meilleure chose qu&#39;elle n&#39;ait jamais faite de<br \/>\nsa vie&#8230;\n<\/p>\n<p>\nSi ce film est avant tout un t&eacute;moignage<br \/>\nsur l&#39;engagement d&#39;une jeunesse id&eacute;aliste mais lucide film&eacute;e par une Simone<br \/>\nBitton, militante de 20 ans devenue quinquag&eacute;naire mais toujours engag&eacute;e, il est<br \/>\naussi le portrait de la d&eacute;shumanisation d&#39;une soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne &agrave; tous les<br \/>\nniveaux, ce qui semble finalement assez ins&eacute;parable de toute entreprise de<br \/>\ncolonisation, quel que soit les arguments invoqu&eacute;s pour la justifier. Une<br \/>\nd&eacute;shumanisation que l&#39;on voit &agrave; l&#39;&oelig;uvre tout du long du film, qu&#39;il s&#39;agisse du<br \/>\nsoldat qui a volontairement &eacute;cras&eacute; Rachel, de l&#39;ambulancier extr&ecirc;mement<br \/>\nd&eacute;sagr&eacute;able avec le jeune homme accompagnant ce qui &eacute;tait tout de m&ecirc;me le corps<br \/>\nd&#39;une jeune femme amie, de cet institut m&eacute;dico-l&eacute;gal qui laisse ensuite le<br \/>\njeune homme seul et sans le sous dans une ville inconnue, de ce soldat encore qui<br \/>\ndit &ecirc;tre tr&egrave;s gentil dans la vie, ne pas comprendre ce qu&#39;il a bien pu lui<br \/>\npasser par la t&ecirc;te durant son service militaire pour avoir tu&eacute; des innocents ou<br \/>\nd&eacute;truire leurs r&eacute;serves d&#39;eau potable, gratuitement, mais qui admet aussi que<br \/>\nsi c&#39;&eacute;tait &agrave; refaire, sans doute il le referait. De tous ces commandants enfin<br \/>\nqui se satisfont du d&eacute;c&egrave;s pour le moins &eacute;trange d&#39;une jeune fille tomb&eacute;e raide morte<br \/>\ndevant un bulldozer sans que celui-ci ne l&#39;ai touch&eacute;e&#8230;\n<\/p>\n<p>\nLa conclusion est &agrave; laisser &agrave; ce jeune<br \/>\nmilitant isra&eacute;lien pacifiste qui a accueilli &agrave; Tel Aviv dans un squat collectif<br \/>\nles amis traumatis&eacute;s de Rachel. De m&ecirc;me, dit-il, que les insurg&eacute;s du ghetto de<br \/>\nVarsovie combattaient sans espoir, leur combat &agrave; eux est sans doute<br \/>\nperdu d&#39;avance&#8230; mais le d&eacute;sespoir n&#39;est cependant pas de mise puisque l&agrave; o&ugrave; il<br \/>\ny a lutte, il y a vie. Ce qui demeure en d&eacute;finitive le moteur en toute chose.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec un Z&eacute;bulon &agrave; demeure, on va peu au cin&eacute;ma, on trie ses films sur le volet, on se ferait presque des n&oelig;uds quand une fois l&#39;an, on doit en choisir un, sans se tromper&#8230; et de fait, on attend plus souvent le DVD qu&#39;on ne se rend dans une salle obscure. Mais apr&egrave;s avoir &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=230\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/230"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=230"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/230\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=230"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=230"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=230"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}