{"id":237,"date":"2009-12-01T22:08:08","date_gmt":"2009-12-01T22:08:08","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=237"},"modified":"2009-12-01T22:14:41","modified_gmt":"2009-12-01T22:14:41","slug":"Les fausses images","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=237","title":{"rendered":"Les fausses images"},"content":{"rendered":"<p><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\nNormal\n0\n21\nfalse\nfalse\nfalse\nFR\nX-NONE\nX-NONE\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><br \/>\n<!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n\/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-priority:99;\nmso-style-qformat:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:11.0pt;\nfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\nmso-ascii-font-family:Calibri;\nmso-ascii-theme-font:minor-latin;\nmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\nmso-hansi-font-family:Calibri;\nmso-hansi-theme-font:minor-latin;\nmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><\/p>\n<p>\nJe ne sais pas vous mais je suis<br \/>\nr&eacute;guli&egrave;rement l&#39;objet du ph&eacute;nom&egrave;ne des fausses images. Je m&#39;explique.\n<\/p>\n<p>\nVous<br \/>\nentendez quelqu&#39;un &agrave; la radio, une femme par exemple, elle a une voix<br \/>\nenfantine, elle parle avec douceur, vous commencez &agrave; broder sur l&#39;image d&#39;une<br \/>\npetite bonne femme haute comme trois pommes, toute fluette, avec des cheveux<br \/>\nd&#39;ange blond. A chaque fois que vous entendez sa voix, aussit&ocirc;t l&#39;image de<br \/>\ncette femme douce et blonde surgit &agrave; votre esprit. Vous finissez par associer<br \/>\ntotalement cette voix et cette image, au point que vous pensez r&eacute;ellement<br \/>\nqu&#39;elle est comme &ccedil;a, avec autant de certitude que si vous aviez vu une photo<br \/>\nd&#39;elle. Et puis un jour vous tombez <em>vraiment<\/em><br \/>\nsur sa photo.\n<\/p>\n<p>\nC&#39;est une grosse dame brune habill&eacute;e<br \/>\nen tailleur d&#39;homme avec des lunettes tr&egrave;s s&eacute;rieuses qui fixe d&#39;un air s&eacute;v&egrave;re<br \/>\nl&#39;objectif.\n<\/p>\n<p>\nVous vous sentez d&eacute;sagr&eacute;ablement<br \/>\nd&eacute;&ccedil;ue, tromp&eacute;e, c&#39;est vrai, mais cette d&eacute;couverte a cependant quelque chose de<br \/>\nsi surprenant que cela vous fait un peu comme si on vous avait fait une bonne blague.<br \/>\n&nbsp;&nbsp;&nbsp;\n<\/p>\n<p><!-- more --><br \/>\n<!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\nNormal\n0\n21\nfalse\nfalse\nfalse\nFR\nX-NONE\nX-NONE\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n<\/xml><![endif]--><br \/>\n<!--[if gte mso 10]>\n\n\n<style>\n\/* Style Definitions *\/\ntable.MsoNormalTable\n{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\nmso-tstyle-rowband-size:0;\nmso-tstyle-colband-size:0;\nmso-style-noshow:yes;\nmso-style-priority:99;\nmso-style-qformat:yes;\nmso-style-parent:\"\";\nmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\nmso-para-margin:0cm;\nmso-para-margin-bottom:.0001pt;\nmso-pagination:widow-orphan;\nfont-size:11.0pt;\nfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\nmso-ascii-font-family:Calibri;\nmso-ascii-theme-font:minor-latin;\nmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\nmso-hansi-font-family:Calibri;\nmso-hansi-theme-font:minor-latin;\nmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\nmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><\/p>\n<p>\nDans un autre genre encore. Vous<br \/>\nvoyez une vieille dame l&#39;air pas commode dans une rue du septi&egrave;me &agrave; Paris avec &agrave;<br \/>\nson bras, une jeune femme de couleur, genre indienne. Vous vous dites en un<br \/>\n&eacute;clair, ah c&#39;est sans doute une vieille bourgeoise aussi ronchon qu&#39;exploiteuse<br \/>\nqui a pris une pauvre fille du tiers monde pour s&#39;occuper d&#39;elle. Vous passez<br \/>\ndevant elles et vous entendez la jeune fille dire &agrave; la vieille dame, mamie, tu<br \/>\nas l&#39;air fatigu&eacute;, tu veux qu&#39;on s&#39;assoit un peu dans un caf&eacute; avant qu&#39;on reprenne<br \/>\nle m&eacute;tro&nbsp;? Vous comprenez alors que cette jeune fille est sa petite-fille,<br \/>\nsans doute adopt&eacute;e, et qu&#39;elles ne sont qui plus est que de passage dans ce<br \/>\nquartier, peut &ecirc;tre ont-elles &eacute;t&eacute; visiter le mus&eacute;e d&#39;Orsay puisque maintenant,<br \/>\nvous vius rendez compte que la jeune fille tient&nbsp; &agrave; la<br \/>\nmain un sac en plastique &agrave; l&#39;effigie de ce mus&eacute;e.\n<\/p>\n<p>\nL&agrave; aussi, il y a quelque chose de<br \/>\nl&#39;ordre de la blague, de l&#39;effet de surprise, mais sans la d&eacute;ception de la<br \/>\npetite voix enferm&eacute;e dans un corps tirant sur l&#39;hommasse. On peut m&ecirc;me se dire <em>in peto<\/em>, ah comme je suis, je tombe de<br \/>\nsuite dans le pr&eacute;jug&eacute;.\n<\/p>\n<p>\nAutre exemple de fausse image.<br \/>\nVous &ecirc;tes dans le m&eacute;tro, et, malgr&eacute; qu&#39;ils soient parfaitement non assortis, vous<br \/>\ncroyez que cet homme et cette femme devant vous sont en couple, juste parce<br \/>\nqu&#39;en montant, vous avez cru les entendre &eacute;changer une remarque, ou un sourire,<br \/>\nou n&#39;importe quoi de suffisamment plausible mais furtif qui fait que, m&ecirc;me si<br \/>\nlui arbore une barbe paillasson, sent la bi&egrave;re et porte une vieille serviette<br \/>\nen cuir, et qu&#39;elle, est poudr&eacute;e, impeccablement cintr&eacute;e dans un imper chic, un<br \/>\nmagazine en papier glac&eacute; sous le bras, votre esprit les a associ&eacute;s en se disant,<br \/>\npourquoi pas apr&egrave;s tout, &ccedil;a doit &ecirc;tre un genre artiste, intello pas propre sur<br \/>\nlui, et elle, une belle femme bien comme il faut qui l&#39;aime rien que pour son<br \/>\nesprit.\n<\/p>\n<p>\nC&#39;est quand le type commence &agrave;<br \/>\nd&eacute;clarer, bonjour, je me pr&eacute;sente, je m&#39;appelle Henri, j&#39;ai 42 ans, je sors de<br \/>\nprison et je voudrais bien etc, et que la femme file dans le m&ecirc;me temps<br \/>\ns&#39;asseoir sur un strapontin qui vient de se lib&eacute;rer, que vous comprenez que<br \/>\nvous avez fait une grossi&egrave;re erreur d&#39;interpr&eacute;tation&#8230; ou une belle &oelig;uvre<br \/>\nd&#39;imagination.\n<\/p>\n<p>\nCar voil&agrave; ce qui est commun &agrave;<br \/>\ntoutes ces fausses images, un point de d&eacute;part dans le r&eacute;el, et puis ensuite, l&#39;imagination.\n<\/p>\n<p>\nCertes, on pourrait dire dans le<br \/>\ncas de la vieille dame et de la jeune fille que les fausses images sont de<br \/>\nl&#39;ordre du pr&eacute;jug&eacute; plus que de l&#39;imaginaire. Vieille femme blanche dans le 7<sup>&egrave;me<\/sup>=vieille<br \/>\nbourge riche, jeune fille de couleur au bras de cette vieille dame=jeune fille<br \/>\nforc&eacute;ment exploit&eacute;e.\n<\/p>\n<p>\nN&eacute;anmoins, l&#39;exemple du m&eacute;tro<br \/>\nd&eacute;montre le contraire. Car contre tout pr&eacute;jug&eacute;, vous avez associ&eacute; un clodo avec<br \/>\nune bourgeoise, sur la base d&#39;une erreur d&#39;interpr&eacute;tation ou de compr&eacute;hension<br \/>\nde d&eacute;part. Malgr&eacute; que la r&eacute;alit&eacute; ne co&iuml;ncidait pas avec ce que vous en saviez<br \/>\n(une jolie femme chic ne sort pas avec une cloche), votre esprit a pr&eacute;f&eacute;r&eacute;<br \/>\nsuivre ce que votre observation semblait lui avoir d&eacute;livr&eacute; plut&ocirc;t que son<br \/>\npr&eacute;jug&eacute;, c&#39;est-&agrave;-dire sa connaissance par exp&eacute;rience de la r&eacute;alit&eacute;. Il s&#39;est<br \/>\nm&ecirc;me mis &agrave; broder une histoire plausible pour &ecirc;tre <em>qui plus est<\/em> confort&eacute; dans ce que l&#39;un de ses sens lui avait<br \/>\napport&eacute; comme information du r&eacute;el, et que ce r&eacute;el, eh bien fasse sens. Car il<br \/>\nlui fallait trouver une raison (homme n&eacute;glig&eacute;=artiste) pour accepter ce que sa<br \/>\nraison (et sa connaissance de la r&eacute;alit&eacute;) refusait. &nbsp;\n<\/p>\n<p>\nIl est en effet toujours tr&egrave;s<br \/>\nimportant pour l&#39;esprit que les choses vues et senties soient coh&eacute;rentes, et<br \/>\npr&eacute;sentent un sens plausible. C&#39;est sans doute pour cela que l&#39;effet de la<br \/>\ndrogue qui distord la r&eacute;alit&eacute; peut conduire &agrave; la folie. Trop de fausses images<br \/>\nsans avoir le temps de les d&eacute;crypter avec sa raison, et donc de leur donner un sens, et voil&agrave; l&#39;esprit qui perd vite<br \/>\npied&#8230;\n<\/p>\n<p>\nIl est int&eacute;ressant par ailleurs de<br \/>\nnoter que le pr&eacute;jug&eacute; a in&eacute;vitablement une connotation n&eacute;gative. Pourtant, certain<br \/>\nnombre de pr&eacute;jug&eacute;s se fondent d&#39;exp&eacute;rience de la r&eacute;alit&eacute; o&ugrave; certains faits et<br \/>\nsituations seront majoritairement plus vraisemblables que d&#39;autres. Il y a tout<br \/>\nde m&ecirc;me plus de probabilit&eacute; de tomber dans le quartier du septi&egrave;me sur une<br \/>\nvieille dame et sa bonne de couleur que sur une grand-m&egrave;re et sa petite-fille<br \/>\nadoptive en train de s&#39;en revenir d&#39;une visite du mus&eacute;e d&#39;Orsay.\n<\/p>\n<p>\nBon ceci dit, cela n&#39;excuse pas<br \/>\nque ce soient toujours les Noirs et les Arabes qui se fassent arr&ecirc;ter pour<br \/>\nmontrer leurs papiers au motif qu&#39;&eacute;tant de couleur, ils ont une plus forte probabilit&eacute;<br \/>\nd&#39;appartenir &agrave; une classe d&eacute;favoris&eacute;e (=car &eacute;trang&egrave;re et sans doute voleuse) ou<br \/>\nd&#39;appartenir &agrave; un courant migratoire clandestin (noir=pas fran&ccedil;ais=clandestin) que<br \/>\nces blancs de plus de 30 ans qui peuvent ainsi tranquillement sauter le<br \/>\nportillon du m&eacute;tro sans qu&#39;on leur cherche noise, occup&eacute;s comme on est &agrave;<br \/>\n&eacute;plucher les papiers des basan&eacute;s.\n<\/p>\n<p>\nPour en revenir &agrave; ce que<br \/>\nj&#39;appelle faute de trouver une autre expression, les fausses images, ce qui est<br \/>\ndr&ocirc;le, c&#39;est la rapidit&eacute; que met notre esprit &agrave; construire une histoire qui<br \/>\nfasse sens du r&eacute;el &agrave; partir d&#39;une image envoy&eacute;e par ses yeux (mais d&eacute;crypt&eacute; par<br \/>\nlui). Dans l&#39;exemple du m&eacute;tro, l&#39;esprit a aussit&ocirc;t commenc&eacute; de construire une<br \/>\nbelle histoire d&#39;amour entre une jolie bourgeoise et son artiste-intellectuel<br \/>\nn&eacute;glig&eacute;. Cela peut parfois aller jusqu&#39;&agrave; des constructions absurdes dignes de<br \/>\nces images sans queue ni t&ecirc;te qui vous assaillent quand vous commencez &agrave; vous<br \/>\nassoupir, constructions &eacute;rig&eacute;es en quelques secondes et qui s&#39;effondrent<br \/>\naussit&ocirc;t que la r&eacute;alit&eacute;, la vraie, a repris ses droits. Bonjour, je m&#39;appelle<br \/>\nHenri, j&#39;ai 42 ans, etc&#8230;\n<\/p>\n<p>\nIl y a parfois aussi la volont&eacute;<br \/>\nirr&eacute;pressible de donner une coh&eacute;rence &agrave; ce que ses yeux voient pour une<br \/>\nquestion presque de s&eacute;curit&eacute; mentale&#8230; Ainsi, il y a longtemps je portais le<br \/>\nZ&eacute;bulon en &eacute;charpe sur mon ventre, son corps et ses bras &eacute;taient enti&egrave;rement<br \/>\nrecouverts par l&#39;&eacute;charpe et mon manteau, seule sa t&ecirc;te &eacute;mergeait juste en<br \/>\ndessous de la mienne. Je me trouvais &agrave; la Poste et je me dirigeais vers la<br \/>\nsortie, quand j&#39;ai crois&eacute; le regard effar&eacute;, et m&ecirc;me presque horrifi&eacute; d&#39;une<br \/>\nfemme, qui la seconde d&#39;apr&egrave;s a &eacute;clat&eacute; de rire en me disant, je croyais que<br \/>\nvous aviez deux t&ecirc;tes&nbsp;! J&#39;ai eu une de ces peurs&nbsp;! Je ne comprenais<br \/>\npas ce que je voyais&nbsp;!\n<\/p>\n<p>\nDans ce genre de situation, qui<br \/>\ntient du dismorphisme, un signal d&#39;alerte aussit&ocirc;t tinte dans notre t&ecirc;te,<br \/>\nattention, il y a quelque chose de pas normal devant moi, et en m&ecirc;me temps que<br \/>\nla panique ou l&#39;effroi ou le d&eacute;go&ucirc;t ou&#8230; se l&egrave;ve en nous, l&#39;esprit p&eacute;dale &agrave;<br \/>\ntoute vitesse pour trouver une explication qui fasse sens. L&agrave; cette femme avait<br \/>\ntr&egrave;s rapidement r&eacute;alis&eacute; que son esprit avait mal interpr&eacute;t&eacute; ce que ses yeux<br \/>\nvoyaient. Mais, pour ma part, j&#39;aurais bien aim&eacute; savoir quelle histoire se<br \/>\nserait mise en place dans son esprit si j&#39;avais vraiment eu deux t&ecirc;tes&#8230;\n<\/p>\n<p>\nNancy Huston, dans son essai, <em>L&#39;esp&egrave;ce affabulatrice<\/em>, d&eacute;montre, entre<br \/>\nautre chose, que tout dans notre vie n&#39;est que construction fictive, et donc<br \/>\nfausses ou du moins, plus ou moins bonnes images parce que forc&eacute;ment,<br \/>\nfatalement, subjectives. De notre pr&eacute;nom (fiction donn&eacute;e par nos parents) &agrave;<br \/>\nnotre lieu de naissance (ville, pays, histoire organis&eacute;es autour de faits<br \/>\nport&eacute;s par des id&eacute;es, des images et des croyances), en passant par notre<br \/>\nreligion (je ne m&#39;&eacute;talerai pas sur ce qui l&agrave; me para&icirc;t vraiment de l&#39;ordre de<br \/>\nla fiction&#8230;), l&#39;emploi occup&eacute; (m&ecirc;me un travail manuel est objet de fiction<br \/>\npuisqu&#39;on le pense) ou m&ecirc;me ce que nous mangeons (nous nous racontons la<br \/>\nfiction d&#39;animaux qui certes souffrent quand on les tue pour les manger mais qu&#39;&eacute;tant<br \/>\nd&#39;une autre appartenance que la n&ocirc;tre, ce n&#39;est pas un mal, &agrave; moins que nous ne<br \/>\nles mangeons pas, car jugeons que leurs souffrances sans &ecirc;tre &eacute;gales aux<br \/>\nn&ocirc;tres, justifient que l&#39;on s&#39;abstienne de les consommer). Etc, etc&#8230;\n<\/p>\n<p>\nDangereux relativisme culturel&nbsp;vous<br \/>\n&eacute;crierez-vous &agrave; la mode Finkelcrotte? Disons qu&#39;&agrave; l&#39;instar de Claude Levi-Strauss<br \/>\n(que je n&#39;ai pas franchement lu), on peut dire que chaque culture ob&eacute;it &agrave; une<br \/>\nconstruction qui a sa logique, donc son intelligence propre, ce qui n&#39;emp&ecirc;che<br \/>\npas chacun de d&eacute;fendre des valeurs qui lui paraissent universelles (on ne doit<br \/>\npas clo&icirc;trer les femmes, tuer les criminels, frauder le fisc, toucher le ballon<br \/>\nde foot avec la main).\n<\/p>\n<p>\nQuant &agrave; la r&eacute;alit&eacute; qui d&eacute;passe la<br \/>\nfiction, tout ceci nous emm&egrave;ne bien loin des fausses images qui, elles, sont de<br \/>\nl&#39;ordre de la micro-fiction. Du travail presque physiologique de notre<br \/>\ncervelle, avec sa pinc&eacute;e d&#39;originalit&eacute; personnelle qui fait qu&#39;on se construira<br \/>\nsur un malentendu, une histoire diff&eacute;rente de celle de son voisin&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je ne sais pas vous mais je suis r&eacute;guli&egrave;rement l&#39;objet du ph&eacute;nom&egrave;ne des fausses images. Je m&#39;explique. 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