{"id":37,"date":"2006-08-01T18:06:36","date_gmt":"2006-08-01T18:06:36","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=37"},"modified":"2006-08-01T18:16:48","modified_gmt":"2006-08-01T18:16:48","slug":"L\u2019art de la patience made in India","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=37","title":{"rendered":"L\u2019art de la patience made in India"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Le bouddhisme, art de la patience et du d&eacute;passement de soi, est n&eacute; en Inde et croyez-moi, c&rsquo;est pas par hasard. Ce pays n&eacute;cessite beaucoup de patience et ses habitants (excusez la g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; mais c&rsquo;est du terrain &agrave; chaud) ont une notion de la patience &agrave; la fois classique et originale. <\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, ils peuvent attendre sans moufter sur une route de montagne, en plein soleil, enferm&eacute;s dans un autocar puant suant ou affal&eacute;s sur les bas c&ocirc;t&eacute;s, que les ouvriers pr&eacute;pos&eacute;s au regoudronnage d&rsquo;une route chaque hiver d&eacute;goudronn&eacute;e et chaque &eacute;t&eacute; regoudronn&eacute;e, en aient fini de regoudronner (mollement) la dite route. <\/p>\n<p align=\"justify\">Les ouvriers en question &eacute;tant originaires du Bihar, Etat d&rsquo;Inde le plus pauvre et le moins l&eacute;galiste qui soit, o&ugrave; les hautes classes massacrent encore parfois les basses ou bien alors les Musulmans (minoritaires), on peut penser qu&rsquo;ils se VENGENT tant l&rsquo;attente est longue (environ 2 heures) et la pratique, sid&eacute;rante. Ailleurs, on aurait pris soin de laisser un passage pour que les voitures s&rsquo;y faufilent, ou alors, on aurait eu le bon go&ucirc;t de proc&eacute;der portion par portion, laissant ainsi les voitures passer, puis stopper, puis passer &agrave; nouveau. Mais non. Tout le monde reste bloqu&eacute;, y compris le car de militaires qui demeure beno&icirc;tement scotch&eacute; devant la barri&egrave;re, pas passer, les familles pique-niquent sur le bas c&ocirc;t&eacute;, des enfants emmen&eacute;s par une association de semi-blancs (y avait des blancs et des fonc&eacute;s) descendent de leur car scolaire et se mettent &agrave; danser au son d&#39;une radio huileuse en compagnie de leurs moniteurs, tout &ccedil;a sur la route (partie d&eacute;j&agrave; regoudronn&eacute;e donc accessible). <\/p>\n<p align=\"justify\">Personne ne s&rsquo;&eacute;nerve. Personne ne grogne. Personne ne crie, sales fonctionnaires (bon l&agrave; c&rsquo;est normal). Seuls nous, Baba et moi (le petit prince est vapp&eacute;) nous nous excitons. Baba me force &agrave; descendre nos bagages &agrave; poursuivre &agrave; pied, sous 40 degr&eacute;s cognant, elle-m&ecirc;me marchant derri&egrave;re moi en portant avec d&eacute;licatesse son ombrelle de soie orange. Avec sa t&ecirc;te d&rsquo;oiseau, on dirait une bonzesse. J&rsquo;ai honte. Tout le monde nous regarde. Personne ne comprend. Qui sont ces fadas qui au lieu d&rsquo;attendre tranquillement pr&eacute;f&egrave;rent se jeter sur le goudron et marcher sous le soleil de midi&hellip; et vers quel but ? We&rsquo;re not going far&hellip; je marmonne. Qu&#39;est-ce que &ccedil;a peut leur fiche? S&#39;&eacute;nerve Baba. <\/p>\n<p align=\"justify\">Rien. Mais j&#39;aime &agrave; me justifier.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&#39;autocar nous ratrappe une heure plus tard, nous devons monter en marche, un Ladakhi hisse la Baba dans l&#39;habitacle. Les gens nous regardent soulag&eacute;s. Nous ne sommes pas morts. Ils nous ont ratrapp&eacute;s. Ailleurs, on aurait rican&eacute;. Voire, on nous aurait laiss&eacute;es sur le bas c&ocirc;t&eacute; de la route. Ici, on semble heureux de cette magnifique d&eacute;couverte : une vieille blanche et sa petite-fille r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es sur le bord de la route.&nbsp;Le petit Prince Sacha est l&agrave;, goguenard, salut les filles, il fume par les oreilles.<\/p>\n<p align=\"justify\">Patience, suite. <\/p>\n<p align=\"justify\">Car en&nbsp;revanche, en effet,&nbsp;l&rsquo;Indien quand il voit une file d&rsquo;attente a une autre conception de la patience. Sa patience consiste personnellement &agrave; passer automatiquement devant tout le monde. Avec le sourire. Au point que vous pourriez croire qu&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;une coutume. Mais non. C&rsquo;est sans doute le fruit d&rsquo;un pays bien trop peupl&eacute; si vous voulez bien recueillir mon avis et qui a v&eacute;cu sa modernit&eacute; sous un format bureaucratico-socialiste. Ce qui signifie beaucoup beaucoup de files d&rsquo;attente dans des lieux administratifs ou non. <\/p>\n<p align=\"justify\">Je tentai le soir de notre arriv&eacute;e de r&eacute;server un taxi au bureau de l&rsquo;a&eacute;roport, deux paires de coudes m&rsquo;ont entour&eacute;e de part en part, je les ai regard&eacute;es, interloqu&eacute;e&hellip; et les paires de coudes sont pass&eacute;es avant moi. Avec le sourire. A force, on devient rude. On r&acirc;le, on dit, eh ho, at the queue, as everybody ! Un Fran&ccedil;ais rencontr&eacute; dans le voyage a saisi au vol une jeune Indienne, fra&icirc;che et mignonne, qui passait hardiment avec sa valise &agrave; roulettes devant une bonne partie des gens qui attendaient sagement leur taxi. Eh girl, it&rsquo;s a joke ?! Elle n&rsquo;avait pas vu, pas du tout, alors l&agrave; jur&eacute;, que les gens faisaient la queue&hellip; Avec le sourire. Au cin&eacute;ma, pareil, voil&agrave; un jeune couple de toutereaux qui &eacute;crasent &agrave; moiti&eacute; notre Sacha pour prendre ses billets, eh you, I&rsquo;m there, before you ! Braille le petit Prince. Oh sorry, on avait pas vu. Avec le sourire. <\/p>\n<p align=\"justify\">On en rit, on les maudit, mal &eacute;lev&eacute;s ! <\/p>\n<p align=\"justify\">Bref, Bouddha dont un des enseignements &eacute;tait la patience, ou alors c&rsquo;&eacute;tait Gandhi, je sais plus, n&rsquo;est pas n&eacute; par hasard dans ce pays o&ugrave; la patience s&rsquo;exerce sur les al&eacute;as d&rsquo;un quotidien alternatif (routes coup&eacute;es, coupure d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, chute d&rsquo;eau ou pas d&rsquo;eau&hellip;) agr&eacute;ment&eacute; d&rsquo;individus tout &agrave; la fois patients et cavaliers, dont la moindre des artilleries n&#39;est pas leur sourire. D&eacute;sarmant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bouddhisme, art de la patience et du d&eacute;passement de soi, est n&eacute; en Inde et croyez-moi, c&rsquo;est pas par hasard. 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