{"id":46,"date":"2006-08-09T15:08:49","date_gmt":"2006-08-09T15:08:49","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=46"},"modified":"2006-08-09T15:15:42","modified_gmt":"2006-08-09T15:15:42","slug":"En avoir ou pas","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=46","title":{"rendered":"En avoir ou pas"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nPass&eacute;s 30 ans, la guerre entre celles qui en ont un (de mec) et celles qui n&#39;en ont pas (de mec) couve sous la cendre et &eacute;clatera bient&ocirc;t un jour ou l&#39;autre sans que ce soit forc&eacute;ment &agrave; coups de fusil (dans le dos).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nTant qu&#39;on &eacute;tait jeune, les rencontres des unes et des autres pin&ccedil;aient forc&eacute;ment un peu le c&oelig;ur mais cela restait acceptable. Tr&egrave;s vite, on adoptait (ou non) le jules de la copine, qui peu &agrave; peu prenait sa place dans le paysage de l&#39;amiti&eacute; pour parfois devenir m&ecirc;me un bon copain. On avait m&ecirc;me ses couples mod&egrave;les, ceux comme qui on serait, parce qu&#39;&agrave; la fois sympas avec l&#39;ext&eacute;rieur et bien aimants &agrave; l&#39;int&eacute;rieur.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nEt puis, on avait le temps, c&#39;&eacute;tait arriv&eacute; &agrave; la copine, &ccedil;a vous arriverait bien un jour. Les aventures se succ&eacute;daient &agrave; un rythme &eacute;chevel&eacute; (une tous les deux ans) et la copine, cas&eacute;e depuis bient&ocirc;t 2, 4, 5, 7 ann&eacute;es, recueillait vos d&eacute;boires, avec parfois une pointe d&#39;envie (sisi) car c&#39;est que vous En Viviez de Ces Choses. Vous faisiez ce qu&#39;elle n&#39;avait jamais fait (coucher avec un homme mari&eacute;, avec un homme plus &acirc;g&eacute; de 20 ans que vous, avec un type rencontr&eacute; dans la rue, avec un vendeur de kiwis&#8230;) pas parce que vous &eacute;tiez plus grivoise et elle, plus coinc&eacute;e, non, juste parce qu&#39;elle, elle avait rencontr&eacute; &agrave; un &acirc;ge encore tendre (25-27 ans), l&#39;homme de sa vie, se privant ou s&#39;&eacute;pargnant des aventures sans lendemain, cependant plus excitantes &agrave; raconter que la 452<sup>&egrave;me<\/sup> soir&eacute;e avec jules.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEn r&eacute;sum&eacute;&nbsp;: la solitude, &agrave; l&#39;&eacute;poque, c&#39;&eacute;tait pas marrant mais &ccedil;a restait supportable, parce qu&#39;on avait le TEMPS.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nArrive 30 ans. C&#39;est classiquement, socialement et biologiquement une &eacute;tape, peut &ecirc;tre parce qu&#39;on est &agrave; la moiti&eacute; de sa fertilit&eacute; et que l&#39;on est &agrave; rembourser sur 20 ans un appart, avec ouvriers sous ses ordres et primes de fin de mois, signe qu&#39;on est un vrai adulte. C&#39;est grav&eacute; dans les cervelles, f&ecirc;ter ses 30 ans entour&eacute;e de tas d&#39;amis, c&#39;est chouette, mais sans mec, &ccedil;a commence &agrave; sentir le cram&eacute;, du moins quand on est une fille dite normale, mais pas forc&eacute;ment sage et r&eacute;serv&eacute;e (non, merci, la fellation, jamais la premi&egrave;re fois). On conna&icirc;t ainsi des f&eacute;roces de la chair qui ont psychot&eacute; grave le jour de leur 30 ans car elles avaient t&acirc;t&eacute; &agrave; un tas de mecs sans jamais avoir abord&eacute; le th&egrave;me de l&#39;amour et de la stabilit&eacute;. Et puis, m&ecirc;me les f&eacute;roces de la fesse ont des ovaires born&eacute;s par le temps et la libert&eacute; dans son deux-pi&egrave;ces entre boulot et vacances &agrave; l&#39;&eacute;tranger ultra aventureuses, &ccedil;a commence &agrave; lasser.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nArrivent les enfants des copines. Ceux qui naissent de copines plus &acirc;g&eacute;es ou en couple depuis leur naissance ne provoquent pas d&#39;&eacute;mois trop violents. Un pincement au c&oelig;ur quand la copine annonce, devine quoi&#8230; je suis enc&#8230; Enc. Vous vous dites que vous n&#39;avez toujours pas trouv&eacute; le plus petit bout d&#39;homme &agrave; aimer pour de vrai, et qu&#39;elle, elle en est d&eacute;j&agrave; &agrave; la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration. Merde. Mais apr&egrave;s tout, &ccedil;a faisait des ann&eacute;es que cette grossesse vous pendait au nez.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMais viennent alors les coups de gr&acirc;ce des copines c&eacute;libataires A VIE qui rencontrent ENFIN un mec avec qui &ccedil;a marche. Gros choc. Vous perdez encore une avec qui faire la noce ou visiter les Aborig&egrave;nes. Vous avalez le coup et vous attendez l&#39;annonce. Devine quoi, je suis enc&#8230; Enc. L&agrave;, &ccedil;a sera dur, tr&egrave;s dur. D&eacute;j&agrave; que la plupart de vos copines sont en couple, voil&agrave; que les derni&egrave;res des Mohicans trouvent chausson &agrave; leur pied de guerri&egrave;re, et voil&agrave; m&ecirc;me qu&#39;elles vont &agrave; leur tomber enc&#8230; Enc.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nC&#39;est l&agrave; que la guerre peut s&#39;ouvrir. Les derni&egrave;res des Mohicans, comme les vieilles copines cas&eacute;es depuis le lyc&eacute;e, y sont des soldates parfois malgr&eacute; elles. Certaines sont ind&eacute;niablement &eacute;go&iuml;stes et born&eacute;es, n&#39;ayant jamais connu le c&eacute;libat, elles se demandent encore pourquoi la copine seule pr&eacute;f&egrave;re &eacute;viter les dimanche en famille (la leur) les jours de pluie de novembre, ou pourquoi la vision de leur dernier n&eacute; ne provoque pas chez les Esseul&eacute;es des glapissements de joie. D&#39;autres comprennent, et mieux encore, compatissent. Avec lourdeur ou avec gr&acirc;ce. Mais elles sont l&agrave;. L&#39;esseul&eacute;e, qui a d&eacute;sormais ses ovaires &agrave; porter dans un terrain qui plus est quasiment d&eacute;sert&eacute; par les amis et les amies (tous en couple), commence &agrave; penser qu&#39;on lui en veut et que son sort rel&egrave;ve d&#39;une profonde injustice. Ce qui n&#39;est pas faux (mais tout est injuste dans la vie, d&egrave;s la naissance et dans tous les domaines).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAussi, l&#39;Esseul&eacute;e, la derni&egrave;re des Mohicans, elle tend &agrave; devenir belliqueuse, et donc injuste. Souvent, les derni&egrave;res des Mohicans font la guerre &agrave; des copines qui ne demanderaient pas mieux que de les aider, sans leur jules, sans leurs enfants. Mais la situation est explosive et tout est mal interpr&eacute;t&eacute;. Tu es libre pour un cin&eacute;&nbsp;? Ca veut dire que le jules est parti, la souris danse ou s&#39;ennuie, elle pense alors, comme par hasard, &agrave; l&#39;Esseul&eacute;e. Tu m&#39;invites &agrave; d&icirc;ner&nbsp;? mais y aura que des couples&nbsp;! Tu m&#39;invites &agrave; d&icirc;ner&nbsp;? Mais y aura que des nazes dans les c&eacute;libataires&nbsp;! Tu m&#39;invites &agrave; d&icirc;ner&nbsp;? mais y aura que toi et ton jules&nbsp;! Tu m&#39;invites &agrave; d&icirc;ner&nbsp;? Mais y aura que toi&nbsp;! Etc.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nC&#39;est la guerre je vous dis et les tranch&eacute;es se creusent et les tranch&eacute;es &eacute;loignent. Moins on partage du quotidien avec ses copines, moins on partage tout court. Une amiti&eacute; sans partage est une amiti&eacute; en train de se chanter &agrave; la mode du cygne. L&#39;Esseul&eacute;e a l&#39;impression (pas fausse) qu&#39;on l&#39;oublie, qu&#39;on la laisse tomber, sachant que la naissance d&#39;un couple, c&#39;est la naissance fatalement d&#39;un &eacute;go&iuml;sme, &agrave; moins qu&#39;on fasse des trucs &agrave; trois. C&#39;est le bonheur qui laisse tomber, pas parce que le couple est forc&eacute;ment calfeutr&eacute;, barricad&eacute; chez lui, non, mais parce que ce bonheur l&agrave;, il ne peut pas &ecirc;tre partag&eacute;. Viens d&icirc;ner chez nous&nbsp;! Mais y aura que vous deux&nbsp;! ben oui, mais comment faire autrement&nbsp;? Et d&#39;un autre c&ocirc;t&eacute;, qui a envie, au creux de sa tristesse de solitaire, de se payer une bonne tranche de bonheur d&#39;un couple&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nNo way.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAlors la tranch&eacute;e se creuse, l&#39;Esseul&eacute;e se tourne vers les rares Esseul&eacute;es restantes et on se monte le bourrichon. On se monte le bourrichon, d&#39;ailleurs, de part et d&#39;autre. Bien na&iuml;ves celles qui d&eacute;clareraient qu&#39;elles n&#39;ont rien contre les c&eacute;libataires&#8230; elles n&#39;ont rien pour non plus&nbsp;! Elles vivent quelque chose d&#39;unique, l&#39;amour, que les c&eacute;libataires&nbsp; A VIE ne vivent pas et c&#39;est bien assez pour souffrir. Bien injustes seraient les solitaires qui d&eacute;clareraient que les couples sont tous pourris et &eacute;go&iuml;stes, elles feraient la m&ecirc;me chose, en pire si &ccedil;a se trouve&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAlors quand la copine de combat annonce, je suis enc&#8230; Enc. Alors l&agrave;, la tranch&eacute;e devient plus grande encore, car qui dit bidon, dit enfant, et qui dit enfant, dit que &ccedil;a pompe, &ccedil;a pompe &eacute;norm&eacute;ment (toute une amiti&eacute;). C&#39;est ce que se dit la malheureuse c&eacute;libataire, se sentant encore un peu plus rejet&eacute;e dans sa solitude par un ventre rond et un voile de mousseline blanche innocemment jet&eacute; sur un berceau.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nSauf si on les a en m&ecirc;me temps, les enfants. Sauf si on les a bien avant que ce soit l&#39;&acirc;ge de la guerre avec les derni&egrave;res des Mohicans, qui font d&#39;ailleurs de tr&egrave;s bonnes marraines (aimer les enfants des autres avant d&#39;aimer les siens). Sauf si, parvenues &agrave; l&#39;&egrave;re des tranch&eacute;es, on combat avec ardeur, et dans le bon sens de la lutte, travaillant &agrave; les combler, ces tranch&eacute;es, lorsqu&#39;elles apparaissent et travaillant aussi contre soi, sa parano, son envie, sa souffrance, sa frustration. De quelque c&ocirc;t&eacute; qu&#39;elles se trouvent.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAu boulot.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pass&eacute;s 30 ans, la guerre entre celles qui en ont un (de mec) et celles qui n&#39;en ont pas (de mec) couve sous la cendre et &eacute;clatera bient&ocirc;t un jour ou l&#39;autre sans que ce soit forc&eacute;ment &agrave; coups de fusil (dans le dos). &nbsp; Tant qu&#39;on &eacute;tait jeune, les rencontres des unes et des &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=46\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=46"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=46"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=46"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=46"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}