{"id":544,"date":"2017-08-04T04:21:27","date_gmt":"2017-08-03T19:21:27","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=544"},"modified":"2017-08-04T04:21:27","modified_gmt":"2017-08-03T19:21:27","slug":"becassine-a-la-villeneuve","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=544","title":{"rendered":"B\u00e9cassine \u00e0 la Villeneuve"},"content":{"rendered":"<p>Parce que Grenoble par 35 degr\u00e9s, \u00e7a reste toujours moins chaud que Tokyo, et que les cartons de gogoneries et de livres crasseux ont un charme assez \u00e9puisable, j\u2019ai soudain d\u00e9cid\u00e9 en ce mardi 1er ao\u00fbt \u00e0 15h02 de me rendre \u00e0 pied \u00e0 la Villeuneuve et sa biblioth\u00e8que o\u00f9 le troisi\u00e8me tome d\u2019Elena Ferrante et de ses Napolitaines cruelles m\u2019attendait.<\/p>\n<p>La Villeneuve&#8230; Le coupe-gorge de Grenoble, la Une \u00e9ternelle et fid\u00e8le du Dauphin\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en concurrence avec Echirolles, la bastille de la racaille, la.<\/p>\n<ul>\n<li>On vous le met de c\u00f4t\u00e9\u2026 si toutefois vous parvenez jusqu\u2019\u00e0 nous.<\/li>\n<\/ul>\n<p>M\u2019a l\u00e2ch\u00e9 de fa\u00e7on \u00e9nigmatique la biblioth\u00e9caire qui parlait, au t\u00e9l\u00e9phone, comme depuis le dessous d\u2019une couverture (ou quand on vous a enferm\u00e9 \u00e0 triple tour dans un placard).<\/p>\n<ul>\n<li>Ton imagination st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>M\u2019a rassur\u00e9e A. alors que je lui faisais mes adieux.<\/p>\n<ul>\n<li>Tes pr\u00e9jug\u00e9s d\u2019embl\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Me suis-je en effet rass\u00e9r\u00e9n\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai, je l\u2019avoue, le Japon m\u2019a habitu\u00e9e \u00e0 un cadre de vie globalement peupl\u00e9 de gens gentils quand bien m\u00eame au bord du gouffre social avec des banlieues qui ressemblent \u00e0 ces centres villes en version moins lumineuse et plus calme. En cons\u00e9quence, je trouve difficile de me r\u00e9habituer \u00e0 la ville fran\u00e7aise dont la rue dissimule parfois une aventure en son coin mais plut\u00f4t d\u2019un style minable petit vendeur de drogue qui ne respecte pas les limitations de vitesse ni les feux (j\u2019ai test\u00e9) ou individus ensu\u00e9s dress\u00e9s sur leurs claquettes se saisissant par le col du tee-shirt pour r\u00e9gler une discorde urbaine (test\u00e9 \u00e9galement).<\/p>\n<p>Je sais, Jo\u00eblle, que vous faites de la r\u00e9sistance \u00e0 la chaleur et \u00e0 la maladie sur le plateau du Vercors. Je sais aussi que vous avez longuement travaill\u00e9 en biblioth\u00e8que, dans une version n\u00e9anmoins plus proche de celles fr\u00e9quent\u00e9es par un petit Macron potassant son droit des soci\u00e9t\u00e9s que du petit Mohamed feuilletant ses BD pendant que sa m\u00e8re skype Alger \u00e0 la rang\u00e9e V-Z des romans pour adultes.<\/p>\n<ul>\n<li>Arr\u00eate tes clich\u00e9s x\u00e9nophobes, personne n\u2019a jamais skyp\u00e9 Alger depuis la rang\u00e9e V-Z d\u2019une biblioth\u00e8que.<\/li>\n<\/ul>\n<p>M\u2019a tanc\u00e9e <em>in peto<\/em> Arlette, cette fille qui dans ma jeunesse me trainait dans les manifs et me faisait distribuer des tracts anti-loi Devaquet sous la menace d\u2019un tabassage en r\u00e8gle par le tribunal r\u00e9volutionnaire tenu par des issus de prolos comme des parjures de la bourgeoisie (Arlette, t\u2019imagine si la Censeur me voyait\u00a0?).<\/p>\n<p>Je me suis bravement mise en route, de suite d\u00e9goulinante de chaud, suivant les rails du tramway joliment bord\u00e9s d\u2019un vert gazon, le long de boulevards passablement d\u00e9sert\u00e9s depuis chez moi jusqu\u2019\u00e0 ces monuments modernes que sont la CAF, l\u2019URSSAF, la CPAM&#8230; A un coude dans le b\u00e9ton, le nez sur mon GPS, j\u2019ai quitt\u00e9 lesdits rails pour m\u2019enfoncer dans ce qui ressemblait bel et bien \u00e0 un ghetto.<\/p>\n<p>Je veux dire, des murs tr\u00e8s hauts construits de fa\u00e7on circulaire o\u00f9 l\u2019on peine \u00e0 d\u00e9nicher une ouverture, c\u2019est bien le sch\u00e9ma type du ghetto non\u00a0?<\/p>\n<ul>\n<li>Arr\u00eate avec tes pr\u00e9jug\u00e9s st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>M\u2019a \u00e0 nouveau tanc\u00e9e <em>in peto<\/em> Arlette,\u00a0son souffle glacial sur ma nuque surchauff\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019angoisse c\u2019est qu\u2019il n\u2019y avait personne vous voyez. Personne de normal, genre petite mamie aux cheveux fris\u00e9s gris poussant son caddie ou jeune femme de 48 ans d\u2019allure litt\u00e9raire urbaine. Personne hormis un dealer doubl\u00e9 d\u2019un tueur de quadrag\u00e9naire, je le sentais, d\u00e9guis\u00e9 en jeune homme \u00e0 la tong tranquille qui tapotait sur son portable. Sinon des petits roms qui jouaient dans une baignoire en plastique jaune \u00e9trangement pos\u00e9e dans une all\u00e9e\u2026 et aussi, j\u2019avan\u00e7ais dans le c\u0153ur de la cit\u00e9, un homme en boubou qui poussait sa petite fille sur une balan\u00e7oire tandis que deux autres petits piaillaient d\u2019excitation.<\/p>\n<ul>\n<li>Tout va bien, ma fille, zen&#8230; on n\u2019a jamais vu un dealer pousser des enfants sur une balancelle.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mais avec tout \u00e7a, de biblioth\u00e8que, que dalle.<\/p>\n<p>On m\u2019indiquait bien le salon afro tresse, le centre d\u2019action sociale imm\u00e9diate d\u2019urgence, ou la cr\u00e8che Les moutards avant qu\u2019ils ne vous montent au nez, mais point de biblioth\u00e8que Arlequin, du nom d\u2019une s\u00e9rie de blocs de cette cit\u00e9, Arlequin nord, Arlequin sud, franchement fallait y penser.<\/p>\n<p>La biblioth\u00e8que Arlequin de la cit\u00e9 la Villeneuve vous recommande ses \u0153uvres de fiction pour adultes o\u00f9 une jeune experte comptable d\u2019origine kabyle d\u00e9fend son amour pour un jeune vendeur de porcs bretons mut\u00e9 dans le Dauphin\u00e9 suite \u00e0 la crise de la.<\/p>\n<ul>\n<li>Devaquet, si tu savais, ta r\u00e9formeuh, ta r\u00e9formeuh, o\u00f9 on se la met\u2026<\/li>\n<\/ul>\n<p>Merci Arlette. J\u2019\u00e9tais en train de d\u00e9raper.<\/p>\n<p>J\u2019ai soudain avis\u00e9 une indig\u00e8ne, une sexag\u00e9naire de type indo europ\u00e9en rembourr\u00e9 qui trainait une brouette remplie de packs de drogue, je veux dire de b\u00eaches et de r\u00e2teaux, avec un arrosoir vert comme il se doit plant\u00e9 sur le dessus. Elle \u00e9tait en train de pousser le portillon du jardin communautaire (que j\u2019ai suppos\u00e9 ou alors c\u2019\u00e9tait une sacr\u00e9e grosse propri\u00e9taire terrienne) lorsque je suis tomb\u00e9e \u00e0 ses pieds, dignement.<\/p>\n<ul>\n<li>La biblioth\u00e8que\u00a0? Tr\u00e8s simple vous prenez \u00e0 droite (geste vers la gauche), sous les arcades, puis de suite sur la gauche (regard appuy\u00e9 sur la droite), vous passez sous la pancarte le patio (grands moulinets du bras), et vous y \u00eates, c\u2019est dans la gal\u00e8re\u2026<\/li>\n<li>La quoi\u00a0?<\/li>\n<li>La galerie, le patio, c\u2019est dans une galerie. Un patio, c\u2019est comme une cour, vous voyez, mais entour\u00e9e de murs, et comme ici des murs c\u2019est pas ce qui manque\u2026<\/li>\n<li>Ah \u00e7a oui, ohlala, que de murs, j\u2019\u00e9tais perdue m\u00eame avec mon GPS, merci madame, merci\u00a0! Que Dieu vous b\u00e9nisse\u00a0!<\/li>\n<li>\u00c7a va pas la t\u00eate\u00a0?<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c7a c\u2019est Arlette.<\/p>\n<ul>\n<li>Le GPS, il ne passe pas ici, ce n\u2019est pas qu\u2019une zone de non droit o\u00f9 l\u2019on r\u00f4tit les ex vierges banches, c\u2019est aussi une zone blanche, tout simplement ahah\u2026 bonne chance\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p>Et en ricanant, la lourde sexag\u00e9naire jardini\u00e8re s\u2019est \u00e9lanc\u00e9e d\u2019un pas \u00e9trangement a\u00e9rien dans son jardin partag\u00e9 o\u00f9 toute personne dot\u00e9e d\u2019une bonne vue et d\u2019une relative bonne adresse pouvait faire un joli carton depuis la fen\u00eatre de sa cuisine.<\/p>\n<ul>\n<li>Arr\u00eate avec tes peurs de bourgeoise, c\u2019est un quartier familial, rien de plus.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Tu l\u2019as dit, Arlette. J\u2019ai trouv\u00e9 le passage \u00e0 droite, puis celui \u00e0 gauche, et m\u00eame le patio. La biblioth\u00e8que \u00e9tait l\u00e0, \u00e9gale \u00e0 toutes les biblioth\u00e8ques, vaste, paisible et ordonn\u00e9e. Ses tenanci\u00e8res \u00e9taient toutes des jeunes femmes de type indo bonne famille, \u00e9tudes de lettres, \u00e9cole de la conservation du tapuscrit \u00e0 Lyon, m\u00e9moire sur le classement alphab\u00e9tique id\u00e9al, fonctionnaires de cat\u00e9gorie B voire A.<\/p>\n<p>Elles m\u2019ont souri. J\u2019\u00e9tais une des leurs. J\u2019\u00e9tais LA bobo du mois, et m\u00eame, LA b\u00e9cassine de l\u2019ann\u00e9e. La plus jeune m\u2019a embrass\u00e9e sur les deux joues et m\u2019a f\u00e9licit\u00e9e d\u2019avoir brav\u00e9 les dangers de la cit\u00e9 pour r\u00e9cup\u00e9rer le tome 3 sur la chienlit napolitaine, <em>Celle qui part, celle qui reste<\/em> (et moi je vais pas tarder \u00e0 me barrer).<\/p>\n<ul>\n<li>Tu me gonfles, Mimi, je ne pensais pas que tu virerais si mal.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En fait, la fille m\u2019a juste tendu le livre avec un grand sourire. Aucune surprise, j\u2019avais appel\u00e9 avant de me d\u00e9placer (j\u2019allais quand m\u00eame pas mettre ma vie et mon thermostat interne en danger pour des prunes), et comme je n\u2019avais pas fait tout \u00e7a pour repartir direct, j\u2019ai fil\u00e9 au rayon jeunesse.<\/p>\n<p>Mes enfants. Avant tout. Un petit blond fris\u00e9 lisait des BD, un papa africain ber\u00e7ait un b\u00e9b\u00e9 dans son cosy en lisant une bd lui aussi, c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre un grand fr\u00e8re apr\u00e8s tout, et deux jeunes hommes, fa\u00e7on \u00e9tudiants burkinab\u00e9s en sociologie du langage option Roland Barthes s\u2019attaque au bambara, visitaient chaque rayon d\u2019un air p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 comme si c\u2019\u00e9tait le Louvre ou la derni\u00e8re de Matisse.<\/p>\n<ul>\n<li>Au moins, \u00e7a d\u00e9joue les stats, des hommes, des jeunes, des noirs et non des femmes, des blanches, des vieilles comme le veut la classique antienne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certes. Cependant, la pr\u00e9pos\u00e9e au rayon jeunesse-cuisine-guides touristiques-\u00e9panouissement personnel parlait d\u2019un ton haletant dans le combin\u00e9 de son t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<ul>\n<li>C\u2019est que je suis Patrimoine moi\u2026 j\u2019ai travaill\u00e9 longuement \u00e0 la BEP de Grenoble\u2026 on m\u2019y regrette je le sais, j\u2019ai mes indics\u2026 seulement voil\u00e0\u2026 la Mutation\u2026 l\u2019envoi en Sib\u00e9rie litt\u00e9rale\u2026 obligatoire pour la Carri\u00e8re&#8230; ne le niez pas&#8230; on y passe tous&#8230; et ici&#8230; dans ce quartier\u2026 sensible\u2026 j\u2019ai fait mes ann\u00e9es\u2026 vous ne direz pas le contraire\u2026 je veux dire\u2026 le Patrimoine\u2026 me manque\u2026 lui aussi il a besoin de moi\u2026 je veux retrouver le Patrimoine\u2026 ma formation de base&#8230; j\u2019ai assez donn\u00e9 ici&#8230; j\u2019ai purg\u00e9 ma peine bordel de merde\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p>Etrange. J\u2019ai choisi un Gr\u00e9goire Solotareff, un Marco Montes, un Gr\u00e9goire de Pennart, quelques bd, des inconnus aussi car il faut donner sa chance aux inconnus de la Jeunesse, j\u2019ai fait enregistrer et j\u2019ai quitt\u00e9 les lieux sous les applaudissements.<\/p>\n<p>J\u2019avais en effet rempli mes trois cartes \u00e0 ras bord soit 60 livres au total, du jamais vu, et c\u2019est couverte de tapuscrits que je rampais en direction de la sortie.<\/p>\n<p>Je plaisante. Ils tenaient tr\u00e8s bien dans mon sac et en cas de danger \u00e9minent, j\u2019aurais tr\u00e8s bien pu courir \u00e0 toute vitesse.<\/p>\n<ul>\n<li>Arr\u00eate, t\u2019es habill\u00e9e en d\u00e9cathlon, tout le monde s\u2019en fout.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dehors, j\u2019ai retrouv\u00e9 le b\u00e9ton laid, le bruit (relatif), le soleil (dardant) et le tramway o\u00f9 la foule (soudain \u00e9toff\u00e9e) qui attendait n\u2019\u00e9tait pas sp\u00e9cialement profil\u00e9e B\u00e9cassine va visiter la Villeneuve un mardi du mois d\u2019ao\u00fbt.<\/p>\n<p>J\u2019ai suivi les rails, et dix minutes apr\u00e8s \u00e0 peine, j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 une sensation grisante de libert\u00e9 et m\u00eame de beaut\u00e9. J\u2019avais atteint la Bifurk, un lieu pourtant des plus quelconques, m\u00eame pas l\u2019hyper centre comme on dit maintenant. Cela venait juste de ce que j\u2019avais quitt\u00e9 l\u2019enfer, euh un lieu certes bel et bien de vie (je ne compte pas le nombre d\u2019\u00e9clats de rire que j\u2019ai ou\u00efs ni celui des palabres en tout genre) mais quand m\u00eame fort peu conforme de ce que j\u2019appellerai un beau lieu de vie.<\/p>\n<ul>\n<li>Un putain d\u2019amas de blocs glauques\u00a0et de pauvres d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p>Vingt dieux, qu\u2019est-ce qui te prend Arlette\u00a0?! L\u2019effet du b\u00e9ton circulaire sans doute.<\/p>\n<ul>\n<li>Je suis en vie\u00a0! J\u2019ai surv\u00e9cu\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p>J\u2019ai cri\u00e9 \u00e0 A. en poussant la porte de notre appartement limite fastueux au vu de que j\u2019avais pu voir \u00e0 la Villeneuve. A. m\u2019a jet\u00e9 un regard digne d\u2019Arlette. D\u2019ailleurs, elle \u00e9tait l\u00e0, Arlette, pos\u00e9e sur le sofa des invit\u00e9s, une bi\u00e8re \u00e0 la main, et elle m\u2019a annonc\u00e9 qu\u2019elle m\u2019attendait.<\/p>\n<p>On retournait \u00e0 la Villeneuve distribuer des tracts m\u00e9lenchonistes contre la loi travail.<\/p>\n<ul>\n<li>Comme t\u2019as pu voir, c\u2019est finalement paisible comme endroit, et autant en profiter avant que les bandes ne rentrent de Tha\u00eflande.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Voil\u00e0 Jo\u00eblle, \u00e0 quoi j\u2019ai occup\u00e9 ce 1er d\u2019ao\u00fbt o\u00f9 ma grand-m\u00e8re, une bourgeoise rurale, aurait f\u00eat\u00e9 ses 106 ans si elle \u00e9tait encore de ce monde. Mais je dois vous laisser, le combat d\u2019Arlette n\u2019attend pas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parce que Grenoble par 35 degr\u00e9s, \u00e7a reste toujours moins chaud que Tokyo, et que les cartons de gogoneries et de livres crasseux ont un charme assez \u00e9puisable, j\u2019ai soudain d\u00e9cid\u00e9 en ce mardi 1er ao\u00fbt \u00e0 15h02 de me rendre \u00e0 pied \u00e0 la Villeuneuve et sa biblioth\u00e8que o\u00f9 le troisi\u00e8me tome d\u2019Elena Ferrante &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=544\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/544"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=544"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/544\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":545,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/544\/revisions\/545"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=544"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=544"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=544"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}