{"id":63,"date":"2006-09-07T15:26:11","date_gmt":"2006-09-07T15:26:11","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=63"},"modified":"2006-09-08T21:04:10","modified_gmt":"2006-09-08T21:04:10","slug":"Sorti des t\u00e9n\u00e8bres","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=63","title":{"rendered":"Sorti des t\u00e9n\u00e8bres"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nSi vous avez rat&eacute; le d&eacute;but&#8230;<em> La princesse Marie Chotek s&#39;est rendu &agrave; un mariage en pays bigouden, o&ugrave; elle a fait la rencontre d&#39;un potentiel prince brillant qui, apr&egrave;s l&#39;avoir bien asticot&eacute;e, et alors que tout pr&eacute;sageait une fin heureuse (un &eacute;ni&egrave;me mariage en pays bigouden, allons y folle ville), ne lui a plus donn&eacute; de nouvelles une fois la capitale retrouv&eacute;e.<\/em><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLes jours ont pass&eacute;. J&#39;avais un mal fou &agrave; me lever le matin, Ernesto devait m&#39;apporter 3 tasses de caf&eacute; au lit (qu&#39;il renversait r&eacute;guli&egrave;rement sur ma couette, ce qui me faisait sentir encore un peu plus violemment tout le path&eacute;tisme de ma situation). J&#39;arrivais au travail le c&oelig;ur en &eacute;charpe, bris&eacute;, et les acteurs culturels qui &eacute;taient nos patients euh clients euh chais pu, n&#39;arrivaient plus &agrave; tirer de moi quoique ce soit, ni col&egrave;re ni tristesse ni culpabilit&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMadame Irma avait vaguement flair&eacute; quelque chose, et comme le fait que je puisse rencontrer &agrave; mon grand &acirc;ge un mec, lui semblait pour le moins Lourdesque (de Lourdes), elle avait &eacute;mis la vague supposition que j&#39;avais un cancer (soupir&#8230;). Saint Fran&ccedil;ois &eacute;tait de retour de vacances, et apr&egrave;s nous avoir montr&eacute; ses 156 photos de chiens, chats et autres bestioles en colo, il m&#39;avait emmen&eacute;e boire un verre. Malade de ma tristesse qui tenait, il est vrai, plus de l&#39;&eacute;normit&eacute; du d&eacute;sespoir pas d&eacute;&ccedil;u que de l&#39;amour bris&eacute;, je m&#39;&eacute;tais confi&eacute;e &agrave; lui.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAh ben &ccedil;a alors&#8230; moi qui croyais que tu &eacute;tais lesbienne!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nCe qui, vous vous en doutez bien, m&#39;avait fait chaud au c&oelig;ur. Le plus dur c&#39;est que je n&#39;arrivais pas &agrave; comprendre pourquoi &ccedil;a avait tourn&eacute; si vite court, qu&#39;est-ce que j&#39;avais fait de mal&nbsp;?\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nLe soir, je rentrais apr&egrave;s &ecirc;tre pass&eacute;e saluer Baba qui, en fait, s&#39;&eacute;tait install&eacute;e chez moi &laquo;&nbsp;au motif qu&#39;elle ne pouvait d&eacute;cemment me laisser dans cet &eacute;tat toute seule&nbsp;&raquo;. Super. Le petit prince avait rencontr&eacute; une nymphette d&eacute;guis&eacute;e en rose, et il &eacute;tait bien trop occup&eacute; &agrave; lui enlever toutes ses &eacute;pines pour la coucher sous lui, pour avoir du temps pour moi. Ca aussi, &ccedil;a faisait comme une &eacute;pine de plus dans le c&oelig;ur, un pote, un frangin, qui vous laissait choir &agrave; un dur sale moment pour une p&eacute;tasse rencontr&eacute;e dans une soir&eacute;e Casimir (des gens de plus de 30 ans qui se r&eacute;unissaient sur le th&egrave;me de l&#39;&icirc;le aux enfants, d&eacute;bile).<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe me couchais apr&egrave;s quelques verres et mes nuits &eacute;taient comme des trous dans la voie lact&eacute;e, elles m&#39;avalaient pour me recracher le matin, m&eacute;t&eacute;orite qui tombait, tombait, tombait&#8230; jusqu&#39;au soir, o&ugrave; elle repartait au ciel des trous.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nApr&egrave;s ces jours glauques glissant l&#39;un apr&egrave;s l&#39;autre, j&#39;eus au moins alors le bonheur de revoir Hanan qui, elle, m&#39;avait appel&eacute;e tr&egrave;s vite apr&egrave;s ses vacances. J&#39;ai &eacute;t&eacute; d&icirc;ner chez elle, j&#39;ai fait connaissance de son mari, un g&eacute;ant brun aux sourcils ogresques, elle faisait toute petite &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui&#8230; Leur amour sautait aux yeux, et j&#39;ai ressenti une pointe d&#39;amertume (enfin, une pointe&#8230; un tombereau plut&ocirc;t). On a bu de la rakjia et je me suis retrouv&eacute;e &agrave; raconter ma vague peine de c&oelig;ur &agrave; un couple de r&eacute;fugi&eacute;s politiques dont l&#39;une avait &eacute;t&eacute; bless&eacute;e par balle &agrave; Sarajevo et l&#39;autre, avait subi 3 ans de guerre dans une ville coup&eacute;e du reste du monde par des tueurs acharn&eacute;s. Hanan avait soupir&eacute;, elle trouvait les gar&ccedil;ons fran&ccedil;ais falots&#8230; frileux et jaloux de leur c&oelig;ur, peu enclins &agrave; la passion quoi. Bizarre, bizarre. Plus tard, elle devait me raconter l&#39;histoire de son ami d&#39;enfance, Milan, dont la m&egrave;re, &laquo;&nbsp;la plus belle femme de Sarajevo&nbsp;&raquo;, avait &eacute;t&eacute; assassin&eacute;e par son mari, ivre de jalousie (et de rakjia). Je comprenais mieux le &laquo;falot&nbsp;&raquo;&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nCe fut une soir&eacute;e tr&egrave;s sympathique o&ugrave; ils me racont&egrave;rent leur &eacute;pop&eacute;e, de la guerre en Bosnie &agrave; leur arriv&eacute;e en France, Hanan &eacute;tant arriv&eacute;e 2 ans avant Emir. Nous b&ucirc;mes beaucoup et un ami &agrave; eux, un slave dans la grande trentaine, Zoran, passa en cours de soir&eacute;e pour leur claquer une bise (et boire dix grands coups). Il me d&eacute;vora des yeux, pas du tout f&acirc;lotement je dois dire, je devais apprendre plus tard qu&#39;il r&ecirc;vait de se marier avec une fran&ccedil;aise brune et pas trop grosse, m&ecirc;me tr&egrave;s &acirc;g&eacute;e (plus de 30 ans)&#8230; Il me raconta comment il avait tu&eacute; des hommes, des tchetniks (combattants et\/ou violeurs serbes), et me montra sa blessure de guerre (une &eacute;norme cicatrice au ventre). Un frisson me parcourut m&#39;&eacute;chine&#8230; Marc me par&ucirc;t soudain bien&nbsp;euh&#8230; falot.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nJe te souhaite, me dit Zoran gravement en fin de soir&eacute;e, de n&#39;avoir jamais &agrave; subir ce que nous avons subi&#8230; la guerre est un poison qui dure longtemps. Un autre frisson me traversa, quelle soir&eacute;e&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEn rentrant, sur mon v&eacute;lo, je fantasmais l&eacute;g&egrave;rement sur Zoran. Ca devait &ecirc;tre quelque chose de faire l&#39;amour avec un type comme lui&nbsp;! Hanan m&#39;avait invit&eacute;e la semaine prochaine &agrave; une grande f&ecirc;te bosniaque, un m&eacute;choui, et on devait aller visiter le Louvre toutes les deux. J&#39;avais l&#39;impression de revivre&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;eus alors la surprise compl&egrave;tement d&eacute;moniaque de d&eacute;couvrir en rentrant un message de Marc sur mon r&eacute;pondeur.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<em>Salut belle brune, d&eacute;sol&eacute; pour mon long silence&#8230; il m&#39;est arriv&eacute; un sale truc&#8230; avec ma logeuse bigoud&egrave;ne&#8230; je te raconterai &ccedil;a quand on se verra&#8230; car on se voit bient&ocirc;t hein&nbsp;! Rappelle moi vite, je ne me coucherai pas avant d&#39;avoir eu ton coup de fil&nbsp;!<\/em><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nToutes mes bonnes r&eacute;solutions s&#39;&eacute;cras&egrave;rent aussit&ocirc;t. Je regardai l&#39;heure, il &eacute;tait plus de 2 heures du matin. Je r&eacute;ussis l&#39;incroyable tour de force de d&eacute;cider de ne l&#39;appeler que demain matin, avant d&#39;aller travailler.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe ne fermais pas l&#39;&oelig;il de la nuit ou alors, pour r&ecirc;ver de snipers tirant sur des vieilles &agrave; cabas ou sur des enfants, tel le petit gar&ccedil;on dont la photo avait fait le tour du monde, abattu au march&eacute; de Sarajevo, et gisant dans une flaque de sang presque plus grande que son petit corps&#8230;. Br. <br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe lendemain matin, &agrave; 7 h 30, je l&#39;appelais. Apr&egrave;s avoir vingt fois r&eacute;p&eacute;t&eacute; ce que j&#39;allais dire. Je tombais sur sa messagerie. <em>Bonjour, Marc la patate, je suis pas l&agrave; ou en ligne, insultez moi apr&egrave;s le cling cling sonore&#8230;<\/em> Je raccrochai. Pour rappeler aussit&ocirc;t. <em>Bonjour, Marc la patate, je suis pas&#8230;<\/em> Je me grattai la gorge. <em>Bonjour, c&#39;est Marie, appelle moi pour qu&#39;on se voit<\/em>. Cling. Nul. Plat. Falot.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nDe toute la journ&eacute;e, je n&#39;eus aucune r&eacute;ponse. Honteusement, je laissais un second message. Le petit prince, qui m&#39;avait invit&eacute;e &agrave; d&icirc;ner dans sa cabane, me dit que j&#39;&eacute;tais une pure noix, une vraie gourdasse, il fallait tout au plus rappeler qu&#39;une fois, et dire, je suis assez surcharg&eacute;e en ce moment, peut &ecirc;tre en fin de semaine prochaine&#8230;&nbsp;? Ce qui fait qu&#39;apr&egrave;s avoir mang&eacute; de sa d&icirc;nette, je suis rentr&eacute;e chez moi dans un &eacute;tat de d&eacute;liquescence avec un remords grand comme si j&#39;&eacute;tais une criminelle. Baba m&#39;a dit&nbsp;:\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tCe gar&ccedil;on a un probl&egrave;me&#8230; laisse choir!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nImpossible. J&#39;ai essay&eacute; de penser &agrave; Zoran, mais l&#39;image de Marc &eacute;crasait tout. Tout. Je me suis regard&eacute;e dans la glace et je me suis dit que si on m&#39;avait dit quand j&#39;&eacute;tais petite que j&#39;allais autant en baver rien que pour &ecirc;tre aim&eacute;e comme les autres, je me serai jet&eacute;e sous un wagonnet &agrave; la garderie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si vous avez rat&eacute; le d&eacute;but&#8230; La princesse Marie Chotek s&#39;est rendu &agrave; un mariage en pays bigouden, o&ugrave; elle a fait la rencontre d&#39;un potentiel prince brillant qui, apr&egrave;s l&#39;avoir bien asticot&eacute;e, et alors que tout pr&eacute;sageait une fin heureuse (un &eacute;ni&egrave;me mariage en pays bigouden, allons y folle ville), ne lui a plus &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=63\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=63"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=63"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=63"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=63"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}