{"id":77,"date":"2006-09-22T14:16:49","date_gmt":"2006-09-22T14:16:49","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=77"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T15:00:00","slug":"Y en a dix qui attendent dehors*","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=77","title":{"rendered":"Y en a dix qui attendent dehors*"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nC&#39;est pas que je m&#39;ennuie mais c&#39;est pas que je m&#39;amuse non plus. Quand j&#39;&eacute;tais &eacute;tudiant, c&#39;&eacute;tait pas mieux, mais je pouvais au moins me non-amuser chez moi. Maintenant, je suis grand, je gagne ma vie. Je suis en cons&eacute;quence soumis aux contraintes de celui ou celle qui fait &ccedil;a, gagner sa vie, enfin vous connaissez. Parfois, j&#39;ai honte et je le dis tout bas en fermant la fen&ecirc;tre, j&#39;envierais presque les gens au ch&ocirc;mage&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBref. Depuis 1119 matins environ, je me l&egrave;ve &agrave; 7 H 48, je distribue une caresse et ses croquettes au chat. Je pisse longuement, dans les gogues, pile au milieu, en me demandant, par exemple, si l&#39;&eacute;rection du Hamas est une si mauvaise nouvelle que &ccedil;a. Election, je me corrige, en tirant la chasse. Ensuite, tandis que le caf&eacute; fait floc floc, j&#39;&eacute;coute les nouvelles &agrave; la radio, en me grattant r&ecirc;veusement les testicules. Puis je consulte mon portable, mon ordinateur, mon t&eacute;l&eacute;phone fixe, pour savoir si Elle m&#39;a appel&eacute;, textot&eacute;, ou bien mail&eacute;.<\/p>\n<p>Que dalle. Le chat me regarde l&#39;air de dire, et moi alors&nbsp;? Je fais quoi avec mes burnes sectionn&eacute;es&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEn soupirant grandement, je m&#39;habille, la douche attendrait bien demain matin, puisqu&#39;elle avait su attendre jusque l&agrave;, quatre jours. J&#39;y peux rien si mon ennui de vie gagne le savon. Maintenant, je suis dans un m&eacute;tro bond&eacute; de travailleurs &agrave; l&#39;air hargneux ou abruti, je d&eacute;teste. Comme je suis petit, j&#39;ai le nez sous les aisselles des gens, et j&#39;arrive tout juste &agrave; sortir mon poche de ma veste, quant &agrave;&nbsp;le lire&#8230; Ca me fout en rogne, comme si le PDG de la Direction urbaine du M&eacute;tropolitain avait personnellement d&eacute;cid&eacute; que ce matin, je ne lirai pas. Krishnamurti, <em>le sens du bonheur<\/em>, je lis, car en voyant le titre, j&#39;ai esp&eacute;r&eacute; trouver au moins le bonheur, en prime le sens si &ccedil;a lui sourit.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nAvec tout &ccedil;a, je rate ma station, je dois courir sur le quai d&#39;en face, le m&eacute;tro n&#39;arrivve pas, l&#39;heure tourne, le suspens est plus violent encore que dans un inspecteur Derrick<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;arrive au boulot en courant nonchalamment, genre marche &agrave; pied vaguement tonique, pour me rappeler, en voyant la t&ecirc;te aussi g&ecirc;n&eacute;e que compatissante de Lila, la standardiste, qu&#39;il y a une r&eacute;union super importante ce matin. Je pousse la porte de la grande salle qui pue d&eacute;j&agrave; des pieds, j&#39;entre&nbsp; dedans, avec des mines forc&eacute;es de, j&#39;essaye de pas faire de bruit, ohlalala le vilain, que je suis en retard&#8230; Le Dirlo me regarde d&#39;un air de nazi tr&egrave;s cruel, et Il me Dit&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous &ecirc;tes en retard&#8230; il reste une place devant&nbsp;! Asseyez vous&nbsp;! VITE&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;aurais bien expliqu&eacute; que j&#39;aime pas &ecirc;tre devant, comment penser &agrave; Elle, mais le Directeur a d&eacute;j&agrave; repris&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les ventes de slips en coton lin sont en baisse&#8230; c&#39;est inqui&eacute;tant&#8230; j&#39;ai appris non sans une certaine angoisse les derniers r&eacute;sultats&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Surtout que nous sommes en plein hiver&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nPr&eacute;cise son adjoint, dit le Pets, parce que c&#39;est un fayot avec une bouche en forme d&#39;anus. Tout le monde prend un air catastroph&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sans oublier que les soutards en flanelle sexy nous pendent sur les nichons&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nCa, c&#39;est Big Mooth, le responsable client&egrave;le qui n&#39;a pas un Acad&eacute;micien en travers du gosier. C&#39;est le seul &agrave; dire les choses vraies et justes, d&eacute;sagr&eacute;ables donc, et aupr&egrave;s de la client&egrave;le, il fait merveille, choses fausses et agr&eacute;ables. Il aurait vendu des jarretelles &agrave; une nonne et un string br&eacute;silien &agrave; son amant, &agrave; la nonne.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ne me dites pas que les soutien-gorges en flanelle chic nous restent &eacute;galement sur les bras&nbsp;! S&#39;&eacute;crie au bord du d&eacute;sespoir le Directeur.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ma foi&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBig Mooth prend un air qui en dit long. Cancer. Incurable. Trois mois de r&eacute;mission. Et encore. Je joue avec la boucle en m&eacute;tal de ma chemise cartonn&eacute;e. Elle m&#39;a dit, je cite, <em>ce que j&#39;aime avec toi, Timol&eacute;on, c&#39;est que tu me fais rire&#8230;<\/em> Tout &ccedil;a avec un air un peu &agrave; la Big Mooth. Ambigu quoi. On &eacute;tait au restaurant. Quand on s&#39;&eacute;tait assis, Elle s&#39;&eacute;tait pench&eacute;e pour d&eacute;poser son sac &agrave; terre et j&#39;avais vu l&#39;&eacute;lastique de son string, rose clair, tendu sur sa peau bronz&eacute;e, elle revenait de Guadeloupe. C&#39;&eacute;tait pas un K&eacute;vin Petit, mon Employeur, mais qu&#39;importe, j&#39;&eacute;tais pas au boulot, merde, j&#39;&eacute;tais au resto avec une D&eacute;esse que j&#39;esp&eacute;rais bien voir sans son &eacute;lastique tendu sur sa peau des fesses, ferme et brune. De penser &agrave; &ccedil;a, m&#39;a fait bander, en pleine r&eacute;union dramastrat&eacute;gique. Elle avait pos&eacute; sa main sur la mienne et Elle m&#39;avait dit&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&#39;en pensez-vous, Timol&eacute;on, de relancer une campagne de pub dans les sex-shops des quartiers chauds de la CE&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nHein quoi, je sursaute. Tous les regards sont braqu&eacute;s sur moi. Timol&eacute;on Wittgenstein, tout le&nbsp;monde te regarde. Toi, le charg&eacute; de communication et des relations fesses, &agrave; croire que c&#39;est Toi qui va sauver leur petite Entreprise.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMais je reste, la bouche ouverte comme un trou sur le trottoir, et j&#39;essaye de me rappeler de quoi il s&#39;agit.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230; il faudrait avant tout, s&#39;assurer que les Douanes sont d&#39;accord&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah tiens&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8230; ainsi que l&#39;UE, et l&#39;OMC&#8230; l&#39;ONU et&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe termine comme un pets mourrant. Le Dirlo n&#39;a pas l&#39;air content.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Expliquez-moi en quoi les Douanes&#8230; ces putain de Douanes&#8230; ont &agrave; voir avec une campagne de pub de K&eacute;vin Petit&nbsp;? <em>Hein&nbsp;?!<\/em><br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230; euh&#8230; la libre concurrence&#8230; euh&#8230; les diff&eacute;rences de m&oelig;urs entre membres de la Communaut&eacute;&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aucun rapport&nbsp;! Tonne le Dirlo. Out of sujet&nbsp;! J&#39;ai le Droit de faire la publicit&eacute; que JE VEUX, o&ugrave; JE VEUX&#8230; je n&#39;entrave nullement la jouissance de qui que ce soit en proposant de fa&ccedil;on attractive &agrave; la vente MES soutien-gorges ou MES strings mono-lani&egrave;re&nbsp;!!!!!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe Dirlo est rouge de col&egrave;re. Je vois la veine qui tord son cou, &agrave; droite, battre comme si elle allait &eacute;clater. J&#39;ai, un instant, la vision de cette veine explosant, &eacute;claboussant l&#39;assistance, moi compris, puis le Pets &eacute;met&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A ce propos&#8230; Timol&eacute;on&#8230; o&ugrave; en est votre proposition de logo pour la prochaine ligne sportive sexy de K&eacute;vin Petit, la Forge des Beaux&#8230;&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230; euh&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe suis devenu extr&ecirc;mement rouge. Krishnamurti dit que face &agrave; la douleur, il ne faut choisir ni la vaine r&eacute;volte ni la plate passivit&eacute;, mais l&#39;accepter, l&#39;int&eacute;grer, l&#39;absorber, qu&#39;elle ne fasse qu&#39;une avec vous, au point qu&#39;on la d&eacute;passe et que&#8230; Alors, de ma chemise cartonn&eacute;e, je sors mon vague, tr&egrave;s vague projet. Je tends la feuille, au Dirlo, comme on tend une poign&eacute;e de foin &agrave; un &acirc;ne tr&egrave;s dangereux dans un pr&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nUn oh d&#39;horreur explose dans l&#39;assistance.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhh&nbsp;!<\/em><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe tourne la feuille et je pose mes yeux dessus. C&#39;est Elle, nue, la foufoune bien ouverte, on aurait pu voir jusqu&#39;au fond de sa gorge, et Elle tient les l&egrave;vres de sa euh chose d&eacute;licatement entre ses doigts. Je ferme les yeux, merci Krishnamurti.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je vois pas la plus petite trace de forge sur cette cr&eacute;ature&#8230; glousse Big Mooth.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Timol&eacute;on&nbsp;! barde le Dirlo, vous viendrez me voir dans mon bureau, &agrave; 14 H 00 p&eacute;tantes&nbsp;! Quand on voit la chance que vous avez de travailler en en-ch&acirc;in&eacute;-lance pour la premi&egrave;re marque de sous-v&ecirc;tements &eacute;rotiques nationale, les bras m&#39;en tombent&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Surtout quand on pense que pour votre place, y en a dix qui attendent dehors&#8230; susurre le Pets.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On a envie d&#39;ouvrir grand la porte&nbsp;! Conclue Chatounette, l&#39;Assistance de c&oelig;ur du Dirlo, avec un geste de la main expressif, pour bien montrer.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je d&eacute;clare la s&eacute;ance lev&eacute;e&nbsp;! Beugle le Dirlo.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEt il se casse, aussi sec.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce que je ne comprends pas, me dit un peu plus tard Big Mooth, c&#39;est pourquoi t&#39;as &eacute;t&eacute; choisir la femme du Dirlo comme mod&egrave;le&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi&nbsp;?! Je glapis.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben oui patate&nbsp;! Il glousse. La femme, sur la feuille que t&#39;a brandie, c&#39;&eacute;tait la femme du patron, Graziela &#8230; la moule ouverte, passe encore, on est r&ocirc;d&eacute;s, mais que ce soit la moule de madame Tricotin&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais, mais&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLa t&ecirc;te me tourne. Je sors la feuille et je regarde. C&#39;est pourtant bien Elle. La Femme de Ma Vie. Apr&egrave;s le restaurant, elle m&#39;avait laiss&eacute;e l&#39;Embrasser, j&#39;avais r&eacute;ussi &agrave; approcher le sens du bonheur en glissant un de mes doigts dans son string, &agrave; un demi-doigt de pied d&#39;un pr&eacute;matur&eacute; de Sa fente. Alors que j&#39;&eacute;tais sur le point de toucher au but, elle m&#39;avait repouss&eacute;, d&#39;un air de cils abaiss&eacute;s, et elle m&#39;avait donn&eacute; cette photo, o&ugrave; on la voyait faire enfin ce que vous savez. Elle m&#39;avait dit qu&#39;elle posait nue pour Raymond Depardon, <em>le sexe dans les campagnes fran&ccedil;aises<\/em>, une exposition bient&ocirc;t expos&eacute;e. Que c&#39;&eacute;tait un tirage unique qu&#39;elle me donnait l&agrave;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne comprends pas, je bafouille, cette fille, c&#39;est euh ma copine&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah tiens donc, marmonne Big Mooth qui &eacute;tait en train feuilleter le Monde &eacute;rotique auquel nous achetons des encarts pub.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oui, je te jure&nbsp;! Je m&#39;excite. C&#39;est ma copine, et l&#39;autre soir, apr&egrave;s euh le restaurant, elle m&#39;a donn&eacute; cette photo&#8230; pour que je la mette dans mon portefeuille avec la photo de mes neveux&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Charmante intention&nbsp;! Tes neveux posent-ils de la m&ecirc;me fa&ccedil;on&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBig Mooth part d&#39;un &eacute;norme &eacute;clat de rire. Ahahaahha. A ce moment l&agrave;, Lila, passe la t&ecirc;te par l&#39;encoignure et elle m&#39;a dit&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Timo&#8230; y a quelqu&#39;un pour toi &agrave; l&#39;accueil&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nQui &ccedil;a peut bien &ecirc;tre&nbsp;? Elle peut-&ecirc;tre&nbsp;? Mais non, si c&#39;&eacute;tait La Femme du Dirlo, Elle ne serait pas venue l&agrave;. La Femme du Dirlo, je sursaute&#8230; comment Big Mooth peut-il le savoir&nbsp;? Sur la photo, on ne voit que les doigts et la.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Salut&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nUn jeune homme se tient devant moi. J&#39;&eacute;carquille les yeux, il ne me dit rien du tout. Peut-&ecirc;tre un stagiaire d&#39;une de nos agences graphiques.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me les caillais dehors, alors j&#39;suis rentr&eacute; un peu&#8230; pour voir ce que tu foutais&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nTu. Foutais. Qu&#39;il me dit.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plait-il&nbsp;? je demande d&#39;un ton pinc&eacute;.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben ouais&#8230; on est dix &agrave; attendre dehors que tu veuilles bien l&acirc;cher l&#39;affaire&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi&nbsp;?!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dix qui attendent dehors que tu laisses ta place quoi&#8230; comme le disait ton sous-boss&#8230; tout &agrave; l&#39;heure&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est une blague&nbsp;? Je demande &agrave; Lila en me tournant vers elle.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nElle hausse les &eacute;paules. Je me penche pour voir, &agrave; travers la porte d&#39;entr&eacute;e. Dehors, y a un groupe de mecs, jeunes, l&#39;air teigneux et affam&eacute;, qui attendent, assis sur les marches comme des vautours.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parce que visiblement, promouvoir la culotte et le slip, c&#39;est pas trop ton truc&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais si&nbsp;! Je proteste b&ecirc;tement. J&#39;adore faire &ccedil;a&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bof, dis que tu pr&eacute;f&egrave;res plut&ocirc;t les enlever&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe gar&ccedil;on a un rire mauvais.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce n&#39;est pas incompatible&nbsp;! Je proteste.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMais qu&#39;est-ce que je suis en train de me justifier, face &agrave; un gamin qui pr&eacute;tendait prendre ma place. On nage en plein d&eacute;lire l&agrave;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ecoute, petit&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Monsieur Pailleron&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ta gueule&nbsp;! Tu la vois cette porte avec le string grav&eacute; dedans&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben oui&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien, tu l&#39;ouvres, tu sors et tu la fermes&nbsp;! Parce que vous &ecirc;tes peut-&ecirc;tre dix vautours assis sur les marches dehors, mais moi, je suis assis dedans, devant un truc qui s&#39;appelle bureau, pour essayer de rendre un machin qui s&#39;appelle projet de logo dans le cadre de ce qu&#39;on appelle ici mon CDI&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nPuis je lui tourne le dos, magnifique et grandiose.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous avez un trou aux fesses, me fait remarquer Chatounette, qui passait par l&agrave;.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben comme tout le monde&#8230; je marmonne.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tr&egrave;s dr&ocirc;le, monsieur Wittgenstein. Vous faites ce que vous voulez, mais je le dis pour votre bien&#8230; par ce trou, on voit parfaitement que vous ne portez pas de K&eacute;vin Petit mais un vulgaire Mid&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et alors&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe fais, en soufflant par le nez pour montrer combien elle m&#39;&eacute;nerve.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et alors&#8230; je le dis en passant, une fois encore, si vous n&#39;&ecirc;tes pas content ici, y en a dix comme vous qui attendent dehors&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je sais&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe reviens dans mon bureau. J&#39;essaye de me mettre &agrave; travailler mais je me sens vraiment mal. Big Mooth a un big client au bout du fil. Il essaye de lui faire gober que les strings &eacute;ros-sans-g&ecirc;ne, dernier cr&ucirc;, engendrent chez celles qui en portent des orgasmes accr&ucirc;s. J&#39;entends un bruit derri&egrave;re la vitre. Je tourne la t&ecirc;te et je vois un type, dans la goutti&egrave;re, l&#39;air glac&eacute; et hargneux. J&#39;entrouvre la fen&ecirc;tre.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&#39;est-ce que vous faites l&agrave;&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe demande, un peu angoiss&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&#39;attends ta place connard&nbsp;! Il gueule. Comprends pas pourquoi c&#39;est toi qui a &eacute;t&eacute; pris y a sept ans bient&ocirc;t&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nClac, je referme la fen&ecirc;tre. Mais le type reste l&agrave; dans la goutti&egrave;re, l&#39;air frigorifi&eacute; et teigneux. J&#39;essaye de bosser mais allez bosser avec un mec &agrave; un m&egrave;tre, assis dans une goutti&egrave;re et qui vous quitte pas des yeux. Ca m&#39;a rappel&eacute; que quand j&#39;&eacute;tais petit, un &eacute;t&eacute;, avec mes parents et ma s&oelig;ur Dometile, on avait &eacute;t&eacute; en vacances au Maroc. Un soir, au restaurant, Dometile et moi on avait &eacute;t&eacute; forc&eacute;s de manger notre couscous jusqu&#39;&agrave; la derni&egrave;re graine, sous les yeux de deux petits gar&ccedil;ons aux mains et au visage coll&eacute;s contre la vitre. En rentrant, j&#39;avais vomi et Dom&eacute;tile s&#39;&eacute;tait sagement lav&eacute; les dents.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe rouvre la fen&ecirc;tre.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous allez rester l&agrave; longtemps&nbsp;? Je demande au mec.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jusqu&#39;&agrave; ce que tu te casses, connard&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais je ne vais pas me casser&nbsp;! Je gueule. Jamais&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben si tu te casses pas, on te virera&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&#39;est-ce que t&#39;en sais, abruti&nbsp;? Je braille.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben au vu de la r&eacute;union de ce matin&#8230; et du rendez-vous de cet apr&egrave;s-midi avec le big boss&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&#39;est-ce que tu en sais de ce rendez-vous&nbsp;? Je bafouille. Dis moi&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah non alors&nbsp;! Je te dirai rien&nbsp;! Trop facile&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl ricane.&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu vas parler connard&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;ai beugl&eacute; &ccedil;a, terrifi&eacute;, et je tends une main au travers de la fen&ecirc;tre. Il recule, l&#39;ardoise craque, la goutti&egrave;re aussi, et il se retrouve suspendu par une main, dans le vide.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aide moi&nbsp;! Il crie.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe reste fig&eacute;. Sans rien faire. Compl&egrave;tement paralys&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aide moi&nbsp;! Je t&#39;en <em>supplie<\/em>&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe type crie, crue&#8230; Je ne bouge pas. La goutti&egrave;re craque encore, une fois, et le type bascule dans le vide, avec un &eacute;norme cri.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T&#39;es comme les vieilles maintenant&#8230; tu parles tout seul aux fen&ecirc;tres&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMe demande Big Mooth, qui arrivait tout joyeux, le sex-shopeur s&#39;&eacute;tant fait prendre. Mes jambes tremblent.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&#39;ai tu&eacute; quelqu&#39;un&#8230; Je grelotte.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&#39;est-ce que tu racontes&nbsp;? Il demande, distraitement.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&#39;ai pouss&eacute; quelqu&#39;un&#8230; par la fen&ecirc;tre&#8230; je bafouille.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben voyons&nbsp;! Il glousse. T&#39;as pouss&eacute; qui&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un euh&#8230; concurrent&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tr&egrave;s bien &ccedil;a.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je veux dire&#8230; un concurrent &agrave; ma place&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah parce qu&#39;il y en a&nbsp;?!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEt re &eacute;clats de rire gras.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je voulais te demander, je commence, comment tu peux savoir que c&#39;est la femme du dirlo sur&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nDring. Son t&eacute;l&eacute;phone se met &agrave; sonner, il plonge dessus, comme Barthez et la baballe. Je l&egrave;ve les yeux et je vois une vieille dame devant moi.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qui &ecirc;tes-vous&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suis la maman de Barnab&eacute;&nbsp;! Elle d&eacute;clare, d&#39;un ton tr&egrave;s fier.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est qui ce type&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est mon fils&nbsp;! Elle roucoule encore. Je l&#39;accompagne &agrave; un entretien d&#39;embauche&#8230; il est si tourment&eacute;, le pauvre enfant&#8230; deux ans qu&#39;il a finit ses &eacute;tudes de communication, et toujours rien&nbsp;! Quelques semaines d&#39;int&eacute;rim, de ci, de l&agrave;&#8230; mais jamais de vrais contrats&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je crois que vous faites erreur, je proteste, mal &agrave; l&#39;aise, je ne suis pas recruteur&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non&nbsp;! Elle me r&eacute;plique. Mais vous &ecirc;tes le sortant&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi&nbsp;?!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben c&#39;est que Barnab&eacute; me l&#39;a dit&#8230; d&#39;ailleurs, il m&#39;a dit qu&#39;il montait vous voir&#8230; par la fen&ecirc;tre&#8230; pour vous demander quand est-ce que vous alliez avoir l&#39;obligeance de laisser votre si&egrave;ge &agrave;&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Merde&nbsp;! Je crie. Merde et merde et merde&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jeune homme&nbsp;! Proteste la vieille d&#39;un air choqu&eacute;. Surveillez votre langage&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ta gueule la vieille&nbsp;! Ta gueule ou je te tue&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suis d&eacute;j&agrave; morte, proteste la vieille dignement, je ne fais pas partie de ces gens qui auront la chance de faire sauter leurs petits-enfants sur les genoux&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oh c&#39;est pas vrai&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe me laisse tomber, sur le si&egrave;ge, ma t&ecirc;te entre les mains. Je presse mes doigts sur mes yeux, fort, tr&egrave;s fort. Tout tourne autour de moi.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelque chose ne va pas&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nC&#39;est Big Mooth, encore lui, pench&eacute; sur moi d&#39;un air inquiet.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T&#39;as l&#39;air vraiment bizarre, toi, aujourd&#39;hui&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Euh non&#8230; je marmonne, &ccedil;a va&#8230; euh&#8230; t&#39;as pas vu une vieille dame tout &agrave; l&#39;heure&nbsp;? Assise l&agrave;&nbsp;? Devant mon bureau&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une mannequin pour la ligne granny-is-sexy&nbsp;? Il se marre. Tu sais bien que les prises de vue ne sont pr&eacute;vues que pour No&euml;l prochain&nbsp;! On laisse passer la canicule, pas la peine de se fatiguer &agrave; battre la campagne pour des vieilles qui seront peut-&ecirc;tre mortes dans quatre mois&nbsp;! Viens, on va bouffer&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe r&eacute;pond rien et je le suis, &agrave; la cantine. Quand mon tour arrive, ma carte refuse de passer.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e aujourd&#39;hui&nbsp;! Me dit la caissi&egrave;re qui ressemble &agrave; Marine Le Pen, en moins belle et moins classe.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Esp&egrave;ce de goinfre&nbsp;! Ricane Big Mooth.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais je ne suis pas venu manger ici depuis au moins dix jours! Je proteste.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je-sais-pas-j&#39;y-peux-rien-c&#39;est-comme-&ccedil;a&nbsp;! R&eacute;plique la caissi&egrave;re. La machine dit, la caissi&egrave;re suit&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais vous avez pas une id&eacute;e de qui &ccedil;a pourrait &ecirc;tre&nbsp;? Je demande, b&ecirc;tement.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous me prenez pour une extra-lucide&nbsp;? Elle grince.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Laisse b&eacute;ton&nbsp;! fait Big Mooth. Je t&#39;invite&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oui mais quand m&ecirc;me&#8230; c&#39;est pas normal&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Laisse tomber, je te dis&nbsp;! &ccedil;a doit &ecirc;tre le probl&egrave;me informatique du jour&#8230; et visiblement pas ta journ&eacute;e&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nOn part s&#39;asseoir. Je me sens de plus en plus troubl&eacute;. Qui s&#39;est servi de ma carte. J&#39;aper&ccedil;ois le type de l&#39;accueil, en train de manger. Je me l&egrave;ve, d&#39;un bond.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu vas o&ugrave;&nbsp;? me demande Big Mooth d&#39;un air surpris.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe me dirige vers le type. Je me sens soudain rempli de haine.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh toi&#8230; qu&#39;est-ce que tu fiches l&agrave;&nbsp;? Je gueule.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben je mange, figure toi&#8230; les sans-travail ont aussi droit de manger&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl a r&eacute;pliqu&eacute; &ccedil;a, m&eacute;prisant.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pas avec ma carte&nbsp;! Salopard&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pourquoi pas&nbsp;? Puisque bient&ocirc;t ce sera la mienne&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEt je me jette sur lui. On commence &agrave; se battre, les plateaux giclent sur le sol, pan, les p&acirc;tes, pan, la cr&egrave;me renvers&eacute;, pan, les betteraves &agrave; la vinaigrette&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais qu&#39;est-ce que tu fais&#8230; &ccedil;a va pas la t&ecirc;te&#8230; arr&ecirc;te Timo&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nC&#39;est Big Mooth, qui essaye de nous s&eacute;parer. Je frappe, je frappe, moi qui n&#39;ai jamais frapp&eacute; quelqu&#39;un de ma vie, et moi qui, ce matin encore, r&ecirc;vais presque d&#39;&ecirc;tre au ch&ocirc;mage. On se jette sur nous, on nous tire qui le bras, qui la cheville, on essaye de nous d&eacute;sencastrer, enfin, on y parvient&#8230; Le type crache dans ma direction, pauvre mec, et je lui tourne le dos, en m&#39;essuyant le nez, plein de sang.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&#39;est-ce qui t&#39;a pris&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nMe demande d&#39;un ton horrifi&eacute; Big Mooth, mais &eacute;galement un peu admiratif. Oui, admiratif, et c&#39;est la premi&egrave;re fois, je dois dire, que Big Mooth a un ton admiratif en s&#39;adressant &agrave; moi.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce type&#8230; il est en train de me voler la place&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi&nbsp;? Qu&#39;est-ce que tu racontes&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il veut ma place&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJ&#39;ai hurl&eacute; &ccedil;a et les gens se sont encore retourn&eacute;s.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T&#39;es dingue&#8230; me dit Big Mooth d&#39;un air un peu paniqu&eacute;&#8230; ce type, c&#39;est le stagiaire de la compta&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi&nbsp;? Je sursaute. Qu&#39;est-ce que tu dis&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ben oui, c&#39;est leur nouveau stagiaire&#8230; qu&#39;est-ce que tu veux qu&#39;il aille foutre au service com et graphisme&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe suis &agrave; la fois rassur&eacute; et pas rassur&eacute;. Ce type peut tr&egrave;s bien avoir lanc&eacute; une t&ecirc;te de pont&#8230; et puis &ccedil;a ne r&egrave;gle pas le probl&egrave;me de ma carte, ni de tout ce que j&#39;ai v&eacute;cu depuis ce matin. Je chasse tout &ccedil;a de ma t&ecirc;te et je demande &agrave; Big Mooth&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dis-moi, ma couille, comment tu sais que c&#39;&eacute;tait la chagoune de la femme du boss sur la photo, ce matin&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBig Mooth prend un air myst&eacute;rieux mais il est interrompu par un coll&egrave;gue, le Pivert, qui lui fait toc toc, son tic, sur l&#39;&eacute;paule. J&#39;abandonne, en soupirant, et je rentre au bureau.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nA 14 H 30 p&eacute;tantes, je suis assis en face du Directeur. Accessoirement, je vous pr&eacute;ciserais qu&#39;en rentrant du d&eacute;jeuner, j&#39;ai d&ucirc; virer de mon bureau un des mecs du dehors qui s&#39;y &eacute;tait install&eacute;. Pour pouvoir r&eacute;ussir &agrave; pisser, j&#39;ai d&ucirc; &eacute;trangler un de ces potes et j&#39;ai d&ucirc; raccrocher, brutalement au t&eacute;l&eacute;phone, avec un client car il y avait un autre gars qui ne cessait, derri&egrave;re moi, de faire entendre des bruits obsc&egrave;nes. Je lui ai cass&eacute; la gueule, et j&#39;ai jet&eacute; sa d&eacute;pouille par la fen&ecirc;tre.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si je vous ai convoqu&eacute;&#8230; a commenc&eacute; le Dirlo. C&#39;est pour parler avec vous de l&#39;Avenir&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D&#39;accord, je dis &ccedil;a, la fesse raide, je d&eacute;teste.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment le voyez-vous&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl m&#39;a dit &ccedil;a, en se jetant en arri&egrave;re dans son fauteuil, qu&#39;il a mis sur le mode co&iuml;t doux, ce qui fait qu&#39;il s&#39;y balance tout doucement en t&eacute;tant son cigare qui repr&eacute;sente le p&eacute;nis d&#39;un de ses actionnaires principaux.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Euh comment je le vois&#8230;&nbsp;? je marmonne.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oui, comment vous le voyez, vous&#8230; sentez vous libre de dire ce qui vous passe par la t&ecirc;te&#8230; nous sommes ici entre &ecirc;tres humains&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230; je me vois euh&#8230; rencontrer une chouette fille, avec qui je me marierai et avec qui j&#39;aurais 1,8 enfants et&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je voulais parler de votre Avenir professionnel&#8230; vous savez.. le bureau&#8230; cet endroit o&ugrave; on gagne sa vie&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah oui&nbsp;! ah oui&nbsp;! ah oui&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe suis devenu tout rouge.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230; je me vois acc&eacute;der au poste de euh directeur artistique&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De directeur artistique&#8230; r&eacute;p&egrave;te tout doucement le Dirlo.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Euh oui&#8230; ou bien de responsable de la communication&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De responsable de la communication tiens donc&#8230; r&eacute;p&egrave;te sur le m&ecirc;me ton le Dirlo.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oui&#8230; ou de&#8230; enfin&#8230; n&#39;importe quoi, quoi&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; N&#39;importe quoi&#8230; glousse le Dirlo&#8230; comme c&#39;est int&eacute;ressant&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce que je veux dire, j&#39;avale ma salive, c&#39;est que euh&#8230; je suis bien dans ce que je fais actuellement mais&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et vous faites quoi actuellement, justement&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nDemande le Dirlo, en se penchant vers moi, comme s&#39;il a l&#39;air tr&egrave;s int&eacute;ress&eacute; par mes occupations dans ses locaux.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Eh bien&#8230; je m&#39;occupe des campagnes de publicit&eacute; de euh vos sous-v&ecirc;tements&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah comme c&#39;est bien &ccedil;a&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suis euh Concepteur-R&eacute;alisateur d&#39;Id&eacute;es&#8230; CRI quoi&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un CRI&#8230; et quel CRI&#8230; ricane &agrave; nouveau le Dirlo.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe commence &agrave; me sentir de plus en plus mal. Je regarde les murs, dessus il y a la derni&egrave;re campagne de publicit&eacute;. On n&#39;avait conserv&eacute; qu&#39;une seule de mes g&eacute;niales id&eacute;es&nbsp;: on voyait un sage indien, assis sur des clous, avec un slip de la gamme m&ecirc;me-&agrave;-la-guerre. Le slogan en &eacute;tait, clou d&#39;acier, moral d&#39;enfer, m&ecirc;me-&agrave;-la-guerre, mon slip reste de fer&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mon cher Wittgenstein&#8230; articule le Dirlo en se penchant vers moi&#8230; il y a deux choses que je voudrais savoir&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lesquelles monsieur le Dirloeuhdirecteur&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est pourquoi vous n&#39;avez pas suivi la voie de votre p&egrave;re&#8230; &agrave; savoir la philosophie&#8230; la branlette de neurones, les pieds au chaud, conception petit fonctionnaire et formatage, donneur de le&ccedil;ons internationales dans son petit p&eacute;rim&egrave;tre carr&eacute; de velours avec tout plein de livres sur les murs&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&#39;est que euh&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n&#39;ai pas fini&nbsp;! Il siffle. Au lieu que de venir proposer de vagues id&eacute;es &agrave; une entreprise s&eacute;rieuse, qui a besoin de r&eacute;ussir pour ne pas crever, elle&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais euh je euh&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et j&#39;aimerais savoir aussi ce que diable fichait dans vos papiers la CHAGOUNE DE MA FEMME&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl a hurl&eacute; &ccedil;a. Je me demande b&ecirc;tement quelle est la question la plus prioritaire, et la r&eacute;ponse la plus urgente &agrave; faire. Sachant que pour les deux, c&#39;est&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chais pas&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nIl me lance un regard assassin. Puis il dit&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ma femme est une Artiste&#8230; Rotterdam, Amsterdam, Bangkok, Riga&#8230; elle a visit&eacute; toutes les villes et pos&eacute; pour les plus grands noms de la photographie&#8230; Cartier Bresson, Lartigue, Doisneau, Mappelthorpe&#8230;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Depardon aussi&nbsp;! Je glapis, tout content de pouvoir participer.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Pardon&nbsp;?<\/em> Je ne vous demande pas d&#39;excuses mais des explications&nbsp;!!!! Que fichait ce clich&eacute; UNIQUE dans vos papiers&nbsp;?<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais je ne sais pas&nbsp;! Je g&eacute;mis. J&#39;ai ouvert la pochette et il &eacute;tait l&agrave;&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant que je ne vous vire et ne vous permette ainsi d&#39;alimenter le cours de la philosophie nihilo-vainiste actuelle, j&#39;Exige que vous me disiez OU VOUS AVEZ&#8230;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLa porte s&#39;ouvre et un jeune type entre. Un des types que j&#39;ai tu&eacute;s, je vous jure. Ou un autre, je ne sais plus bien. Tout se m&eacute;lange. Krishnamurti dit qu&#39;il faut savoir observer, &ecirc;tre loin, sans &eacute;loignement. Y &ecirc;tre sans y &ecirc;tre. Je passe la main. Non seulement, ils allaient prendre ma place mais ils &eacute;taient plus Krishnamurtistes que moi, vu que eux, ils arrivaient &agrave; &ecirc;tre morts sans &ecirc;tre morts, visiblement.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Votre femme vous attend dans le hall&#8230; roucoule le connard&#8230; pour l&#39;inauguration de sa derni&egrave;re exposition avec Raymond&#8230; La fente rurale&#8230; Raymond<a name=\"_ftnref1\" href=\"mambots\/editors\/jce\/jscripts\/tiny_mce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftn1\" title=\"_ftnref1\">&ordf;<\/a> vous rejoint sur place&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Merci Timo&nbsp;! J&#39;arrive&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Timo&nbsp;?!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nCe cri m&#39;&eacute;chappe, brutal.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Timo&#8230; pour Timoth&eacute;e, me dit le type, avec un vague coup d&#39;&oelig;il.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Raccompagnez ce suspect &agrave; son bureau&#8230; ce soir, il doit avoir rang&eacute; ses affaires et disparu d&#39;ici, y compris des fichiers&nbsp;! Claque le Dirlo.<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si j&#39;ai ce clich&eacute;, je l&acirc;che, &eacute;perdu, c&#39;est parce que je baise votre femme&nbsp;!<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah tiens&nbsp;?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nFait le Dirlo en levant un sourcil, faussement &eacute;tonn&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ma femme, petit&#8230; y en a dix qui attendent dehors pour se la mettre&#8230; mais c&#39;est une Artiste, ma femme, elle montre, mais elle ne donne pas&#8230; c&#39;est pour &ccedil;a qu&#39;elle est toujours ma femme&nbsp;!<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEt sur ce, le Dirlo s&#39;en va. Magnifique et grandiose.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe l&#39;entends expliquer &agrave; Raymond<a name=\"_ftnref2\" href=\"mambots\/editors\/jce\/jscripts\/tiny_mce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftn2\" title=\"_ftnref2\">&ordf;<\/a>&ordf; dans le couloir que pour dix artistes-photographes qui peinent, un seul, et encore, pourra peut-&ecirc;tre acc&eacute;der &agrave; la gloire, ou ne serait-ce qu&#39;&agrave; la reconnaissance, m&ecirc;me petite. Ca me rappelle que&#8230; lui r&eacute;pond Raymond. Le reste se perd dans le couloir.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nLe type attend, tranquillement que je le suive. Je vais &agrave; la fen&ecirc;tre, j&#39;ouvre la fen&ecirc;tre. Je me dis que le monde est fou, mais pas forc&eacute;ment comme on le pense.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe referme la fen&ecirc;tre, je t&acirc;te le sens du bonheur, dans ma poche, puis je sors du bureau, suivi par l&#39;autre, je descend, je n&#39;entre pas dans mon bureau, je sors dans la rue. Et je dis aux gars, assis devant l&#39;entr&eacute;e&nbsp;:<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour un de pris, y en a toujours 9 dehors et un autre qui sort&#8230; qui nous font dix&#8230; Bonne chance&nbsp;les gars !<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nEt je m&#39;en vais, tranquillement. Comme dirait mon p&egrave;re, viens donc d&eacute;jeuner chez moi, y a pas plus d&eacute;cadent.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n* Proverbe bien connu des employ&eacute;s de bureau et des salari&eacute;s m&ecirc;me non fouett&eacute;s\n<\/p>\n<div align=\"justify\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<p align=\"justify\">\n<a name=\"_ftn1\" href=\"mambots\/editors\/jce\/jscripts\/tiny_mce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftnref1\" title=\"_ftn1\">&ordf;<\/a> Depardon, bien s&ucirc;r.<br \/>\n<a name=\"_ftn2\" href=\"mambots\/editors\/jce\/jscripts\/tiny_mce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftnref2\" title=\"_ftn2\">&ordf;<\/a>&ordf; Depardon, donc.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&#39;est pas que je m&#39;ennuie mais c&#39;est pas que je m&#39;amuse non plus. Quand j&#39;&eacute;tais &eacute;tudiant, c&#39;&eacute;tait pas mieux, mais je pouvais au moins me non-amuser chez moi. Maintenant, je suis grand, je gagne ma vie. 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