{"id":87,"date":"2006-10-08T19:06:04","date_gmt":"2006-10-08T19:06:04","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=87"},"modified":"2006-10-09T10:30:21","modified_gmt":"2006-10-09T10:30:21","slug":"On the road again","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=87","title":{"rendered":"On the road again"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nLundi, la reprise, dans tous les sens du terme. Je suis arriv&eacute;e au boulot plus crev&eacute;e que J&eacute;sus qui aurait tra&icirc;n&eacute; sa croix sur toute la Palestine. Envie de crever. Le spectre du pervers pas p&eacute;p&egrave;re assis sur ma poitrine avec le QCM, les questions sans choix merveilleux. Jusqu&#39;&agrave; quand la princesse Marie Chotek allait-elle &ecirc;tre condamn&eacute;e &agrave; vivre ces non-contes de f&eacute;es grotesques&nbsp;? Jusqu&#39;&agrave; quand devrait-elle agiter sa cr&eacute;celle pour tenir &eacute;loign&eacute;s d&#39;elle les couples heureux afin de ne pas contaminer leur bonheur&nbsp;? Jusqu&#39;&agrave; quand la m&eacute;chante f&eacute;e Je t&#39;aime pas lui glisserait-elle des peaux de banane sous sa tra&icirc;ne de future reine. Et jusqu&#39;&agrave; quand bordel de&#8230;\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonjour mademoiselle Chotek.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nJ&#39;ai lev&eacute; la t&ecirc;te. Madame Irma venait d&#39;entrer dans le bureau. M&eacute;connaissable. Tailleur Simone Weil, laine et cordage, rose, avec des bas &eacute;pais, blancs, et des mocassins &agrave; talons plats. Des lunettes carr&eacute;s. Un serre-t&ecirc;te tr&egrave;s serr&eacute; autour de la t&ecirc;te.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEuh, bonjour madame Irma, vous allez euh bien?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tTr&egrave;s.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPas trop dure la reprise?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPas du tout.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tSi vous vous sentez fatigu&eacute;e, on peut s&#39;arranger avec Saint Fran&ccedil;ois pour&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe n&#39;ai besoin de l&#39;aide de personne.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAh.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe vais aller trier mon courrier.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nTout ceci dit d&#39;un ton atone, et sans aucune de ces fioritures qui faisaient tout le charme (exasp&eacute;rant) de madame Irma. Je me suis rassise, un peu mal &agrave; l&#39;aise, et je n&#39;ai pu m&#39;emp&ecirc;cher de sortir une photo du Lieu o&ugrave;&#8230; La mer, la falaise, les rochers, le vert de la lande, et un morceau de Marc (un pied) d&eacute;passant dans un coin.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&#8211; Rangez cette photo! A couin&eacute; madame Irma.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nElle avait gliss&eacute; jusqu&#39;&agrave; moi sur ses talons plats et se tenait derri&egrave;re mon dos. Je sentais son souffle m&eacute;dicament&eacute; dans mon cou. Je ne savais pas quoi r&eacute;pondre parce que je ne voyais tout simplement pas quoi lui r&eacute;pondre.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous &ecirc;tes ici pour travailler, mademoiselle Chotek, pas pour vous caresser l&#39;esprit!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nCaresser l&#39;esprit, mince. Sur ce Saint Fran&ccedil;ois est entr&eacute;, en lan&ccedil;ant un &laquo;&nbsp;bonjour Marie&nbsp;!&nbsp;&raquo;&#8230; Puis il a aper&ccedil;u madame Irma, qui se tenait roide, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi et son esprit a enregistr&eacute; l&#39;image (quelle est donc cette vieille rombi&egrave;re qui se tient &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ma coll&egrave;gue d&eacute;penaill&eacute;e), avant que de s&#39;exclamer&nbsp;:\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bonjour, madame Irma!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonjour, monsieur d&#39;Assise.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous allez bien?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tTr&egrave;s.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPas trop dure la reprise?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPas du tout.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tSi vous vous sentez fatigu&eacute;e, on peut s&#39;arranger avec&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe n&#39;ai besoin de l&#39;aide de personne.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nIl faut dire aussi qu&#39;on avait r&eacute;p&eacute;t&eacute; le &laquo;&nbsp;dialogue du retour&nbsp;&raquo; la semaine derni&egrave;re.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAh euh eh bien&#8230; bienvenue parmi vous\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\t&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEt euh, c&#39;&eacute;tait pas trop p&eacute;nible la maison de repos?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nCa, c&#39;&eacute;tait pas du tout pr&eacute;vu dans le &quot;dialogue du retour&quot;.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe ne vois pas de quoi vous voulez parler, monsier d&#39;Assise.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBen euh&#8230; ah euh sinon&nbsp;je vous conseille de prendre un chien, ou un chat, chez vous&#8230; des psychoth&eacute;rapeutes am&eacute;ricains ont d&eacute;montr&eacute; que la pr&eacute;sence d&#39;un animal vivant chez soi jouait le m&ecirc;me r&ocirc;le qu&#39;un anti-d&eacute;presseur&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tMonsieur d&#39;Assise, non seulement vous &ecirc;tes en retard mais en plus, vous dites n&#39;importe quoi!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBen euh c&#39;est-&agrave;-dire que&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAllez vous asseoir! Et travaillez! Vous &ecirc;tes ici tous les deux pour tra-vai-ller!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nEt ce, toute l&#39;apr&egrave;s-midi. On nous avait compl&egrave;tement chang&eacute; madame Irma en une sorte d&#39;ap&ocirc;tre du travail-famille-patrie&nbsp;et d&#39;une certaine fa&ccedil;on, &ccedil;a me caressait l&#39;esprit autrement qu&#39;avec les chaussettes &agrave; clous du Landru de la Pastille. Elle &eacute;tait devenue compl&egrave;tement folle de travail, elle s&#39;est inscrite &agrave; tous les stages de formation dans le domaine du pr&ecirc;t bancaire &agrave; artiste, elle a convoqu&eacute; trois de nos &eacute;ternels requ&eacute;rants pour non paiement de leur &eacute;ch&eacute;ance&#8230;\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tCet argent n&#39;est ni le v&ocirc;tre ni le mien! C&#39;est celui des Fran&ccedil;ais! Vous DEVEZ payer!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nElle m&#39;a aussi exhort&eacute;e &agrave; m&#39;occuper un peu plus des miens, ma grand-m&egrave;re notamment et de penser &agrave; enfin mettre bas car les enfants &eacute;taient le sel de la femme (quelque chose dans ce genre). Elle a termin&eacute; son petit la&iuml;us par un &quot;vive la France&quot; avant que de d&eacute;crocher son t&eacute;l&eacute;phone pour engueuler un autre artiste. Quand je suis partie &agrave; 18 H 00, elle attendait son rendez-vous avec Saint-Marc M&eacute;nage, le chef du personnel pour discuter de l&#39;avantage qu&#39;il y aurait, selon elle, &agrave; installer une pointeuse&#8230; Mince, son s&eacute;jour chez les esprits fragiles l&#39;avait carr&eacute;ment m&eacute;tamorphos&eacute;e. A un moment, j&#39;ai os&eacute; un vicieux&#8230;\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEt vous comptez vous r&eacute;inscrire &agrave; l&#39;atelier th&eacute;&acirc;tre cette ann&eacute;e? Parce que je me disais que je vous accompagnerai volontiers&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tQuelle question! Ces saltimbanques ne m&#39;int&eacute;ressent aucunement! Je ne comprends m&ecirc;me pas pourquoi vous me la posez!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nCela faisait pourtant 17 ans que chaque ann&eacute;e, madame Irma s&#39;inscrivait &agrave; l&#39;atelier Th&eacute;&acirc;tre propos&eacute; par le syndicat Sud-Com&eacute;die. Proposaient-ils le m&ecirc;me traitement dans cet asile dont elle revenait telle une m&acirc;ne remodel&eacute;e pour les filles poss&eacute;d&eacute;es non par l&#39;art dramatique mais par le drame, tout court, amoureux, m&ecirc;me douteux ?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJe suis rentr&eacute;e &agrave; la maison, et pour ne pas c&eacute;der &agrave; la tentation d&#39;appeler pour la 102<sup>&egrave;me<\/sup> fois le pervers pas p&eacute;p&egrave;re (je raccrochais toujours avant que &ccedil;a ne d&eacute;croche, ce qu&#39;il ne faisait d&#39;ailleurs jamais gr&acirc;ce sans doute au tra&icirc;tre T&eacute;l&eacute;com qui affichait grassement mon num&eacute;ro sur son cadran), j&#39;ai fil&eacute; retrouver Aveline, &agrave; la <em>Perche agile<\/em>, un bistrot sur le th&egrave;me du cirque, dans le quartier du p&egrave;re Lachev&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nElle devait me raconter l&#39;histoire de la fille du cheval roumain. Myst&eacute;rieux. Aveline me tenait chaque jour ou presque en haleine avec des histoires de ce style, comme une sorte de Sh&eacute;h&eacute;razade de l&#39;amiti&eacute;, l&#39;objectif &eacute;tant de me faire sortir de la t&ecirc;te le pervers pas p&eacute;p&egrave;re dans le temps du moins o&ugrave; elle me racontait cette histoire.&nbsp;Ca + quelques verres de vin &eacute;clus&eacute;s&nbsp;avec rires gras et inventions de fille&nbsp;pour d&eacute;traquer l&#39;ennui, &agrave; tout mettre danger pour nous sauver de notre folie,&nbsp;comme disait le&nbsp;grand Hubert-F&eacute;lix (d&eacute;sormais mari&eacute;, deux enfants), j&#39;arrivais ensuite &agrave; sombrer dans le sommeil, derri&egrave;re le frigidaire, en compagnie de ma grenouille de conscience qui me sussurait, un salaud de perdu, dix ans de vie gagn&eacute;s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi, la reprise, dans tous les sens du terme. Je suis arriv&eacute;e au boulot plus crev&eacute;e que J&eacute;sus qui aurait tra&icirc;n&eacute; sa croix sur toute la Palestine. Envie de crever. Le spectre du pervers pas p&eacute;p&egrave;re assis sur ma poitrine avec le QCM, les questions sans choix merveilleux. Jusqu&#39;&agrave; quand la princesse Marie Chotek allait-elle &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=87\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/87"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=87"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/87\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=87"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=87"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=87"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}