{"id":94,"date":"2006-10-13T12:45:19","date_gmt":"2006-10-13T12:45:19","guid":{"rendered":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=94"},"modified":"2006-10-13T15:59:19","modified_gmt":"2006-10-13T15:59:19","slug":"The plot against Marika","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mariechotek.com\/?p=94","title":{"rendered":"The plot against Marika"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<em>Bon, c&#39;est la suite du voisin, niouse du lundi pas joli. Car le voisin persiste et ne signe pas, justement. Il se contente d&#39;&eacute;mettre des sons hostiles &agrave; travers les &eacute;paisseurs peu &eacute;paisses&#8230;&nbsp;et d&#39;arracher l&#39;&eacute;tiquette de ma bo&icirc;te aux lettres. Attention, c&#39;est un drame&nbsp;proprement poignant, &eacute;loignez les petits enfants.<\/em><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n18 H 22, je rentre dans le hall, l&#39;&eacute;tiquette de la bo&icirc;te aux lettres est encore l&agrave;. Je retire le courrier, ras, deux enveloppes humanitaires dont une avec une petite cuill&egrave;re en plastique int&eacute;gr&eacute;e qui sert &agrave; nourrir les enfants-squelettes dont la photo est visible sans m&ecirc;me ouvrir l&#39;enveloppe. J&#39;h&eacute;site une seconde &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer la petite cuill&egrave;re pour &eacute;taler ma peinture avec. Le cynisme a des limites, je n&#39;ose m&ecirc;me pas jeter l&#39;enveloppe dans la poubelle, je repars avec, la queue basse.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n18 H 25. Je crois dans les escaliers le principal accus&eacute; dans cette histoire r&eacute;currente des &eacute;tiquettes arrach&eacute;es. Monsieur Arsenic Pivert, 59 ann&eacute;es de lutte contre le bruit et les &eacute;tiquettes en papier, dramaturge non publi&eacute; et fan de patins &agrave; glace &agrave; la t&eacute;l&eacute;. Grand sourire, bonsoir m&acirc;demo&icirc;selle Ch&ocirc;tek. Tout juste s&#39;il ne l&egrave;ve pas son chapeau. Je rentre dans l&#39;appartement, et apr&egrave;s m&#39;&ecirc;tre jet&eacute;e voracement sur un vieux bout de camembert agonisant, sous le regard accusateur des enfants-squelettes (je retourne l&#39;enveloppe sur la table), je me saisis de mon sac de piscine et je redescends l&#39;escalier.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n18 H 45. L&#39;&eacute;tiquette a &eacute;t&eacute; arrach&eacute;e. Une &eacute;norme bouff&eacute;e de rage &agrave; haleine de camembert me remonte &agrave; la gorge. Salopard&nbsp;! Encul&eacute;&nbsp;! Merdeux&nbsp;! J&#39;aurais du me m&eacute;fier, quand je L&#39;ai crois&eacute;, j&#39;aurais du retourner sur mes pas et le prendre sur le fait. Je lui aurais bondi dessus, mon pied &eacute;norme sur ses fesses plates. Son regard affol&eacute;. Son cou entre mes mains. Sa vie d&eacute;pendant de ma seule et unique volont&eacute;. Je te condamne &agrave; coller chaque jour une nouvelle &eacute;tiquette sur ma bo&icirc;te. Oui, m&acirc;itreeeeeeeee&#8230;\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n18 H 48. Je remonte chez moi me saisir illico des &eacute;tiquettes stock&eacute;es en pr&eacute;vision du 57<sup>&egrave;me<\/sup> arrachage de mon identit&eacute; bo&icirc;te &agrave; lettrale. Je redescends aussit&ocirc;t, apr&egrave;s avoir appel&eacute; le petit prince Sacha pour lui faire part de mon courroux, et lui annoncer mon retard au club de natation.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n18 H 52. Je colle l&#39;&eacute;tiquette sur la bo&icirc;te aux lettres, rageusement. Si jamais ce b&acirc;tard de sa race d&#39;encul&eacute; profond maudite passe, je lui fais la peau. Tu ne peux pas, quelles sont tes preuves&nbsp;? Le petit prince au bout du non-fil. J&#39;en ai pas encore de preuves mais tout l&#39;accuse. C&#39;est le seul de l&#39;immeuble &agrave; me pers&eacute;cuter ainsi. Coup dans le plafond, portes claqu&eacute;es, aspirateur rageur, insultes &agrave; travers le plancher.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPeut &ecirc;tre essaye-t-il de rentrer en contact avec toi? Me sugg&egrave;re le petit prince.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPeuh, encore une hypoth&egrave;se &agrave; la petit prince &ccedil;a, je grogne en mettant une douzi&egrave;me couche de scotch, et puis, pour me demander quoi?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tDe faire une partouze peut &ecirc;tre? Me sugg&egrave;re le petit prince.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nLe pire c&#39;est qu&#39;il a l&#39;air s&eacute;rieux en disant &ccedil;a. Je vais me le faire, j&#39;assure au petit prince, je te jure que je le vois passer, je lui &eacute;crase sa sale gueule sur les bo&icirc;tes aux lettres.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nIl est 19 H 01, et Arsenic Pivert vient de p&eacute;n&eacute;trer &agrave; nouveau dans l&#39;immeuble. Je me retourne, le voisin me fait un &eacute;norme sourire.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEnfin&#8230; re-bonsoir devrai-je dire, m&acirc;demo&icirc;selle Ch&ocirc;tek&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\t&lsquo;bsoir\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nJe marmonne, me sentant l&acirc;che et merdeuse. Le pire est de sentir coupable, malgr&eacute; tout.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tS&#39;il avait en train de bougonner, je l&#39;aurais agress&eacute;! Je me justifie aupr&egrave;s du petit prince toujours au bout du non fil.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir la jeunesse&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nIl est 19 H 05. C&#39;est Francine, 82 printemps, qui arrive sur sa trottinette.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAu fait, mad&#39;moiselle Chossek, quand est-ce qu&#39;on &eacute;change nos bo&icirc;tes aux lettres?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAh oui, c&#39;est vrai&#8230; je soupire. Ben d&egrave;s que vous avez toutes vos cl&eacute;s, on fait l&#39;&eacute;change. Au fait, vous avez vu Francine, on m&#39;a encore arrach&eacute; mon &eacute;tiquette de&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tParce que&#8230; regardez&#8230; me coupe la Francine en se mettant sur la pointe des pieds, la mienne est beaucoup trop haute&#8230; je me suis encore mesur&eacute;e hier soir&#8230; 1 m 51&#8230; &agrave; l&#39;&eacute;poque, on naissait moins grands que maintenant&#8230; ma m&egrave;re disait, les b&eacute;b&eacute;s des ann&eacute;es 20, on aurait pu les &eacute;garer&#8230; regardez&#8230; m&ecirc;me sur la pointe des pieds, je n&#39;arrive pas &agrave; atteindre le bord&#8230; quant &agrave; voir dans le fond&#8230; je me rappelle&#8230; en 1944&#8230; quand les Allemands s&#39;&eacute;taient install&eacute;s dans la loge&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nPeut &ecirc;tre que le voisin est allemand, et qu&#39;il est rest&eacute; quand ces camarades de loge ont d&eacute;guerpi&nbsp;? J&#39;h&eacute;site &agrave; demander &agrave; Francine, qui est n&eacute;e en 1924 dans l&#39;immeuble, si par hasard des Juifs auraient &eacute;t&eacute; d&eacute;nonc&eacute;s pendant la guerre dans cet immeuble. Par un d&eacute;nomm&eacute; suppos&eacute;ment Arsenic Pivert qui les aurait livr&eacute;s &agrave; la Milice apr&egrave;s avoir arrach&eacute; leurs &eacute;tiquettes avec constance pendant des ann&eacute;es.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe vais devoir y aller Francine&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230; quel est ce rassemblement de plus de deux personnes?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nC&#39;est le militant Laguillertiste qui arrive et qui glousse. Francine fait la grimace, elle vote Besancenot. Le voisin militant commence &agrave; glisser des tracts dans les bo&icirc;tes aux lettres. Francine, dress&eacute;e sur la pointe des pieds, met ses bouts de doigts devant la sienne.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tPas la mienne!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEnfin Francine, proteste le voisin, en d&eacute;mocratie, il faut se tenir inform&eacute; de tous les programmes!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tLe Besancenot est un petit con arriviste! Glapit Francine.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous avez vu, je dis au Besaacenotiste, on m&#39;a encore arrach&eacute; mon&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe ne vous laisserai pas dire &ccedil;a! Braille le militant.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tC&#39;est pourtant vrai&#8230; je bafouille.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBesancenot est l&#39;avenir de ce triste pays aux mains du grand Kapital et des nationalistes haineux!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tCa fait la 57<sup>&egrave;me<\/sup> fois que l&#39;on me l&#39;arrache&#8230; je b&ecirc;le.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nEncore le coupable (tout juste &agrave; peine pr&eacute;sum&eacute;) qui passe, sa moustache fi&egrave;rement brandie, un parapluie sous le bras.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tD&eacute;cid&eacute;ment, m&acirc;demo&icirc;selle Ch&ocirc;tek, nous n&#39;arr&ecirc;tons pas de nous croiser&#8230; il glousse.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tMonsieur Pivert, l&#39;harponne Francine, dites &agrave; monsieur P&eacute;tition de cesser de fourrer ses tracts dans nos boites aux lettres!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nMais monsieur Pivert est d&eacute;j&agrave; loin dans l&#39;escalier.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tB&#39;soir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nC&#39;est le jeune du sixi&egrave;me qui rentre avec sa planche &agrave; roulettes sous le bras. Il a de la chance lui, ses voisins sont des gens normaux qui n&#39;appellent pas l&#39;ONU &agrave; chaque fois qu&#39;il monte le son du rap qu&#39;il &eacute;coute &agrave; longueur de journ&eacute;e.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tAu fait, madame, me fait-il (tout &ccedil;a parce que 15 ridicules petites ann&eacute;es nous s&eacute;parent), je voulais vous parler du ravalement&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous avez vu, je lui montre ma bo&icirc;te aux lettres, on m&#39;a encore arrach&eacute; mon&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\t&#8230; je vais jamais pouvoir payer une telle somme, madame&#8230; je touche le Rmi et&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tQuand on est Rmiste, on n&#39;est pas propri&eacute;taire mon bonhomme! Glapit la Francine, elle-m&ecirc;me loi 1948.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tMon &eacute;tiquette&#8230; je b&ecirc;le&#8230; encore&#8230; arrach&eacute;e&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nSeigneur. Arsenic Pivert encore.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEh bien, m&acirc;demois&ecirc;lle Ch&ocirc;tek, vous campez dans le hall&#8230;?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\t&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tCe ravalement est un scandale! S&#39;excite monsieur P&eacute;tition. Il a &eacute;t&eacute; vot&eacute; en dehors des r&egrave;gles &eacute;l&eacute;mentaires et fondamentalement basiques de toute d&eacute;mocratie qui se respecte!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tMais vous n&#39;&eacute;tiez m&ecirc;me pas &agrave; la r&eacute;union des copropri&eacute;taires! Je r&eacute;ussis &agrave; lui r&eacute;torquer.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe boycotte ce genre de simulacre d&eacute;mocratique que sont les Ag de propri&eacute;taires petits bourgeois!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tMais vous <strong>&ecirc;tes<\/strong> propri&eacute;taire! Proteste le jeune. Madame Chotek, il me lance avant de filer dans l&#39;escalier son skate sous le bras, ma m&egrave;re va vous appeler pour que vous en causiez entre femmes m&ucirc;res!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tMa bo&icirc;te aux lettres ne m&#39;a jamais paru aussi haute&#8230; soupire pensivement Francine qui, sur la pointe des pieds, ne cesse de multiplier les essais, flexion, extension, repos, pour atteindre le fond de sa bo&icirc;te.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir &#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nLa jeune cadre dynamique du deuxi&egrave;me &eacute;tage vient d&#39;entrer dans le hall, avec sa belle-doche, ancienne concierge portugaise de l&#39;immeuble, dont le fils habitait au troisi&egrave;me, ce qui lui a permis de trouver chaussure &agrave; son panard sans trop se crever la paillasse.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tM&egrave;re, s&#39;&eacute;crie la jeune femme devant la bo&icirc;te aux lettres, Rom&eacute;o a ENCORE chang&eacute; l&#39;&eacute;tiquette&#8230; il s&#39;obstine &agrave; faire figurer son nom AVANT le mien!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tCh&eacute; ainsi ma fiche, lui r&eacute;torque la belle-doche, &ccedil;a se pache comme cha au Portugache!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJolie mentalit&eacute;! r&eacute;torque Francine, que j&#39;ai toujours soup&ccedil;onn&eacute;e d&#39;&ecirc;tre un peu x&eacute;nophobe.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nEt si c&#39;&eacute;tait elle la coupable&nbsp;? La gentille Francine qui m&#39;aide &agrave; r&eacute;parer les pneus de mon v&eacute;lo, qui me porte mes sacs jusqu&#39;au premier &eacute;tage o&ugrave; elle habite, c&#39;est toujours &ccedil;a de gagn&eacute;, et qui semble toujours de la plus belle humeur qui soit. Ou alors la jeune cadre dynamique, qui a l&#39;air de psychotter velu sur les &eacute;tiquettes de bo&icirc;tes aux lettres. La t&ecirc;te me tourne. Pas le jeune &agrave; skate, quand m&ecirc;me, un type qui fait de la planche &agrave; roulettes et qui &eacute;coute du rap ne peut pas faire un truc pareil.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nMince, encore l&#39;autre. Direction la sortie.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tEh bien, que de monde&#8230; on fait une r&eacute;p&eacute;tition de la f&ecirc;te des voisins&#8230;? glousse le Pivert. Et vous, m&acirc;demo&icirc;selle Ch&ocirc;tek, toujours l&agrave;?\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe fais ce que je veux, je marmonne piteusement entre mes dents.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nNul, d&#39;accord, mais comment lui casser la gueule devant tout l&#39;immeuble ou presque r&eacute;uni dans le hall&nbsp;?\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tM&egrave;re, je trouve ces coutumes barbares et r&eacute;trogrades! Ass&egrave;ne Colombine Casatas &agrave; Auzenda Casatas, sa belle-m&egrave;re devant Dieu et les voisins de l&#39;immeuble.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBru, on ne parle pas comme cha &agrave; la m&egrave;che de son auguchte &eacute;pouche!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tC&#39;est compliqu&eacute;, r&acirc;le Francine, m&ecirc;me en me mettant sur la pointe des pieds, j&#39;arrive &agrave; peine &agrave; effleurer le bord de&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBesancenot est l&#39;avenir de ce pays fig&eacute;! Glapit l&#39;autre militant.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tNous sommes en France, m&egrave;re! en 2006 qui plus est! et mon pr&eacute;nom commen&ccedil;ant par la lettre C, je me dois de figurer avant Rom&eacute;o, lettre R, sur la bo&icirc;te aux lettres!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous avez vu, Colombine, je balbutie, mon &eacute;tiquette&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBru, vous d&eacute;pachez les borniches!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tM&egrave;re, glapit Colombine, je m&#39;en vais arracher de ce pas cette inique &eacute;tiquette!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nColombine, vous ne voulez pas aller de ma part casser la gueule &agrave; Arsenic Pivert&nbsp;? Qui vient de repasser encore une fois devant nous tous, un sourire &eacute;blouissant plaqu&eacute; sous sa moustache arrogante.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tRe-re-re-bonsoir devrai-je dire &agrave; m&acirc;demo&icirc;selle Ch&ocirc;tek&#8230; l&acirc;che-t-il dans un feulement en glissant devant nous en direction de l&#39;escalier.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tQuel achit&eacute; chui l&agrave;! R&acirc;le la concierge. Cha n&#39;a pas chanch&eacute;, touchours auchi inchtable&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tA ce propos, j&#39;essaye de glisser, je trouve bizarre que mon &eacute;tiquette de&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tC&#39;est toujours comme &ccedil;a dans ce pays, on m&eacute;prise les vieux, on leur donne comme par hasard la bo&icirc;te aux lettres la plus haute!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous parano&iuml;ez Francine! Proteste monsieur P&eacute;tition. Comme tous les Laguillertistes, vous donnez dans le complot!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBru, l&acirc;chez cette &eacute;tichette!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe fais ce que je veux, je suis mari&eacute;e sous la s&eacute;paration de biens, je paye mes traites sur l&#39;appartement, vous n&#39;avez aucun droit sur ma personne, ni sur mon &eacute;tiquette!!!!\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tJe vais vous laisser&#8230; dis-je, d&eacute;courag&eacute;e.. la natation&#8230; club du jeudi soir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tBonsoir, bonsoir&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nArsenic Pivert est encore &agrave; nouveau devant nous.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tVous ne devriez pas arracher vous-m&ecirc;me votre &eacute;tiquette, il fait &agrave; Colombine Casatas, visiblement, il y a quelqu&#39;un dans cet immeuble qui adore s&#39;y employer&#8230;\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nEt il s&#39;engage dans le hall, ondulant sur le carrelage telle une couleuvre, il dispara&icirc;t dans un profond silence et je m&#39;attends &agrave; ce que mes voisins se tournent vers moi, compatissants.\n<\/p>\n<ul>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tC&#39;est pas tout &ccedil;a, faut que j&#39;y aille, r&eacute;union de section&#8230; monsieur P&eacute;tition.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tFaut que je me fasse cuire la soupe moi&#8230; Francine.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tRom&eacute;o doit m&#39;appeler de Lisbonne&#8230; Colombine Pesatas.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div align=\"justify\">\n\tCh&eacute; doiche &eacute;coucher la t&eacute;l&eacute;vichion, le chournal t&eacute;l&eacute;vich&eacute;&#8230; Auzenda Pesatas.\n\t<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"justify\">\nIls disparaissent tout aussit&ocirc;t. Bris&eacute;e, je ramasse mes affaires de sport et je quitte l&#39;immeuble avec la tr&egrave;s nette et d&eacute;sagr&eacute;able impression d&#39;&ecirc;tre la victime unique d&#39;un complot collectif, orchestr&eacute; par le gourou Pivert, exer&ccedil;ant sur les habitants des lieux un ascendant tout &agrave; la fois charismatique et terrifiant. A moins que ce ne soit lui, au bout du compte, le seul innocent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bon, c&#39;est la suite du voisin, niouse du lundi pas joli. Car le voisin persiste et ne signe pas, justement. Il se contente d&#39;&eacute;mettre des sons hostiles &agrave; travers les &eacute;paisseurs peu &eacute;paisses&#8230;&nbsp;et d&#39;arracher l&#39;&eacute;tiquette de ma bo&icirc;te aux lettres. Attention, c&#39;est un drame&nbsp;proprement poignant, &eacute;loignez les petits enfants. &nbsp; 18 H 22, je rentre &#8230;<a class=\"post-readmore\" href=\"http:\/\/mariechotek.com\/?p=94\">read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/94"}],"collection":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=94"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/94\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=94"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=94"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/mariechotek.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=94"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}