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La vie théodore 1

Dans la famille, on a des dons. Mon aïeule Sophie avait reçu celui de savoir quand et comment elle mourrait mais sans pouvoir l’empêcher. Ma mère, Carla Brosse, a celui de donner des recettes pour que vous tombiez tomber amoureuse, ça marche pour toutes sauf sa fille. Mon père, le professeur Colza, celui d’invention, mais à condition de ne jamais les réaliser pour de vrai, c’est à dire en phase industrielle. Un cousin sait marcher sur les eaux, une tante chanter en silence, un oncle guérir à distance les lépreux mais il n’en connaît aucun, etc. Vous remarquerez ainsi que tous ces dons ont la même particularité : celle de ne servir à rien.

Moi, j’ai le don de téléportation mais imparfait. Il est circonscrit aux pays membres de la Communauté Européenne, je ne peux donc même pas me rendre au pied du pont où mon aïeule est tombée, vu que la Bosnie-Herzégovine n’a pas encore rejoint le Grand Club.
 

Mon don est aussi imparfait que ceux des autres membres de ma famille. Par exemple, ce week-end, j’avais décidé de me téléporter avec mon château dans la mer, sur l’île d’Ouessant plus précisément. Je me suis assise dans mon lit, un verre de Chianti la main, et j’ai fermé les yeux, tout en récitant la formule magique de téléportation. Mon Jiminy Cricket à moi, Ernesto, une grenouille toscane, était assise avec moi, le panier du pique-nique entre les pattes. Je me suis retrouvée propulsée hors de mon lit pour atterrir… en plein milieu du déjeuner dominical à l’Elysée. Ce qui donnait ceci :

– Encore un peu de carottes Jacques ?
– Oui, s’il vous plait bien, Bernadette…
– Je vous ai commandé une tête de veau après…
– Merci, Bernadette, vous êtes parfaite, mais dites moi…
– Oui ?
– Vous croyez que s’il fait ce temps de chiotte encore ce week-end à Paris c’est aussi de la faute de Dominique ?
– Je l’ignore, Jacques.
– Vous ne sentez pas une drôle d’odeur, Bernadette ?
– Ma foi non, Jacques…
– Et ce bruit… vous n’entendez pas ce bruit ?!
– J’ai débranché mes tympans alors… je ne vous entends pas, je lis sur vos lèvres…
– Le bruit et l’odeur… le bruit et l’odeur…
– Jacques, vous n’allez pas remettre ça ! Vous n’êtes pas bourré aujourd’hui que je sache !
– Comment voulez-vous… comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui ensemble gagnent environ 15 000 FF soit 2 286,74 € et qui voit sur le palier à côté de son HLM entassée, une famille…
– Jacques…
– … avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosse et qui gagne 50 000 FF soit 7 622,45 € de prestation sociale sans naturellement travailler…
– Jacques, je vous en prie, nous sommes à table…
– … si vous ajoutez à cela le bruit ET l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou !
– Jacques, nous sommes Dimanche… le jour de notre Seigneur Jésus… le premier homme de droite…
– Et ce n'est pas être raciste que de dire cela !
– Parlez en à Nicolas, pas à moi, crotte à la fin, je suis en congés !
– Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial…
– A ce propos, Jacques, votre fille a appelé… elle nous invite dimanche prochain à la roulette de Deauville… on mangera des frites à la mayonnaise en jouant l’équivalent de 10 RMI en coupure de un euro à la machinette devant l'entrée principale…
– Et il faut enfin ouvrir le débat qui s'impose dans notre pays…
– Faites chier, Jacques ! Merde !
– Qui est un vrai débat moral pour savoir si il est naturel que les étrangers puissent bénéficier au même titre que les Français d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne payent pas d’impôts…
– Nous non plus Jacques…
– Le bruit et l’odeur… le bruit et l’odeur…

En réunissant tous mes efforts, j’ai réussi à repartir de cette salle à manger où le couple de rois qui nous administre étalait sa noblesse d’âme, et j’ai enfin retrouvé mon île d’Ouessant.
Il pleuvait mais entre deux averses, il y avait un beau soleil. Je me suis promenée le long des falaises et comme j’ai le don aussi de rencontrer des gens célèbres, j’ai rencontré aujourd’hui Alain le chanteur qui chantonnait, un petit gobelet d’aluminium, une bible, un cœur d’or… Il cherchait le désert de son Théodore mais comme son dernier album comme la plupart des siens d’ailleurs parle de bateaux à voile et de plage claire, lui aussi avait atterri sur mon île.

– Salut Alain.
– Salut Marie.
– Ca va ?
– Ma foi, un peu le blues mais rien de grave…
– T’es toujours marié ?
– Oui, toujours.
– C’est bête… avec tes chansons, on croit toujours que t’es l’âme seule et nue…
– C’est pour pas perdre un public de filles…
– C’est sûr mais bon… tu connais pas des gars comme toi ?
– Je connais pas de gars, j’aime pas les gars, j’ai qu’un copain, c’est Laurent, et il a des cheveux et une voix de fille…
– Avec tout ça, ça m’étonne pas qu’on soit des milliardes à pleurer toute seule le dimanche soir dans notre lit…
– Tu restes ce soir à Ouessant ?
– Oui, le voyage m’a épuisée… sans compter ce couple royal à l’Elysée, ça m’a déprimée.
– Bon ben je t’invite au pub de Lampaul, on va se faire une bonne bouffe !
– Ok, ça marche.

En général, ils m’invitent jamais après mais bon, j’avais quand même croisé la vie Théodore dans les genêts de la lande, j’avais pas perdu mon dimanche solitaire et pluvieux. Je me suis assise sur un rocher et j’ai regardé le soir tomber sur la mer en finissant mon Chianti.

One comment on “La vie théodore

  1. Reply Bernadette Chirac Juin 6, 2006 15:59

    N\’oubliez, j\’ai plus que jamais besoin de vos pièces jaunes. Faites un geste, j\’ai un projet d\’hospice pour délinquants séniles.

    Bernadette, first lady :zzz

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