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Le dégoût des autres 1

Quand j’étais bachottante au lycée, on apprenait que la culture en général, et la littérature en particulier, avec son manœuvre, l’Intellectuel donc, était au service de l’humain. On lisait ainsi du Camus ou du Zola, dans cette optique là je suppose.
Naïve boutonneuse que j’étais ! Hors les murs du lycée, j'ai vite appris que l’humain était un prétexte à la Culture comme la bagatelle convenait magnifiquement aux massacres.
Cherchez ainsi l’erreur : plusieurs milliers d’hommes massacrés à Srebrenica, ex-Yougoslavie, 1993, une guerre dans ce même pays, qui a fait des centaines de milliers de morts (entre 100 000 et 200 000 victimes, et encore, identifiées, dit-on…) sur 3 ans, et surtout, un nombre incalculable de blessés, de veufs et veuves, d’orphelins et d’orphelines, etc. Quelque dix années plus tard, un pimpant sexagénaire, écrivain renommé, intellectuel et autrichien, accourt se vautrer la rose à la main, sur la tombe d’un des maître d’œuvre de tout ce merdier, Slobodan Milosevic. Concernant le massacre de Srebrenica, il déclare : "Je suis celui qui ne sait pas." Pour les nationalistes serbes, le sens d'une phrase pareille ne fait aucun doute, cela veut dire : "Je ne sais pas s'il y a eu génocide ou pas." Hvala (merci) Peter !
Déprogrammé illico de la Comédie française, le sieur se répand aussitôt là où il peut, ou plutôt, soyons justes, on se répand pour lui, criant au scandale et à l’horrible censure, pétitions (de gens de lettres et de ministères, je précise à peine) à l’appui.


Mais où est passé l’humain dans tout ça bordel ? En effet, est-il plus grave de piétiner la mort de milliers de personnes assassinées en chœur en la déclarant limite pas vraie (les cadavres étaient de mèche), ou de se voir privé des lambris de la Culture que vous aurez valu la création de votre pièce à la Comédie française ?
Au fond, qu’est-ce qui compte ? L’humain ou le bouquin ? L’humain ou l’intello ? La mort du dictateur ou le massacre des dictatés ? Cette question est éculée, naïve, bétassone, peut être, mais nous, braves bêtes, on attend toujours la réponse ! Ou plutôt, on est un paquet à ne pas aimer la réponse…
Et puis soyons sérieux, il y a d’autres théâtres, le texte est disponible dans toutes les bonnes (et moins bonnes) librairies, et à quoi cela servirait-il de diriger une Scène si on doit dire amen à tout ! Personnellement, je choisis toujours les personnes que je reçois chez moi…
Par ailleurs, sans doute obnubilés par l’adage " trop bon, trop con ", les hommes de pensée modernes (les hommes, pas la pensée), laids et méchants, multiplient depuis quelques années, les sorties et les opinions bêtes, laides et méchantes : du genre, l’islam est la religion la plus con du monde (l’inénarrable et sémillant Michel Houellebeq)… Sans même jamais penser un instant à les assumer, pensez-vous : quoi ? moi, raciste ? Quoi ? moi pas pouvoir être joué à la Comédie française à cause de mes propos ? !
Mais quoiqu'il ensoit, on le dira jamais assez : ceux qu’on massacre comptant plus de bouseux, de buveurs de rakija et d’illettrés dans leurs rangs que d’intellectuels et de notables, alors baste braves gens, crevez en chœur dans votre arrière-pays et laissez les hommes d’esprit péter en paix sous les lambris de la Comédie française, Paris, France, 2006. Bagatelle pour Srebrenica* vous dis-je…
* En référence à l’article de Sylvie Patton (auteur entre autre de Srebrenica, un génocide annoncé), dans Libération, à ce sujet.

One comment on “Le dégoût des autres

  1. Reply Helene Mai 23, 2006 20:11

    c’est ben vrai
    j’aavsi tout suivi l’historie suer Politis et j’en étais également outrée

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