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Pauvre Aveline!

On en était (Quand le chat n'est pas là…) que mon téléphone avait poussé un cri d'alarme… Encore sous le choc de ma journée (squatt du bureau d'Aveline par la stagiaire lycéenne et ses deux collègues de matelas de bureau), je ne suis qu'à peine surprise d'entendre Aveline au bout du fil.

  • Tchok! Elle braille. O secours Tchok, aide moi à me débarrasser de ces fous! Je vais mourir!!!!
  • Du calme, j'essaye de la tempérer, ce n'est quand même pas une question de vie ou de mort!
  • Siiiiiiiiiiiiiiiii! Aveline paraît hystérique. Ils vont me tuer!
  • Ecoute, je tempère encore, je peux y retourner ce soir avec Baba et son armée bosniaque, ça devrait faire son effet…
  • Ce soir? A Auckland? Mais tu es folle princesse, c'est au moins 20 heures de vol et je suis en plein bush!
  • Qui parle d'aller à Auckland? Je demande surprise. Ton agence est dans le 20ème arrondissement!

Est-ce qu'elle m'avait AUSSI cacher ça ? Qu'elle avait déménagé le siège social de son Agence?

  • Mais de quoi tu parles? Glapit-elle. Il s'agit bien de mon agence tiens! quand ma vie est ici en danger!
  • Mon Dieu seigneur, je gémis, qu'est-ce qui se passe (encore)?
  • Je… je… suis tombée chez des dingues… Aveline sanglote. Ils vivent sous une hutte faite de branchages, en plein bush… ils vivent de cueillettes et d'insectes frits selon les rites sacrés des bushi bushouks…
  • Qu'est-ce que c'est que ce truc? Je m'exclame.
  • C'est leur secte… elle se met à chuchoter. Peter est dans une secte… enfin, sa famille est une secte à elle toute seule… ils refusent non seulement le nucléaire, ce qui est finalement assez classique et comment dire, légitime, mais ils sont retournés à l'âge de pierre… ou presque… en refusant l'électricité, la voiture, le coca cola, les petits habits H&M…
  • Mais même Peter vit comme ça?

Je m'exclame pleine de surprise. Car Peter m'a semblé non pas follement moderne mais très épris de gadgets et de nourritures post-Macdo.

  • Oui! Lui plus qu'eux tous réunis! Il est DINGUE de retour à la Nature!
  • Comment c'est possible ça de la part d'un thésard en thermodynamique promu à une carrière dans la recherche de pointe?!
  • C'est la contradiction de l'homme, gémit Aveline, et depuis bientôt trois semaines, je mange des vers, des mouches, je porte une jupe de feuillages, je n'ai pas le droit d'utiliser du PQ…
  • Arrête Aveline, tu me fais marcher…
  • Non, je t'assure! Si je peux t'appeler là, c'est qu'en allant à la cueillette avec les femmes de la tribu euh famille, je suis tombée sur des touristes français… j'ai pu leur emprunter leur portable mais ça va pas tarder à couper…
  • Merde Aveline, mais, qu'est-ce que tu vas devenir, une fois mariée à cet homme des huttes et des sous-bois?
  • Qui parle de se marier?! Tu es folle ma parole la Tchok!
  • Mais c'est ta stagiaire, qui a mis a sac ton bureau…
  • Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire?

La pauvre Aveline semble au bord de la crise de nerfs. C'est vrai qu'elle n'a pas du avoir mon mail, avec son art de vivre maori… Je lui explique en quelques mots, en minorant l'affaire et en la rassurant : je vais passer dès demain avec Baba et son armée bosniaque mettre bon ordre, virer ces lycéens partouzeurs et refiler le bébé à Sainte Rita, la sœur de saint François qui cherche un stage dans la com. Avec un nom pareil, elle devrait nous récupérer cette cause a priori perdue…

  • Marie, viens me chercher, je suis fichue! Pleurniche Aveline au téléphone. Impossible de m'échapper!
  • Aveline, je bredouille, c'est impossible!
  • Je vais mourir! Elle crie. En plus, la nature lui a donné des besoins sexuels énormes! je passe à la casserole trois fois par jour! Ce type est fou, je te jure…. c'est un malade, il ne cesse de parler de catastrophe verte à venir, d'Apocalypse météorologique, de planète qui va s'effondrer, de viols collectifs que seuls des rapports sexuels avec lui et les siens pourront empêcher…
  • Aveline, j'essaye de la raisonner, essaye de te barrer avec ce couple de touristes français!
  • Ca va être dur, ils ont tombés sous le charme! Sanlgote-t-elle.
  • Peut être, j'insiste, mais ils ne vont certainement pas pousser le délire jusqu'à passer une jupe en feuillages et laisser choir ainsi cette bonne vieille société de consommation qui les a nourris au sein depuis leur enfance!
  • Je n'ose même pas leur demander… s'ils en parler à Peter, je suis cuite! Et je t'assure que ce n'est pas un vain mot… ils ne mangent pas de viande SAUF de la viande humaine!!!!
  • Ma pauvre Aveline, t'es vachement frappée dis donc…
  • Je t'assure, Tchok, que c'est VRAI! Ils vont me MANGER!
  • Ecoute, qui te demande de leur en parler? Planque toi dans leur coffre et une fois que tu auras retrouvé la civilisation, tu peux sauter dans un avion et retour à Panâme!
  • Tu as raison… elle chuchote, je vais faire comme ça… ça va coup…
  • Tiens moi au courant!!!! Je hurle.

Le portable a coupé. Je me laisse choir sur une chaise, sonnée. Mais voilà que mon portable resonne. Je décroche vivement…

  • Allo, Parfaite on phone! Me tonne dans l'ouïe un accent de Versailles. How are you my dear?
  • Ah salut, je fais d'une voix un peu morne.
  • Toujours le péchon à ce que je vois, glapit la Parfaite, je vais te redonner le sourire en t'invitant à mes trente ans le 31 décembre!!!!
  • Mais euh, je bredouille, t'es pas née en juin? En juin dernier même? Rapport à tes 30 ans?
  • Si, mais je trouve ça trop classe de les fêter la veille du Ier janvier!

Trop classe. Ca reste à voir. Commencer l'année avec Parfaite en reine d'un soir, ça donne pas forcément envie de souffler dans une langue de grand-mère…

  • C'est que, je bafouille, j'ai déjà un 31 de prévu moi!
  • Eh bien annule! Glapit-elle cette truie.
  • Impossible, c'est chez moi!
  • Eh bien, je fais ma fête chez toi alors!
  • Noooooooooooooooooooon!

Le cri m'a échappé. Je suis obligée de lui promettre de venir, accompagnée si je le désire mais ni par Ernesto, ni par le petit Prince, car ça compte pour du beurre, quelle délicatesse… Je raccroche, effondrée, si ce n'est que je n'ai absolument aucun 31 de prévu et que je me suis toujours juré de sortir coûte que coûte ce soir là, même à un dîner de bonnes sœurs, même sous une hutte maori, même au besoin en étant leur propre dîner, tant l'idée de passer un passage d'année seule me remplit d'horreur et d'angoisse suicidaire.  Je me console donc en me disant qu'au moins, cette année là, je suis encore sauvée du suicide par auto-rétrécissement ou noyade dans mes larmes au porto…
 
Je pars me coucher, demain j'ai une rude journée car avec Saint François et madame Irma, nous devons préparer notre rencontre avec l'équipe de nettoyeurs envoyée par Saint Audit, notre suprême manager et trésorier. Et si on en croit les gros titres des couloirs, ils sont là pour nous rayer tout simplement des salariés en activité…

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