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Naoshima 1

Comme je n’avais pas assez glande ces derniers temps selon les critères de l’OIT, on a bouclé nos valises avec A, saisi nos deux lardons par une de leurs mains poisseuses et file à Naoshima, une ile au sud d’Oosaka, comme j’aime a la situer dans mes cartes postales.

–        Eh bien, je vois que la vie est belle…

–        Y en a une qui doit être contente c’est la non Muse !

Je l’avais presque oubliée celle la tant elle fait partie de ma vie ces derniers temps, signe de la plus grande intégration qui soit (puisque je ne la remarque même plus). Il faut dire qu’elle n’a de fait pas grand-chose à faire pour m’empêcher d’écrire, je crois même entendre ses discrets soupirs de délice lorsqu’elle me voit briquer la cuisinière, séparer mes deux chères têtes (une brune, une blonde), ramasser pour la énième fois les jouets éparpillés dans le séjour (pourquoi les gosses ne se contentent ils pas de mettre le foutoir dans leur chambre ?) tout en tenant de mémoriser mes cours de FLE comme on apprendrait le grec ancien en lisant des titres surlignés, à moins que je ne ressorte en catimini ma pièce de théâtre…

Et quand j’ouvre ma boite a mails, vide de messages de retour positif, ou même négatif concernant mes textes envoyés (concours de la nouvelle Mère, concours de nouvelles des ménagères intellos, etc etc), je peux entendre la non Muse étouffer à grand peine un rire sarcastique.

–        Juu go ban juu go ban o matase shimashita

Numero 17, désolée pour l’attente… non ça n’est pas mon ordre d’arrivée au concours de la Plume des Meres Qui S’Accrochent, mais la voix de la serveuse du café ou je me suis refugiée pour tenter d’utiliser  ma cervelle, au moins le samedi matin, a autre chose qu’assembler des puzzles de Buzz l’eclair 48 pieces ou faire la vaisselle pour la 566eme fois depuis mon arrivée chez les Nippons.

–        Bon et Naoshima alors ? Je l’ai trouvée sur la carte, grâce à tes explications spatio-geographiques brillantes (au sud d’Osaka) mais quel est l’intérêt d’aller si loin alors que tu n’as même pas encore visité le musée de la Bombe A et la totalité des temples du Kanto ?

Ma tante Babe, front soucieux et guide bleu a la main.

Eh bien Naoshima… C’est une petite ile, qui a ceci d’intéressant, qu’elle est située tout d’abord dans la seto nai kai, la mer intérieure, une pure beauté selon mon Lonely planet (pour qui, il est vrai, au Japon tout est pure beauté) comme pour les Nippons eux-mêmes qui susurrent avec un respect extatique, ah seto nai kai… Je n’ai pas d’avis sur la question, si ce n’est que voir la mer d’une petite ile c’est toujours le début de quelque chose (voyage ? rupture de ban ? nouvelles vie ??).

En tout cas, Naoshima a surtout l’avantage sur ses concurrentes du coin de ne pas être peuplée que de vieux ou de pécheurs au chômage et au bar, mais d’offrir à ses visiteurs de l’Art moderne, de l’Art en liberté sur les digues et dans ses musées a moitie enfouis sous terre, constructions en béton armée de Tadao Ando, inspire sans doute par les parkings en cours de construction mais qui ont subjugue A par leurs jeux de lumière avec le ciel entraperçu à travers ce que moi je trouvais pas mal proche d’une fente par laquelle une mitraillette pourrait être glissée en cas d’attaque nord-coréenne au rocket neutron velu.

–        Zenzen ;s ;wr ;w ;’rlW ;’RL ;wr’ ; kkkkkkd jikkakakmf/a hontoniii jjdjjdjdjdj !!!

–        Aahahahahahahah ! Ohohoh !!! HIHIHIHIHI !!!

Qui a dit que les Japonais étaient réservés voire introvertis ? Voilà que les deux étudiants à mes cotes se sont mis à bavasser, haut et fort, à se secouer d’un rire aussi gras que celui de Klaus et de Hans a la fête de la bière de Munich…

–        Bon mais à part ça, les musées de cette ile… tu nous conseilles ?

Une amie qui de toute façon ne viendra pas tant que Fuck-shima n’aura pas été nettoyée à fond, c’est-à-dire pas avant 750 ans environ.

Beau ? Eh bien… Mercredi matin, après avoir marche une heure sous une pluie mollement battante pour atteindre le Shichuu Museum, j’ai erre en compagnie d’un groupe de ménagères japonaises cinquantenaires a la recherche des salles du musée, tâtonnant dans une semi-obscurité (l’éclairage naturel étant quelque peu mis à mal par la météo), nous heurtant a des issues de secours, des escaliers sous la pluie, hésitant a considérer comme une des œuvres d’art le parterre tout en bas fait de monceaux de pierraille, avant que de dénicher, enfin, la flèche (gris sur gris) nous indiquant les Nymphéas de Monet.

–        Venir au Japon pour voir du Monet franchement…

C’est ce que je me suis dit tante Babe, mais en découvrant ces Nymphéas au nombre de 4, j’ai découvert quelque chose que je n’avais jamais vu en France… le cadre.

–        Ah bravo Mimi ! A ton âge ! Découvrir que les tableaux ont des cadres ! Super !!

Pas celui du tableau, patate Babe, mais celui dans lequel ces 4 œuvres étaient présentées, murs blancs, sol de même fait de petits carreaux en matière évoquant de la boule de gomme, à la fois tendre et dur, sur lequel nous avons avancé avec délicatesse et en chaussettes mon groupe de ménagères japonaises cinquantenaires et moi-même (vous imaginez ça en France, visiter le Louvre en chaussettes ?), avant que d’oser lever les yeux sur ces Nymphéas, triomphales dans toute la sobriété de leur mise en valeur.

–        Ouais mais bon, a part Monet, c’était beau ou c’était pas beau ?

Oui, c’était beau… vraiment beau parfois. Des petites étincelles de beauté, toujours en lien avec l’alentour, l’environnement comme au musée de Teshima ou dans une construction blanche, ouverte en ovale sur le ciel on pouvait observer le parcours aléatoire de gouttes d’eau jaillissant du sol, on aurait dit des perles avec des reflets du ciel, du soleil et…

–        Mais vous n’avez pas trouvé ces lieux quelque peu artificiels ?

Akiko sensei, une universitaire japonaise rencontrée peu après, ultra francophone, spécialiste du surréalisme français et fan de Malraux, Sartre et de Funès (ah bon de Funès n’est pas surréaliste ? Pourtant dans La Grande vadrouille…). A son air, je comprends qu’elle, elle a trouvé ça artificiel et je suis bien embêtée car ce n’est pas ce qui m’a véritablement frappée. A moins que faire payer parfois 2000 yen (15 euros) pour voir un tas de cailloux et une pierre posée en équilibre devant une vidéo soit artificiel et non pas simple foutage de gueule comme je l’ai parfois pensé…

–        Sinon question expos, je suppose que c’est pas le foutoir comme le Van gogh que je me suis farci à cause de Lolotte que j’ai à peine vu l’oreille coupée à cause du monde qui en plus devait se croire déjà à la cafète du musée vu comme il causait le monde ?

Un oncle, peu porte sur la muséification parisienne.

Eh bien, je dois de fait constater que les musées japonais sont extrêmement silencieux et a Naoshima du moins, peu peuples. Et puis est-ce pour cela ? Un strict règlement s’applique dans chacun d’entre eux, règlement qui serait sans doute quelque peu mal mené si des hordes envahissaient l’espace.

(Quoique… même si hordes il y avait, je gage que hordes ferait la queue au besoin 4 heures pour voir dans des conditions raisonnables les œuvres d’art, c’est-à-dire a 4 par salle…).

Déjà, il n’est pas rare de devoir enlever ses chaussures avant de pénétrer dans une salle. Imaginez seulement les 2 millions de visiteurs de l’expo Van gogh devoir enlever leurs croquenots… Ensuite, il n’est pas rare non plus qu’avant d’avoir le droit de pénétrer dans la salle, on vous lise un règlement, long comme un bras, petit certes, mais un bras quand même.

Ainsi, avant d’entrer dans la salle du Shichuu museum que j’ai baptisée le Paradis ou la Discothèque, une salle blanche éclairée par une lumière bleue vaporeuse, il m’a fallu (j’étais heureusement seule) écouter le Verbe de la gardienne, nous énonçant précisément comment monter les marches y menant (au milieu pas sur les côtes), nous enjoignant avec force a être très attentifs pour ne pas glisser, puis nous édictant le possible (marcher dans toute la salle, par exemple) et l’interdit (toucher les murs, redescendre par les bords de l’escalier). J’ai béni la pluie qui avait confine mes ouailles dans la yourte ou nous logions pour regarder un film…

–        Petard ces jaunes me tuent…

Mais non, faut pas, ça permet aussi de visiter de façon goutue un musée sans caquètements, pickpockets et taches de doigt sur les Rodin et Manet de notre beau patrimoine.

A Teshima, dans l’oeuvre d’art blanche aux gouttes d’eau, on a eu droit à un speech en japonais dont j’ai juste compris le mot eau, et une fois entres dedans, avec les enfants cette fois, Zebulon s’est mis à courir dans des flaques d’eau que j’ai cru provenir de la journée non-stop de pluie subie la veille, d’où ma non intervention. Mais, horreur, c’était de l’art, les fameuses gouttes d’eau qui jaillissent et jouent avec le ciel, la lumière ! et le jeune gardien, sans doute un étudiant en pierre blanche et jeux de lumière option gouttes d’eau, a connu le plus grand stress de sa vie de gardien de musée avec nos deux enfants, les seuls de toute l’ile, qu’il fallait sans cesse empêcher de marcher dans l’eau, même par inadvertance comme la Zouflette qui s’est étalée sur un pan de l’œuvre.

Je crois encore entendre son soupir de soulagement quand enfin nous sommes repartis (bien après le groupe de mamies japonaises d’Ōsaka venues visiter entre copines et apprenant le français et qui après 2 minutes 20 minutes était déjà reparties car le Japonais visite vite a l’étranger comme chez lui…).

–        Bon alors tu conseilles ou pas ?

Une amie, tendue. Même si elle ne compte pas venir tant que la faille sismique existera dans les alentours de l’ile du Soleil levant.

Je conseillerais donc de venir à ceux qui ont envie de profiter d’une jolie ile tout en se donnant bonne conscience en visitant quelque chose qui fasse partie du patrimoine du Levant.

Je ne conseillerais cependant pas de faire l’impasse sur Kyoto, les sakuras ou le yoochien de mon fils pour venir visiter cette ile. Je ne conseillerais pas non plus de trainer votre oncle allergique à l’art moderne ou votre épouse récalcitrante aux couleurs grises.

Depuis, j’ai retrouvé ma vie d’artiste domestique, sauce FLE avec boulettes de cris, femme de profil attendant que son fils ait enfin fini de s’amuser dans la cour de son yoochien, slips par terre sur fond de phonologie, citrouille en purée avec coulis d’aspirateur trois fois par jour… etc etc.

Car quoiqu’en dise une des artistes de l’ile, Yayoi Dugenou san, schizophrene selon mame Michu, y a pas que l’art dans la vie, y a l’art de la vie aussi.

(oh qu’elle est bien bonne celle-la)

One comment on “Naoshima

  1. Reply David @ Shikoku Mai 10, 2013 22:19

    Sympa ce post sur Naoshima (ça manque juste un peu de photos) 🙂

    Je me permets quelques corrections et précisions:
    Naoshima n’est pas au sud d’Osaka (en fait, les deux sont pratiquement à la même latitude), mais à l’ouest.
    Si tu n’as pas d’avis sur Seto c’est que tu ne l’as pas assez vue. 🙂
    D’ailleurs, les autres îles valent autant le détour que Naoshima (sinon plus), et non, il n’y a pas que des vieux et des pêcheurs (même s’il y en a beaucoup, mais ce n’est pas exactement un problème quand on sait que ces gens-là sont parmi les plus gentils du monde)

    Sinon, le musée en question est le Chichu (ou Chichuu ou Chichū mais pas Shichuu).

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