PUMA, CMU, l’art du zen 2

Je résume : t’as cotisé 25 ans, tu pars 5, tu reviens, t’as plus de sécu mais c’est super simple (dixit belle doche, expatrié sans SS française, papi Jean conseillé par l’assistante sociale…), tu t’inscris à Pôle emploi et pof, t’as la CMU.

  • C’est immédiat. Tout le monde fait ça !

Deux mois plus tard, c’est super simple : t’as toujours rien.

Au début du processus, il y a eu d’abord la queue, au bureau de la SS rue des alliés. Bon, pas trop longue, la queue, soyons objectifs (à peine 30 minutes debout) avec une hôtesse à peu près normalement aimable.

  • Formulaire. A remplir. Déposer dans boîte. Au suivant !

Formulaire que j’ai donc dûment rempli, ajoutant des documents qui ne m’étaient aucunement demandés mais bon, il les fallait j’en étais sûre, je suis pas une demeurée d’assistée moi madame, je prends des initiatives. J’y ai même adjoint le courrier de Pôle emploi, certes non demandé car de fait, gentiment poussée dans le dos par la SS, j’avais naturellement glissé de la CMU (a priori immédiate et de droit quand on est demandeur d’emploi) à la PUMA (SS au bout de 3 mois de résidence donc pas franchement immédiate).

Enveloppe, pof pof, grande boîte de la SS rue des alliés, repof pof, et attente… longue.

Au bout d’un mois, courrier de Ginette Michel, que je salue au passage, les documents demandés étaient justifiés et effectivement non fournis : copie du passeport, pof, attestation du médecin traitant (32 euros mais 30 minutes de vraie consultation) repof.

Enveloppe, re repof, boîte sécu, repof pof. Attente… longue, très longue.

Entretemps, long donc, échanges divers de messages sur internet avec Chantal Pastagas, Fatima Grominet et Marie-Victoire du Trou dans le Gruyère qui, elle, m’a dit, je ne peux rien vous dire, le dossier est en cours d’instruction. Merci Marie-Victoire.

Et là, deux mois après, daté du 25 octobre, je reçois un courrier envoyé par Céline Morel qui en tant qu’épouse putative du François a dû vouloir faire preuve d’un certain humour en me demandant de bien vouloir fournir toutes les pièces déjà fournies, sans oublier le formulaire qu’elle me refournissait même fort diligemment, pourtant rempli de même depuis la nuit des temps.

Bref, de toute recommencer à zéro, mais sans le dire franchement.

La diligence de Ginette Michel m’a manquée, je dois dire. Putain de bordel de merde de bras cassés, j’ai gueulé dans l’appartement, ce qui a réjoui les enfants et indigné le jules.

Me suis fendue d’un mail furibard sur le site de la SS à toutes ces grognasses les Grominet, les Pastagas et les Du trou dans le Gruyère pour leur signifier que si le dossier avait été perdu, ça aurait été quand même appréciable de me le dire au lieu que de me balader depuis des semaines.

Je n’ai reçu bien évidement aucune réponse, la Morel, la Grominet, la du Trou Dans le Gruyère sans oublier la Pastagas devait être en train de se refiler le bébé.

Une visite DE VISU s’imposait donc à la SS où, ô bonheur, il n’y avait pas un chat.

J’ai été reçue par une blonde pré-ménopausée à l’air tendu, car sans doute habituée à recevoir des gifles au moins virtuelles de la part de tous ces gens qui comment moi étaient passés de Ginette Michel, sérieuse et professionnelle, à Céline Morel au sens de l’humour douteux sans oublier les Pastagas, les Grominet et les etc, et qui n’avaient qu’elle pour passer leurs nerfs… ce dont ils ne se privaient pas si l’on en croyait ce mouvement de recul qu’elle a eu quand je me suis avancée.

Mais il se trouve que j’étais très calme, pour ne pas dire zen (tata cathie : rien n’est grave quand on a de l’argent… comprenez une sécu privée grâce à son jules) et j’ai ainsi pu m’exprimer calmement.

  • Dis donc la conasse, elle est où ta Céline Morel ? Parce que j’aimerais qu’elle me le dise en face, qu’elle a perdu mon dossier cette conne !!

Mais non, mais bien plutôt.

  • Au vu de ces deux courriers reçus à intervalles fort longs… notez les dates… ainsi que cet échange de mails… regardez je vous prie… dois-je en déduire que mon dossier de demande de SS… soit dit en passant d’un dossier CMU, immédiate et légitime en tant que pôle employée, devenu en une seule visite de ma part, un dossier PUMA… enfin passons… a été égaré dans les services ?

Ah. A fait la dame d’un air mi emmerdé mi compatissant.

Ce qui fait que j’ai de suite compris que je n’étais pas la seule victime de Chantal Pastagas, alcoolique matinale, Fatima Grominet, spécialiste des pannes de réveil ou de Céline Morel, humoriste notoirement frustrée.

  • On va fixer un rendez-vous pour faire un point. Jeudi à 14h15, ça vous irait ?
  • Euh oui…
  • Soyez à l’heure ! Dix minutes avant même ! Sinon…

Elle n’a rien ajouté mais son regard terrible en disait bien assez. J’aurais bien demandé si elle pensait que de la PUMA je pourrais redevenir CMU pour respecter la règle du jeu (et me faire rembourser des consultations médicales d’il y a moins de 3 mois) mais derrière moi un homme au bord de la crise de nerfs (son utérus) ne m’en a pas laissé le loisir.

  • Vite ! C’est urgent !

J’ai juste demandé si une fois que j’aurais la PUMA, mon mari avait la sécu, ce qui devrait arriver sous peu grâce à un job, je pourrais me raccorder rapidement dessus avec les mioches parce que vous comprenez que…

  • Ah non, depuis janvier ça ne se fait plus ! C’est PUMA pour vous et Sécu normale pour votre mari et les enfants !

Sachant que la PUMA je suppose est une couverture sociale ad minima, j’ai apprécié ce cadeau progressiste fait aux mères de famille qui ont décidé de rester chez elles pour élever leurs enfants (autant dire ne rien foutre) ou parce que les horaires de leur mari carriériste ne sont pas simples (que des excuses) ou parce que forte de l’âge canonique de 47 ans, le marché du travail les trouve périmées ou ou…

Sur tous les fronts, on n’arrêtait pas le progrès décidément.

Quoiqu’il en soit, je ne manquerai pas de vous tenir au courant des suites de mes démarches administratives pour obtenir une SS hyper facile à obtenir suffit de… mais si je peux vous donner un conseil, écoutez-moi : si vous rompez un jour avec la SS, veuillez en cas de rabibochage revenir les mains pleines car ça peut prendre un peu de temps pour rentrer dans ses droits et une simple facture d’appendicite s’élevant à 10 000 Euros, ben vaut mieux la jouer un peu plus réactif et responsable que Céline Morel, Fatima Grominet ou Chantal Pastagas.

2 thoughts on “PUMA, CMU, l’art du zen

  1. Reply denio Mar 16, 2017 20:16

    Pap-Chotek, tu me fais hurler de rire… c’est si vrai (j’ai souvenir d’un parcours du combattant un peu similaire du tant de ma parturience gemellaire, après 20 ans de contrats agessa-cdistes-mortmoilneux, faits rien que pour embrouiller les dames de la sécu)

  2. Reply Dalila Mar 22, 2017 06:11

    Bonjour Marie,
    Je vous écris un commentaire même je cherchais plutôt une adresse mail ou un lien contact mais faut croire que vous n’avez pas envie qu’on remonte jusqu’à vous alors…
    C’était pour vous écrire deux lignes sympathiques : j’ai découvert et lu « la femme blanche est fatiguée », votre recueil de nouvelles paru chez Arcadia et je voulais vous remercier pour les moments de rigolade qu’il m’a procuré ces trois derniers jours, dans le train, avant de dormir, et je suis presque triste de l’avoir fini…Bravo pour votre plume ironique et très juste, votre langue créative qui réussit toujours à dé-jouer les clichés littéraires. L’ensemble était doux et amer, j’avais l’impression que l’humour chez vous est le dernier rempart contre le désenchantement, c’est un éclat de rire pour tenir en respect le désespoir. Et c’est très singulier! Continuez à donner de la voix 😉
    Si vous avez envie faites un tour par chez moi, je serais ravie de poursuivre l’échange avec vous.
    Très bien à vous,

    Dalila

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